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[don't hate the media... become the media]   17/05/08 - 10:19
[dépêches]
FRANCE IMMIGRATION - SANS PAPIERS

Non au désengagement de l’Etat en matière d’intégration
COMMUNIQUÉ, 18.03.03

Le gel annoncé des crédits du FASILD, Fonds d’action et de soutien pour l’intégration et la lutte contre les discriminations, à hauteur de 50% et de 75% du budget disponible, après le redéploiement de 10 millions d’euros, pris sur le budget de l’établissement public par le gouvernement marquent la mise en pratique du discours sur le désengagement de l’Etat du social et accentue cette orientation du « moins d’Etat dans le social » et en particulier les actions dirigées en vers les populations issues de l’immigration.

Le fait que le Ministère des affaires sociales et la direction du FASILD aient interdit aux services de ce dernier d’informer les premiers intéressés à savoir les associations issues de l’immigration, de formation et de solidarités de cette décision exprime le mépris des autorités envers les immigrés et leurs associations .

Cette mesure, si elle était confirmée, condamne la quasi-majorité du tissu associatif immigré et des quartiers les plus sensibles soutenus jusque là par le FASILD à disparaître.

C’est tout l’édifice de l’accès à l’égalité des droits, à la citoyenneté de ces populations qui est mis en cause.

C’est plusieurs décennies de labeur et de sacrifices de milliers de militantes et militants immigrés et Français pour une intégration positive qui seront annulés par cette décision.

En gelant les crédits du FASILD, le Gouvernement vide de tout sens la mission du FASILD à savoir le soutien à l’intégration et la lutte contre les discriminations. Cette décision ne peut que renforcer l’extrême droite dans sa logique. Les immigrés et leurs familles ne sont pas à l’origine de la crise économique que vit le pays. Il n’ont pas à assumer les effets négatifs de cette crise. Les populations issues de l’immigration ne doivent pas être exclus de la solidarité nationale qui est un des principes fondateurs de la République. La lutte contre « la préférence nationale » passe aussi par l’accès de tous les résidents en France à cette solidarité.

Tentative de retour à la case départ

Nous ne pouvons en aucun cas accepter que la solidarité qui vaille soit entre celle des pauvres avec les pauvres.

En leur barrant la route à l’accès à la citoyenneté, cette nouvelle mesure aura pour conséquence la marginalisation de ces populations et leurs associations. Cette décision est une trahison de la mobilisation des Français issus de l’immigration, des immigrés et de leurs associations qui se sont mobilisés contre LE PEN et pour l’élection de Monsieur Jacques Chirac.

Le Gouvernement RAFFARIN commettrait une grande faute morale et politique en reniant les promesses de Monsieur Chirac sur l’intégration et en menant par une politique répressive et une criminalisation des quartiers populaires.

Le respect de l’égalité des droits ne peut être limité, dans la pratique et dans le discours, à la seule politique extérieure de la France. Cette politique doit avoir ses racines et ses prolongements dans la politique intérieure et en particulier dans le développement d’une politique de solidarité nationale envers les immigrés et leurs familles et par le soutien à leurs associations.

Le Mouvement associatif issu de l’immigration et les associations de solidarité ne peuvent pas payer les frais de cette crise et d’une politique de rigueur qui avance à visage caché.

Nos associations :
-  Ne peuvent pas tolérer une politique qui fait assumer aux plus humbles les conséquences de la crise économique.
-  Demandent au Gouvernement l’annulation de cette mesure
-  Appellent les associations de solidarité, les syndicats, les élus nationaux et locaux à se mobiliser pour que ne soient pas sacrifiés sur l’autel de la rigueur les actions de solidarité dans les villes et les quartiers difficiles ainsi que le tissu associatif notamment issu de l’immigration acteur indispensable pour une intégration républicaine et citoyenne.
-  Demande à être reçu d’urgence par Monsieur le Premier Ministre et par Monsieur des Affaires Sociales, du travail et de la solidarité.

Premiers signataires :
l’Assemblée des Citoyens originaires de Turquie (ACORT), l’Association des Tunisiens en France (ATF), ATF - Nord, ATF - Haute Savoie, ATF - VAR, ALIFS - Bordeaux, ACRIG - Cenon, Avenir Sportif de Toulon, IDEAL - Toulon, l’Association des Travailleurs Maghrébins en France (ATMF), la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR), l’Union des Citoyens des Deux Rives (UCDR-Nîmes), l’Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens Paris Ile de France (UTIT-PIDF), ...


Source/auteur : Associations issues de l’immigration et de solidarité
Mis en ligne le mercredi 19 mars 2003, par Ludo
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