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[don't hate the media... become the media]   08/08/08 - 21:09
[dépêches]


« La Croix rouge : le partenaire idéal de toutes les basses oeuvres »
Neutralité et humanité disent ils...

La Croix-Rouge qui avait été présente comme gestionnaire du Centre d’hébergement d’Urgence humanitaire de Sangatte après l’avoir été à Roissy pour « un accueil » des étrangers autorisés a rentrer sur le territoire est désormais présente auprès des policiers lors des diverses expulsions collectives organisées par le gouvernement Raffarin.

Un grand retour à ses origines puisque cette association aura été de toutes les guerres et de tous les camps depuis la bataille de Solférino, sans jamais y raconter ce qui s’y passait vraiment : neutralité oblige. Une philosophie d’assistance de l’humanité plus que minimaliste qui se justifie par le désir de pouvoir rester poser des sparadraps sur des jambes de bois, prescrire des aspirines a des torturés et toujours respecter l’un de ces principe rare principe non détourner « la neutralité » fut elle au prix des pires arrangements. La Croix Rouge et ses milliers de « généreux bénévoles et donateurs » a été et demeure le partenaire idéal qui ne trahis jamais les « petits excès nerveux » des policiers, des soldats et des milices, le partenaire idéal en communication planétaire qui en apitoyant détournera l’attention de ces petits excès de l’humanité et permet à bon compte de se parer du désormais très médiatique « halo humanitaire » sans jamais interroger les causes, les pratiques, les finalités, les fondements, les bases, les articulations trés rentables d’une barbarie planétaire qui se porte a merveille.

« 100 délégations départementales, 1200 délégations locales et 687 établissements : la Croix-Rouge est présente partout en France ! » annonce fièrement le site internet de cette association reconnue d’utilité publique, auxiliaire des pouvoirs publics. Présente partout donc mais au service de quoi peut on s’interroger. Au service de quelles valeurs ? de quelles visions des hommes ? quand elle cautionne par sa présence, se transforme en distributeur de secours pour les exclus de l’emploi, de l’éducation, de l’accès au droit, quand ça gestion des pauvres devient une violation permanente des droits les plus élémentaires : le respect, la dignité, un véritable cache injustices « humanitaire » ?

« 100 délégations départementales, 1200 délégations locales et 687 établissements : la Croix-Rouge est présente partout en France ! » Une bonne raison pour que sous peu tous les camps pour étrangers soient bientôt sous sa responsabilité « humanitaire » comme ce fut le cas durant la période Vichy et d’autres tout autant sinistre à travers l’Amérique latine, l’Afrique avec la neutralité légendaire qu’on lui connaît. Une assistance qui sera le cas échéant exercé comme ce fut le cas à Sangatte, Fréjus, par des « braves gens » pas formés, pas préparés, pas accompagnés, juste là pour être les tacherons d’une logique qui les dépasse d’une « générosité » bien pesée qui vient prendre la place du droit et prend soin de remplacer l’accès au droit, la fraternité, la solidarité par la technicité, le service, à l’image d’une bonne petite industrie rentable et efficacequi soigne son image.

Les activités humanitaires et caritatives auront été peu de chose face au dénie de droit fait au exilés de Sangatte et cette « charité » n’aura d’ailleurs été que très parcimonieusement réparties en fonction des moyens en couverture, en chaussures, en brosses à dents. Car à la Croix Rouge aussi il y a des heures de service, des pointeuses pour secourir et des budgets à ne pas dépasser. A Roissy où arrivent chaque année de l’ordre de 80 % des demandeurs d’asile de France, la parcimonie est là aussi de rigueur, une famille se verra ainsi offrir 48 heures d’hôtel et des tickets de RER en plus des quelques adresses ou aller espérer trouver gîte et couvert.

L’accueil en Occident serait en soit un sujet d’étude passionnant, mais quand il s’agit « d’accueil humanitaire » ce sont des séminaires qu’il faudrait organiser.

Car enfin, quelle réelle finalité poursuit donc la Croix Rouge quand elle nie les libertés des hommes et notamment celle de circuler en raccompagnant des expulsés dont la situation aura été examinée à la va-vite entre deux policiers par un « agent de protection de l’OFPRA » ?

Qu’elle philosophie quand elle cautionne une parodie d’entretien menée par un agent d’une filiale du Ministère des Affaires étrangères qui a des quotas à tenir face à des hommes ou des femmes pour lesquels la misère et le non espoir, l’oppression ne paraissent pas être des raisons suffisantes de fuir des pays exsangues.

Quelle finalité si ce n’est celle de cautionner « l’assignation à résidence » de plus de 90 % de la planète condamnés aux miettes de la richesse mondiale.

Un président sur mesure :

Nommé par arrêté ministériel entre les deux tours de l’élection législative comme représentant de l’état au conseil d’administration de la Croix-Rouge française, le professeur Marc Gentilini en est ensuite devenu président après qu’est été « démissionné » son prédécesseur. Une présidence acquise de haute lutte le 29 juin 1997 par 18 voix contre 16, au troisième tour de scrutin. Il aurait voulu être ministre, il sera président de la Croix Rouge grâce à l’intervention des époux Chirac. Et a peine arrivée sera confronté au scandale du « trou » de 200 millions dans la caisse de la Croix Rouge Paris qu’il faudra tenter de planquer au mieux pour ne pas ternir l’image de la maison.

Président, amis du président il déclarait il y a quelques mois a des journalistes pressés de rendre leur copie et subjugués par autant de clairvoyance « Les gens heureux ne migrent pas. Quitter ses proches, la terre de ses ancêtres, le monde de l’enfance, son univers culturel et linguistique, ses repères… Celles et ceux qui se lancent sur les chemins incertains de l’exil le font d’abord par désespoir, poussés par les guerres, les persécutions, les disettes, la misère. Avec à l’arrivée, l’irruption d’une autre forme de détresse, un rendez-vous avec la précarité. La mission de l’humanitaire, c’est de ne pas laisser ces populations en déshérence livrées à elles-mêmes. C’est de secourir les plus fragiles. En toute neutralité. Comme le fait la Croix-Rouge, au nom de son principe d’humanité. »

Drôle d’humanité quand après que le camp de Sangatte ne soit fermé, il déclare à une journaliste du Figaro : « J’ai envoyé trois observateurs dont l’un est monté dans l’avion et a effectué le voyage jusqu’au Sénégal, car c’est notre rôle d’assister les personnes en détresse. Le fait de rendre plus transparent le rapatriement me semble une excellente décision. Les policiers comme les « reconduits » avaient d’ailleurs l’air soulagé de la présence de la Croix-Rouge. Les uns parce qu’ils supportent de plus en plus mal d’être accusés de mauvais traitements, les autres car la Croix-Rouge représente une protection. »

Les plus fragiles ne seraient ils finalement pas les policiers chargés des expulsions ?

Après la gestion d’un camp de transit, le voici donc en observateur des charters Sarkosiens... Pour quelques jours plus tard assister la police dans une rafle contre les roms roumains et postuler à la présence permanente dans les zones d’attente...

L’humanitaire ou comment répondre à l’urgence des ministères et des médias ...

Prisonniers d’une guerre qui les dépasse, les expulsés de l’ère Sarkosy n’auront pas eus droit à un colis de vivres comme les prisonniers des guerres précédentes, peut être parceque la guerre que les pays riches ont décidés de mener aux pauvres de la planète et tout particuliérement à ses populations qui cherchent à se déplacer n’a fait l’objet d’aucune validation de l’ONU.

Et plutôt qu’un statut de victime voilà longtemps que tout est fait pour leur coller celle de coupables, en légitimer l’enfermement, en justifier les violences qui leur sont infligées.

Bercé d’une mythologie humanitariste, et remplie d’employés dociles, la Croix rouge ressemble plus à une agence gouvernementale ou à une petite entreprise de service qui viendrait offrir « une prestation de gestion des situations de crise à vernis humanitaire » qu’a une association qui tirerait leçon de ces implications de terrains, des pratiques de ses membres, des fins qu’ils remplissent.

Petits soldats de la charité renommée « humanitaire » la Croix Rouge soigne les « blessés de la vie » sans jamais réfléchir sur la vie, promeut « la compréhension mutuelle, l’amitié, la coopération et une paix durable entre tous les peuples » en organisant des galas et des braderies ou tout ce que le monde compte de tortionnaires, d’exploiteurs et de corrompus se côtoient et versent leur obole.

La Croix Rouge sur laquelle ministres « de gauche » et de droite sont intarissables s’est en septembre dernier vus confiée la mission d’encadrer les mineurs isolés arrivés en France avec comme le précise le communiqué de presse la mission de prendre en charge et de proposer la solution la plus adéquate : réunification familiale en France ou à l’étranger, retour au pays d’origine, prise en charge dans une structure d’aide à l’enfance, ou accueil au sein d’une famille. Des objectifs clairs à mener en deux mois pour un maximum de trente enfants, calendrier dans une main, convention avec le Ministère des Affaires sociales dans l’autre.

Les objectifs de l’accueil à l’aéroport de Roissy (2 salariés, 4 bénévoles) sont elles de trouver un lieu où passer les premières nuits, orienter vers les antennes médico-sociales Croix Rouge Française et accompagner dans la suite de leurs démarches, notamment de demande d’asile mais là encore pas un mot sur les violences policières dénoncés par l’Anafe et Médecins du Monde dans de récents rapports.

A la Croix Rouge on ne parle pas, on quête, on dépanne, on collecte, on apitoie, on communique, on contrôle, on oriente, on pallie mais on ne dénonce jamais et ne porte jamais plainte...

Si comme le dit l’un de ses message publicitaire « Avec 31 euros (203F) vous offrez des couvertures à 5 familles logées dans un centre d’hébergement d’urgence », il n’est jamais dit ce qu’elle devient une fois son dossier examiné, il fut un temps ou elle partait en train vers une destination inconnu, nous voici au temps ou c’est en avion qu’elle est renvoyée d’où elle est venue.

Qu’advient il après, pas plus hier qu’aujourd’hui la Croix Rouge n’est payée pour le savoir.

Ming Jiu


Source/auteur : Ming Jiu
Mis en ligne le samedi 29 mars 2003, par germinal
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