Après Patrick Rotman, Hervé Hamon, Jacques Séguela, c’est au tour de Gaëlle
Bohé , 26 ans activiste du collectif post 21 avril "Champ Libre", de parler
de génération.
Les uns sont historiens-journalistes, l’autre fils de pub héritier d’un
inventaire largement inachevé, Gaëlle, qui s’auto-définit "journaliste
précaire", tente l’esquisse avec Génération spontanée - libres propos sur une
jeunesse - éditions Milan/ Débats d’idées, 12 euros en librairie depuis le 4
avril.
Le clavier est alerte, souvent écorché, parfois un rien caricatural. Gaëlle
Bohé , 26 ans aixoise et parisienne, raconte, au fil des pages, ses
expériences, ses envies, ses réflexions, ses colères, son 21 avril.
Ecrit
entre la Place de la Nation, le camps de No-border à Strasbourg, Séville, le
quartier de Ménilmontant à Paris, le Forum Social Mondial de Porto Alegre, le
témoignage de Gaëlle Bohé, très documenté par de nombreux résultats de
sondages et études, synthétise brillamment les aspirations d’une partie de la
jeunesse de France : celle qui aspire à vivre, consommer, communiquer ou
encore aimer autrement, celle qui était dans les rues entre les deux tours
des présidentielles, celle qui demandait alors une "remise en question des
partis et des pratiques politiques" et qui n’a probablement pas été entendue,
mais également celle qui a retrouvé son univers habituel après les 80% de
Chirac.
De free party en contre sommet, de bars de l’est parisien en happening de
rues, de critique des mainstream en hommage à la précarité, choisie,
pourvoyeuse de temps libre, de cyberculture à Techno-Punk, on s’y
retrouverait presque dans ce livre qui aurait pu s’intituler "manifeste pour
un optimisme forcené".
La jouissance de l’écriture se lit entre les lignes
des 139 pages écrites à la hâte, on sent cette profonde volonté d’être
entendue, comprise voir même prise en compte par le monde politique,
culturel, médiatique.
Entre mise en place d’une démocratie participative et réapropriation de
l’espace publique, la réflexion ne débouche que sur peu de propositions
concrètes, critique que Gaëlle Bohé balaye en quelques signes :"trouver des
solutions à des dysfonctionnement particuliers reviendrait seulement à
colmater les brèches d’un système défaillant". Pour achever cette réflexion,
l’auteur vous invite au débat...
Frédérique, samizdat.net