A l’occasion de la Journée internationale d’action
contre les barrages et pour les rivières, l’eau et la vie, les Amis de la Terre
dénoncent l’implication de la France dans le barrage des Trois Gorges en Chine.
Ils publient avec International Rivers Network le rapport « Chine : les droits
humains noyés dans le barrage des Trois Gorges ».
Le barrage des Trois Gorges (Chine) est le plus grand projet hydroélectrique du
monde. D’une capacité de 18 200 mégawatts[1], il déplacera 1,3 à 1,9 millions de
personnes, noiera 13 villes et 4500 villages, engloutira 162 sites
archéologiques dont certains parmi les plus importants de Chine. Son lac de
retenue s’étendra sur 660 km de long. Le coût colossal du projet (25 milliards
de dollars) a déjà dérapé officiellement de 44%. Selon certains experts, il
pourrait finalement être trois fois supérieur aux prévisions.
La Banque mondiale et l’Agence d’assurance-crédit américaine ont refusé de
participer au projet. Au contraire, les groupes français Alstom et BNP-Paribas,
qui a prêté environ cent millions de dollars avec une garantie de la COFACE,
l’agence française d’assurance-crédit aux exportations, sont impliqués dans les
Trois Gorges.
Plus de 640 000 personnes ont déjà été déplacées. En avril 2003 commencera le
remplissage du réservoir, qui entraînera de nouveaux déplacements forcés. Suite
à une longue enquête dans la région, le rapport « Chine : les droits humains
noyés dans le barrage des Trois Gorges » fait état de violations massives des
droits humains envers les populations déplacées. Les promesses du gouvernement
chinois de fournir emplois et terrains ne sont pas tenues. Les personnes
déplacées doivent acheter des habitations à un coût très supérieur à la
compensation qui leur a été offerte. La corruption est généralisée. La police a
fréquemment utilisé la « force excessive » face aux protestations des
villageois, et un climat d’intimidation règne. Aucun mécanisme de recours
indépendant n’existe.
« Les entreprises et banques françaises impliquées, et le gouvernement qui
garantit leurs activités, sont co-responsables des conséquences du barrage »,
estime Sébastien Godinot des Amis de la Terre. Ils doivent suspendre leur
implication tant que les populations déplacées ne bénéficient pas de
compensations correspondant au coût total de réinstallation, et de mécanismes de
recours indépendant. Un suivi international des réinstallations doit être mis en
place comme cela existe déjà pour la construction elle-même.
[1] Le plus gros barrage en France a une capacité de 1800 MW, soit dix fois
moins.
Contact presse : Les Amis de la Terre - Sébastien Godinot : 01.48.51.18.92 /
06.68.98.83.41
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