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[don't hate the media... become the media]   08/10/08 - 04:22
[dépêches]
France

Inflation des délits = dérives carcérales

Le gouvernement a annoncé la construction de nouvelles prisons. Ce programme immobilier va au-delà de la rénovation des établissements. En même temps, le gouvernement crée de nouveaux délits et accroît les procédures de Justice rapide que ce soit à propos des mineurs ou des majeurs. Aujourd’hui, on peut, en cas de récidive, infliger jusqu’à 20 ans de prison en comparution immédiate. Par ailleurs, la durée des peines ne cesse de s’allonger.

Mettre en prison est un acte grave, parfois nécessaire, mais qui reste, toujours, une décision dont les conséquences sont importantes pour les personnes incarcérées, pour leurs familles et pour les victimes.

Il y a moins de deux ans, les parlementaires, toutes opinions politiques confondues, dénonçaient, à juste titre, l’état des prisons françaises et leur inaptitude à remplir leur mission de réinsertion.

Or ce qui était vrai hier, l’est tout autant actuellement. La politique pénale se traduit déjà par une inflation des incarcérations ; cette situation ne fera que s’aggraver.

Nos associations interviennent dans le champ judiciaire, soit pour protéger les droits, soit pour favoriser l’accompagnement des personnes poursuivies ou incarcérées.

Alors qu’une réflexion est engagée sur les courtes peines, nous affirmons que favoriser le recours systématique à la détention, c’est présenter comme une solution ce qui n’en est, le plus souvent, pas une.

La prison doit rester une mesure exceptionnelle que les juges doivent justifier. Elle n’est pas là pour résorber les problèmes sociaux ou pour pallier les déficiences chroniques des établissements psychiatriques.

Au contraire, les sanctions non carcérales (mesures alternatives à l’ incarcération), permettant à la fois de sanctionner mais aussi de prévenir la récidive et de réinsérer, doivent être privilégiées.

Nos associations sont convaincues que la prison ne saurait devenir la réponse générale à tous les problèmes que la société française rencontre.

Membres de la Coordination Justice - Droits de l’Homme :

Association Française de Criminologie (AFC), Association Primo Lévi, Association Nationale des Visiteurs de Prisons (ANVP), Comité Contre l’ Esclavage Moderne (CCEM), Citoyens et Justice, Fédération des Associations Réflexion Action Prison Et Justice (FARAPEJ), Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH), Fédération Nationale des Associations d ’accueil et de Réinsertion Sociale (FNARS), Groupement Étudiant National d’ Enseignement aux Personnes Incarcérées (GENEPI), Groupement National des Directeurs d’Association (GNDA), Ligue des droits de l’Homme (LDH), Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP), Penal Reform International (PRI).


Source/auteur : Coordination Justice - Droits de l’Homme
Mis en ligne le dimanche 16 mars 2003, par Frederique
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