L’examen avec " humanisme et pragmatisme " du dossier des sans papiers promis par M. Sarkosy se révèle chaque jour davantage une hypocrisie mortelle. Après les expulsions avec mort d’homme qui ont scandalisées l’opinion démocratique, voilà maintenant le Ministre de l’Intérieur qui concocte une série de mesures dévoilées dans le Figaro du 17 février :
dénonciation du nombre trop élevé de visas touristiques et renforcement des contrôles d’accueil pour les séjour à caractère privé ; sanction " contre toute personne qui aura facilité l’entrée, la circulation, le séjour irrégulier d’un étranger en France ", c’est à dire le RETOUR DU DELIT D’ACCUEIL ET/OU DE SOLIDARITE AVEC ETRANGER de Pasqua/Debré ;
allongement de la durée de rétention administrative de 12 à 60 jours ;
demande à la Police de l’Air et des frontières de " perfectionner les techniques spécifiques aux mesures d’éloignement " ;
développer de nouveaux lieux de rétention non accessible par la CIMADE et extension des " zones d’attente " au-delà des ports et aéroports ;
Les contrôles au faciès et les arrestations se multiplient pendant ce temps.
Et pour atteindre son " 100% d’exécution des décisions administratives de reconduite à la frontière ", M. Sarkosy n’y va pas avec le dos de la cuillère : face à l’engorgement des zones d’attente, la reprise des charters est désormais plus qu’une probabilité : lundi 3 mars, 54 sans papiers de nationalité sénégalaise et ivoirienne ont été expulsés ; des informations fiables font état de 400 expulsions programmées dans les prochains jours.
Le gouvernement envoie des contingents de militaires en Côte d’ivoire pour dit-il rétablir la paix, mais expédie dans ce pays en guerre des sans papiers.
Les attaques contre le droit d’asile se multiplient ; Chirac se fait applaudir avec force médiatisation à Alger, pendant que 11 sans papiers algériens sont en grève de la faim à Lyon depuis près de 2 mois.
Si nous croyons en la France des droits de l’Homme, nous sommes résolument opposés à la République sécuritaire.
18 mars 1996 - 18 mars 2003 : il y a 8 ans de cela, des dizaines, puis des centaines, puis des milliers d’hommes sont sortis de l’ombre et ont occupé l’église Saint-Ambroise à paris, pour exiger le droit de vivre dans la dignité. A l’occasion de cet anniversaire, la Coordination Nationale des Sans papiers et les organisations de soutien appellent à une
MANIFESTATION NATIONALE
Samedi 22 mars à 14h00, Place Clichy, à Paris
Pour dire :
non au délit de solidarité avec étranger ; non aux nouvelles mesures de Sarkosy
non aux expulsions et aux charters de la honte
et exiger :
la régularisation de tous les sans papiers avec une carte de 10 ans
la libération et la régularisation des sans papiers en prison pour séjour irrégulier
la fermeture des centres de rétention
l’abrogation des lois Pasqua/Debré/Chevènement/Sarkosy
le respect du droit d’asile
une politique progressiste, humaine et d’égalité des droits pour l’immigration