Lundi 10 mars, environ minuit.
Nous sortons avec quelques amis d’un bar du Di$ney Village, à Marne la Vallée (77), et restons quelques minutes à discuter devant. Il y a peu de gens dans la rue, soir de semaine oblige. Tout à coup, un mouvement dans un coin de mon champ de vision attire mon regard.
Quatre vigiles sont en train de « raccompagner » vers la sortie un jeune, sans que les pieds de ce dernier ne touchent le sol... Un peu plus loin, cinq autres représentants du service d’insécurité du parc sont en train d’en maitriser un autre, de façon plutôt musclée. Au vu de la violence des vigiles, je décide de les suivre, d’autant plus qu’il me semble qu’ils les emmènent dans un coin assez sombre, à l’extérieur des grilles délimitant leur rayon d’action. Je suis rapidement rejoint par deux camarades et nous nous précipitons au moment où le deuxième jeune, jeté au sol sans ménagement, reçoit un coup de pied dans le ventre de la part d’un des vigiles.
Visiblement, notre arrivée semble les dérouter ; il s’ensuit une sorte de panique générale ; nous sommes pris à partie par les vigiles après nous être insurgés contre ces méthodes. On nous menace du même sort si nous ne déguerpissons pas. Sans même nous consulter, nous ne cédons pas au chantage et ne bougeons pas d’un centimètre, informant nos interlocuteurs de notre intention d’en référer à leur direction ainsi que d’appeler la police.
J’en profite pour faire remarquer à un vigile particulièrement virulent qu’ils agissent en dehors de leur zone géographique de compétences. J’obtiendrai pour seule réponse une consigne donnée à ses collègues de nous interdire de rentrer à nouveau dans l’enceinte du Di$ney Village. Alors que l’un des jeunes, visiblement éméché, tente de rerentrer par dessus les grilles, un de ses camarades le fait redescendre de force et tente de le raisonner. D’autres badauds commençant à s’attrouper aux alentours, nous expliquons aimablement, mais fermement, que nous sommes garés totalement à l’opposé de cette sortie et qu’il est hors de question que l’on nous interdise de retraverser pour rejoindre nos voitures. L’atmosphère commençant à se calmer, on nous laisse passer, non sans nous avoir précisé que les jeunes créaient des problêmes et que s’il y avait eu des débordements de la part des vigiles, des sanctions seraient prises.
Les jeunes commençant à s’éloigner et les vigiles étant entourés de nombreux badauds, nous faisont demi-tour et repartons du merveilleux monde de Mickey et de ses amis les demi-flics...
Une question restera cependant en suspens : que se serait-il passé si personne n’avait été là pour protester face aux agissements des vigiles ? Et que se passera-t-il si un jour personne n’intervient ?
N’attendons pas que la bavure se produise, continuons à lutter contre ces pratiques dignes des chemises brunes !