L’Union européenne est en train de finaliser la dernière mouture des offres
initiales qu’elle entend déposer à l’Organisation mondiale du commerce dans
le cadre de l’Accord général sur le commerce des services.
Celles-ci devaient être déposées le 31 mars, mais les 15 membres de l’Union
européenne peinent à se mettre d’accord sur le contenu du mode 4, à savoir
sur les dispositions permettant pour les secteurs engagés dans le cadre de
cet accord de recourir à l’emploi temporaire de personnes physiques d’autres
pays. La proposition de la Commission européenne spécifie que celles-ci
bénéficieront de la législation du pays d’accueil …en note de bas de page !
19 secteurs sont concernés (les services juridiques, les services
comptables, les conseils en fiscalité, les services informatiques,
l’architecture, etc.).
Quelles en seront les implications en matière de
protection sociale et de droit du travail ? Quels seront les réels bienfaits
pour les pays du Sud, quand seuls quelques pays émergents ont encouragé ces
propositions ? Nul débat public.
Le "mode 4" illustre la complexité de l’accord, ses difficultés
d’interprétation et ses conséquences disproportionnées. Plus que jamais les
demandes portées par les organisations Agir ici, l’Aitec, Attac, le Crid, la
Ligue des Droits de l’Homme et Médecins du Monde à travers la campagne
"Services menacés, halte à l’OMC !" sont d’actualité.
Les négociations autour de l’AGCS vont se dérouler jusqu’au 1er janvier
2005. Mais dès que les pays membres de l’OMC auront déposé les offres et les
demandes de libéralisation, les tractations vont se dérouler de manière
bilatérale entre chaque pays. L’opacité a marqué la première étape du
processus de négociation. Avec les suivantes, elle risque même de devenir la
règle.
Nous regrettons qu’à l’instar de la Belgique et de la Suisse, le parlement
français n’aie pas eu à se prononcer par un vote sur la liste d’offres. Nous
attendons des résolutions fortes du gouvernement français, et plus
particulièrement :
Une plus grande transparence dans les négociations et la participation
pleine et entière du parlement français ;
La mise en œuvre d’un moratoire sur l’accord tant qu’une évaluation
indépendante de la libéralisation des services n’aura pas été menée ;
L’exclusion de l’AGCS des services répondant à des droits fondamentaux.
Et si la France montrait la voie ?
Agir ici - AITEC - Attac - CRID - Ligue des Droits de l’Homme - Médecins du Monde
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