Communiqué du jeudi 13 mars 2003
Nous occupons à partir de ce jour l’Ecole Normale Supérieure. Nous faisons ici savoir en interpellant cette institution « républicaine », notre opposition à la destruction systématique, depuis les décennies, des conditions, du contenu et du sens du savoir, du travail, de la création et de la vie.
Dans l’E.N une nouvelle étape est franchie dans le processus de délabrement continue du projet démocratique : aujourd’hui 13 mars, est déposée à la Commission des Affaires Culturelles Sociales et Familiales de l’Assemblée Nationale le projet de loi relatif aux Assistants d’Education. Cette loi fait disparaître 2 catégories de personnel : les Etudiants-Surveillants et les Aides Educateurs/ Emplois-Jeunes.
Il en résulte une dégradation des conditions du travail, puisque les Assistants d’Education appelés à les remplacer travailleront 35 h annualisées, pendant les vacances scolaires, payés au SMIC, sans droit à la formation ni garanties concernant les salaires, les acquis sociaux et le statut. Ce dernier est entièrement laissé à l’arbitraire de l’employeur dans le cadre de la décentralisation, qui sera formalisée au Congrès de Versailles le 17 mars.
Résultat : Les étudiants pauvres ne pourront plus faire d’études. Ce projet de loi entretien et accentue l’inégalité d’accès au savoir. Ce savoir est dans le lieu même où nous sommes, lui aussi attaqué : la réduction drastique des budgets de la recherche, ainsi que l’imposition de règles de règles inadéquates aux disciplines enseignées, précipitent leur disparition. Ces lois ne répondent en rien aux nécessités de changement de nos établissements scolaires, dont la vie réelle, déjà étouffée par le fonctionnement bureaucratique et productiviste, interdit déjà tout projet émancipateur.Il s’agit pour le Gouvernement, par le mépris et la dépossession de nos moyens de travail, de détruire les institutions de recherche et d’assurer le passage de l’école-caserne à l’école-entreprise. La réussite y est plus que jamais subordonnée aux déterminismes sociaux-familiaux et se trouve définie par les valeurs abrutissantes de la soumission aux exigences de rentabilité.
- Alors que les Emplois Jeunes en fin de contrat de bénéficient d’aucune reconnaissance d’aucune sorte pour leur travail effectué cinq années durant ;
- Alors que les intermittent du Spectacle voient disparaître leurs moyens de subsistance et de création ;
- Alors que les chômeurs et précaires sont appelés à survivre dans la confiscation de leurs et la disparition de leurs libertés de choix, nous appelons à l’A.G à 16h30 dans le Hall.
Nous appelons l’Ecole normale Supérieure, en tant que garant de la vocation pédagogique et égalitaire de l’Education Nationale, à participer à notre effort de résistance à l’instauration d’un régime éducatif policier et à rejoindre notre volonté de construction d’une institution permettant la mise en discussion du contenu et du sens, des conditions de travail, d’éducation et de vie, c’est-à-dire à la constitution d’une institution démocratique.
"La précarité est une prison économique : Titularisation sans conditions"