Depuis ce matin, des centaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues de toutes les villes italiennes pour protester contre les premiers bombardements sur l’Irak. Les manifestations se poursuivent encore et on peut parier qu’elles seront encore plus massives en fin d’après-midi.
Sans respecter le préavis de grève générale déposé par les confédérations syndicales, de nombreux salariés ont décidé de quitter leurs lieux de travail pour rejoindre les lycéens et étudiants déjà très mobilisés en début de matinée. Il est impossible encore de donner des chiffres sur le nombre d’établissements scolaires (lycées et facs) en grève mais la mobilisation est exceptionnelle.
A Milan, plus de cent cinquante mille personnes ont pris le pavé derrière une énorme banderole « Arrêtons la guerre, la force d ela raison contre les raisons de la force » alors que trois mille Désobéissant(e)s bloquaient la gare centrale milanaise pendant plus d’une heure. Tandis que non loin de là, à Bergame, des centaines de manifestants réussissaient à bloquer l’entrée de l’autoroute.
A Bologne, près de cinquante mille personnes envahissaient le centre de la ville. Un groupe de Désobéissant(e)s bloquait la gare centrale et a déroulé sur les quais une banderole très significative de leurs intentions, « Révolte globale contre la guerre ».
A Rome, un énorme cortège a paralysé dès la matinée la totalité du trafic routier de la ville. Les cours universitaires ont été interrompus, la gare de Termini bloquée et pour la première fois dans l’histoire de la ville, l’aéroport militaire a été envahi.
A Naples, un groupe d’étudiants a occupé pendant plus d’une heure l’équivalent du Conseil Général puis se sont rendus devant le siège du commandement de l’Otan.
A Venise, les salariés de Porto Marghera ont assiégé le Consulat anglais et ont jeté de la peinture sur ses murs. La police a multiplié les charges contre les manifestants afin de les empêcher de rentrer dans le consulat. Toujours à Venise, un groupe de Désobéissant(e)s est parvenu à occuper la Préfecture et a déployer de nombreuses banderoles contre la guerre impériale.
A Gênes se sont plus de quarante mille manifestants qui se sont déversés dans le centre de la ville.
A Turin, plus de quarante mille personnes se réunissaient autour des lycéens de la ville et ont occupé une des deux gares principales, interrompant ainsi le trafic ferrovier.
Alors que l’ensemble du pays démontrait encore sa forte capacité à réagir contre la guerre, Berlusconi continuait, en bon vassal impérial, ses attaques contre le mouvement « pacifiste », « je n’attends rien de bon des manifestations. Ce sont des choses négatives ». Les multitudes n’ont que faire de ces pauvres considérations et ce n’est pas ce genre de discours qui permettra au chef du gouvernement italien de retrouver un consensus au sein de la société civile italienne.