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[don't hate the media... become the media]   12/05/08 - 00:58
[dépêches]
FRANCE SALARIÉ(E)S

Ombres et lumières de la lutte des "pions"

Rien de bien enchantant dans la mobilisation limougeaude. La mobilisation est présente mais l’imagination n’est pas au rendez-vous. Les "pions" se contentent de défendre leur statut "au pied d’argile" et ne parviennent pas à converger sur une lutte plus étendue (problème des étudiants salariés en particulier et personnels précaires en général).

La motivation semble présente : blocus du rectorat jeudi et vendredi dernier avec intervention de la police urbaine pour déloger les empêcheurs de sévice public en rond, manifs quotidiennes, lycéens très solidaires (300 vendredi dernier et ce lundi).

MAIS toujours pas de rencontre entre les emplois-jeunes (aides éducateurs) et MI/SE, aucun élargissement à la question de la formation et de son coût prohibitif. Les syndicats "représentatifs" d’eux-mêmes ne soutiennent pas la grève (appel à la "responsabilité" lancé lors de la manif unitaire paraît-il de mardi dernier). Seuls les cheminots ont mardi dernier lancé une caisse de soutien aux pions en grève.

Pour compléter le tableau pessimiste, on peut ajouter la présence de jeunes socialistes (déjà vieux cons), jaunes la semaine dernière et traitres aujourd’hui : en collaboration (c’est le terme qui sied) avec le SNES les pions d’un lycée de Limoges ont fait un piquet de grève et un appel à côtisations pour soutenir leur grève. Pour eux, rien que pour eux, en dehors du collectif MI/SE. Si on y ajoute la compétition syndicale interne à la fac de Limoges (AGEL-SE vs SUD Etudiants), on constatera le haut niveau d’atomisation du "mouvement".

Le tract ci joint a été distribué cet après midi lors d’une manif histoire d’éveiller des vélléités émancipatrices, loin du conservatisme du : "des pions pas des matons !".

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NI ÉCOLE « CASERNE », NI ÉCOLE « ENTREPRISE »

Parce que la précarité est une prison économique : Retrait immédiat du projet de loi ! Titularisation massive et sans condition !

Depuis le 12 mars, le collectif MI/SE a décidé de mener une grève illimitée.
Ce mouvement a aujourd’hui une ampleur nationale (Paris, Marseille, Toulouse, Clermont-Ferrand, Bordeaux, Lyon, Nantes, Rennes...) et a déjà engagé localement des actions de résistance contre le projet de loi relatif aux assistants d’éducation (manifestations, blocus du rectorat, débrayages).

Cette loi fait disparaître 2 catégories de personnel : les étudiants surveillants et les aides éducateurs (emplois-jeunes). Il en résulte une dégradation des conditions de travail, puisque les « assistants d’ ducation » appelés à les remplacer travailleront 35 heures annualisées, pendant les vacances scolaires, payées au SMIC horaire, sans droit à la formation, ni garanties concernant les salaires, les acquis sociaux et le statut. Ce dernier est entièrement laissé à l’arbitraire de l’employeur (le chef d’établissement), dans la cadre de la future décentralisation.

Ces lois ne répondent en rien aux nécessités de changement de nos établissements scolaires, dont la vie réelle, déjà étouffée par le fonctionnement bureaucratique et productiviste, interdit déjà tout projet émancipateur. Il s’agit pour le Gouvernement, par le mépris et la dépossession de nos moyens de travail d’assurer le passage de «  l’école-caserne » à « l’école-entreprise ».

Alors que 700 000 étudiants sont aujourd’hui contraints de travailler pour financer leurs études, que seuls 6,7% des étudiants ont droit aux bourses, que les budgets des universités sont vus à la baisse, ce projet de loi prévoit la mise à sac des maigres garanties de salaires dont bénéficiaient, entre autres, les MI et les SE. Par là, il entretient et accentue l’inégalité d’accès au savoir. La réussite y est plus que jamais subordonnée aux déterminismes sociaux-familiaux et se trouve définie par les valeurs abrutissantes de la soumission aux exigences de rentabilité.
Résultat : les étudiants pauvres ne pourront plus faire d’études

Aujourd’hui ce sont les emplois-jeunes de l’éducation nationale et les MI/SE qui sont menacés. Mais cette offensive envers les « pions de l’échec scolair e » s’inscrit plus largement dans le projet libéral de soumission du savoir aux critères du marché. Le choix et la liberté de se former sont déjà confisqués aux chômeurs et précaires (stages « parking » et formations bidons), le droit à la formation des salariés n’est toujours pas acquis, les diplômes universitaires seront validés par les entreprises selon le modèle de l’ECTS (individualisation du parcours universitaire et points stage d’entreprise). A terme, c’est l’entreprise qui deviendra maître d’oeuvre du contenu et du sens de l’enseignement.
Dans le même temps, cette confiscation du savoir s’accompagne d’une logique policière de l’éducation, c’est-à-dire discriminatoire et anti-pédagogique.
Surveillés, punis, contrôlés, notés, collés, recalés, encadrés, réprimés, assujettis, avilis, formatés, étudiants ou lycéens, nous sommes infantilisés. L’enseignement scolaire et universitaire n’émancipe pas, il dresse aux contraintes du salariat : obéissance, docilité et productivité.

Nous appelons les lycéens, les étudiants salariés ou non, les personnels enseignants et non enseignants à s’auto-organiser pour construire une école émancipée, libertaire et égalitaire, où le savoir serait accessible à tous.

Pour assurer la liberté de se former :
REVENU GARANTI POUR TOUS !

AC ! 87 (agir ensemble contre le chômage !) - Action Lycéenne - CNT 87 (Confédération nationale du travail)


Mis en ligne le mardi 25 mars 2003, par Ludo
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