Les Verts du 10ème ont appelé à se retrouver hier, lundi 17 mars, à 20h devant la gare du nord pour aller à la rencontre des réfugiés de plus en plus nombreux à dormir dans les rues de l’arrondissement.
Soutenant laction, le GISTI a lancé un appel à rassemblement, repris le jour même dans Le Parisien. Nous étions donc 25-30 personnes devant la gare du Nord. Il y avait parmi nous deux interprètes.
L’une parlant le kurde du sud de l’Irak et le persan, l’autre parlant persan. Les réfugiés du quartier sont en grande majorité kurde d’Irak. Le kurde qu’ils parlent n’est pas le même que celui des kurdes originaires de Turquie qui habitent le quartier, ils ne se comprennent que très mal. Etaient également présents des journalistes du Parisien, de Libération et de Nova Mag.
Après avoir expliqué les raisons de se rassemblement (prise de conscience par quelques habitants du quartier de l’augmentation depuis la fermeture de Sangatte, du nombre de réfugiés dormant dans les rues, sans qu’aucune mesure d’aide ne soit mis en place. Plusieurs descentes de police pour « nettoyer » le quartier), nous avons pris les contacts des gens présents et décidé de se scinder en deux petits groupes autour de chacune des interprètes.
Le premier groupe (rejoint par deux élus verts du 10ème qui sortaient du conseil d’arrondissement) a commencé en rencontrant 4 kurdes d’Irak dormant dans le passage des petites écuries, dans le « grand luxe » (dixit) puisquils avaient un bout de moquette. Ils sont partis d’Irak il y a 7 mois pour trois dentre eux, depuis 2 ans pour le 4ème. Ils sont à Paris depuis une vingtaine de jours. Ils cherchent avant tout un endroit pour pouvoir travailler et gagner de largent pour les femmes et enfants restés au pays. Ils disent la misère au pays, les horreurs infligées aux kurdes par S.Hussein (gazages...). Ils visent l’Angleterre, peut-être la Suède, parce qu’il est plus facile d’y travailler. Ils n’ont pas fait de demande d’asile en France, n’y compte pas pour l’instant. Un copain du Gisti leur explique le durcissement des lois anglaises. Ils disent que tout est bon à prendre, travailler 4 ans c’est déjà gagner beaucoup d’argent. Ils suivent l’actualité internationale par la mosquée, sont en contact avec le pays. « L’Europe nous a obligé à mentir », ils n’avouent pas leur conditions de vie aux familles, disent être bien traités dans des camps de réfugiés. En vérité, ils dorment dehors. Ils ont essayé un centre d’hébergement à Bobigny, mais ils en sont mis dehors le matin à 5h. Ils préfèrent dormir dehors. Ils mangent à la soupe populaire devant l’église St Laurent. Ils nont pas peur de la police qui ne les embête pas trop pour l’instant.
Au coin de Faubourg St Denis, Petites Ecuries, nous trouvons un attroupement autour du camion de Médecins du monde, venu faire un tour dans le quartier suite à notre appel. Une trentaine de kurdes, très jeunes pour la plupart (16-18 ans), beaucoup plus énervés devant l’accueil que leur réserve l’Europe (thank you Europa, sleep in street).
Tout le monde veut raconter son histoire, Shoreh notre traductrice finit par être submergée. Ils sont partis pour des raisons économiques, mais aussi politiques. La première question qu’ils posent à Shoreh cest : « à quel parti tu appartiens ? ». Ils disent que la nourriture n’est pas bonne à la soupe populaire, qu’ils passent en dernier. Ils ont besoin de couverture. Ils ont très peu d’information, sur les procédures de demande dasiles. Cette fois ci, certains disent être prêts à rester en France. Médecins du monde leur donne l’adresse de son centre de jour, avenue Parmentier et le camion part pour l’hôpital de Lariboisière, déposer 4 personnes qui sont souffrantes.
Le deuxième groupe est déjà à l’hopital. Après avoir longuement discuté avec un groupe, qui leur a montré le lieu où ils dorment (rue Martel), ils ont accompagné deux personnes ayant besoin de soins en urgence.
Les 4 personnes amenées par Médecins du monde n’ont pas toutes besoin de soins d’urgence, mais l’hôpital accepte de les garder, ils passeront au moins une nuit au chaud.
Combien sont-ils dans le quartier ? Nombreux, de plus en plus.
Ils ont besoin d’information, d’hébergement, de nourriture.