Le G-8 se réunira à Evian des 1er au 3 juin 2003 à Evian, sur le lac Léman,
à quelques dizaines de kilomètres de Genève et quelques centaines de Lyon,
Grenoble et Turin.
Une coordination très large d’ONG, d’associations, de syndicats, de partis
politiques et de groupes militants s’est mis en place, avec des français,
des suisses, des italiens, des allemands et des militants venant d’Europe
et du monde entier. Une réunion large de cette coordination s’est tenue les
1er et 2 mars, un appel a été signé par de nombreuses organisations et un
site web, www.g8-evian2003.org donne des
informations et renvoie aux différentes composantes de cette coordination.
En effet les parties prenantes de cette coordination viennent de plusieurs
pays, représentent des secteurs sociaux ou des préoccupations militantes
très diverses et ont des options idéologiques très différentes.
Cela
explique pourquoi les initiatives qui seront organisées à partir du jeudi
29 mai dans la région d’Evian, et d’abord dans les deux communes
mitoyennes, Genève, en Suisse, et Annemasse, en France, sont si diverses.
Si, tous ensembles, nous nous retrouverons dans de grands rendez-vous,
comme la manifestation du dimanche 1er au matin, de nombreuses initiatives
comme les villages alternatifs, les débats et "sommet pour un autre monde",
les feux du samedi soir ou les actions de blocage pacifiques sont sous la
responsabilité de regroupements spécifiques existants de longue date ou
créés pour l’occasion.
Cette info rapide a pour but de donner les dernières informations et ainsi
de faciliter la mobilisation.
Le contexte politique mi-avril 2003
Si les incertitudes de la guerre en Irak ont maintenu un doute pendant
plusieurs jours sur la tenue du G-8, il est maintenant à peu près certain
que cette réunion aura lieu aux dates et dans les lieux prévus.
Le sens politique du G-8 est cependant en train de changer
A l’origine, les autorités françaises, qui entendent se démarquer d’une
mondialisation qui serait trop brutale sur le plan social et peu
respectueuse de l’environnement, avaient prévu d’axer ce G-8 sur la
question de l’accès à l’eau et sur le développement de l’Afrique avec
l’initiative du Nepad. Pour ce faire, le gouvernement français a invité 25
chefs d’Etats et de gouvernements, ceux du G-8 bien sur, du Nepad, mais
aussi ceux d’Egypte, d’Inde, du Brésil, etc.
Si ces invitations sont maintenues, les autorités françaises changent leur
discours et présentent désormais ce sommet comme le "G-8 de la paix"…
Le changement de contexte devrait amener les réseaux militants à rediscuter
du profil de leur réponse et de leurs revendications. S’il va de soi que
l’hypocrisie qui consiste à décréter "sommet pour la paix" un sommet où
seront présents George Bush et Tony Blair sera au centre de nos
déclarations, beaucoup de choses devraient être discutées dans le nouveau
contexte international.
Une telle discussion pourrait se centrer sur les priorités de l’agenda
international, les conditions de la reconstruction de l’Irak, la Palestine
ou la Tchétchènie, mais aussi sur les questions sociales et les inégalités
Nord/Sud avec en ligne de mire, en particulier, l’assemblée générale de
l’OMC en septembre prochain. Mais cette discussion devrait aussi partir du
bilan de l’incroyable mouvement de contestation à la guerre qui s’est
manifesté le 15 février et le 20 mars, mouvement qui s’était coordonné dans
le cadre du forum social européen, à Florence, et mondial, à Porto Alegre.
Les formes de cette discussion doivent être précisées dans les différentes
rencontres qui seront organisées avant le 29 mai, et entre autres, la
coordination européenne de Berlin des 25, 26 et 27 avril ou se réuniront
les organisateurs du forum social européen et les responsables des
coalitions anti-guerre européennes.
Le cadre général des mobilisations contre le G-8
Celui-ci a été discuté lors de la coordination des 1er et 2 mars dont vous
trouverez le compte-rendu sur le site web qui renvoie également aux
différents acteurs des initiatives.
Voilà les principales d’entre elles, en rappelant que de nombreux débats,
réunions et manifestations seront organisés dans des villes avoisinant
Evian (Lausanne, Annecy, etc.) :
dès le jeudi 29 mai, plusieurs villages alternatifs se mettront en
place ; à Annemasse, près de l’aéroport, il y aura le "village anti
capitaliste, anti autoritaire et anti guerre" et le "village intergalactique" ;
dès le jeudi 29 mai, un "sommet pour un autre monde" commencera à
Annemasse, dans la salle "Martin Luther King", à l’initiative du CRID et de
nombreuses ONG et mouvements français ;
vendredi 30 mai, les ATTAC d’Europe se réuniront dans un colloque à
Genève, après que les ATTAC du monde se soient réunis à Paris dans le cadre
du "G-Monde" ;
samedi 31 mai, le CADTM organisera un "tribunal de la dette" à Genève ;
samedi 31 au soir, ce sera l’initiative "le feu au lac" qui
permettra des rassemblements populaires autour de grands feux allumés dans
les communes jouxtant le lac Léman ;
dimanche 1er juin au matin, une énorme manifestation
transfrontalière sera organisée entre Genève et Annemasse ;
dimanche 1er juin dans l’après midi, mais aussi les 2 et 3 juin,
des actions de blocages pacifiques et non-violents seront organisées entre
Genève et Evian et à Lausanne, où ces initiatives commenceront dès le
matin, pour perturber l’organisation du G-8 et démontrer ainsi le refus de
la population de voir les fauteurs de guerre venir au cœur même de l’Europe
et le refus de la tenue d’un G-8 illégitime.
Les lieux de rendez-vous
Ceux-ci se concentreront dans les villes d’Annemasse et de Genève.
A Annemasse, un centre de convergence sera construit à l’aéroport de la
ville, près des villages alternatifs et le centre de presse ainsi que le
secrétariat administratif seront localisés dans la salle Martin Luther King.
A Genève c’est la maison des associations qui servira de siège au
secrétariat administratif et de centre de presse, le lieu d’un centre de
convergence n’étant pas encore trouvé.
Comme le programme le démontre, il y aura des initiatives le week-end des
31 mai et 1er juin, mais beaucoup de choses commenceront dès le jeudi 29
mai, jeudi de l’Ascension qui est férié en France et se poursuivront les 2
et 3 juin en parallèle au G-8 qui commencera le dimanche 1er au soir, les
chefs d’Etats et de gouvernements venant de St Petersbourg où sera fêté le
300ème anniversaire de la ville, et se conclura le mardi 3 juin au soir.
Les arrivées dans la région d’Evian seront donc échelonnées et de
nombreuses possibilités de couchage existeront dans la région, mais le
moment de plus grande affluence sera le samedi 31 mai au soir.
Pour cette
nuit un dispositif spécial, qui pourra s’appuyer sur les villes distantes
comme Annecy, Lyon ou Grenoble, sera mis en place, dispositif qui dépendra
des prévisions numériques. A ce propos un service de "petites annonces"
pour les logements et les transports est mis en place, pour tous ceux qui
le souhaitent, par le système d’information "attac.info" :
www.attac.info/g8evian
Les négociations avec les autorités
Celles-ci ont commencé le 19 mars à Genève, une autre réunion générale a eu
lieu le 10 avril et la prochaine est prévue pour le 3 mai.
Elles ont la particularité de réunir des acteurs différents : du côté des
militants, le forum social lémanique (FSL) pour les suisses, le comité haut
savoyard de résistance au G-8 (charg8) pour les militants de la région
d’Evian et d’Annemasse, la coordination parisienne et des représentants des
collectifs de Grenoble et de Lyon ; du côté des autorités, les
représentants de l’état français et les représentants des cantons de Genève
et de Vaud pour les suisses.
Nous en ferons état en fonction de l’avancée des discussions, tant dans les
sessions plénières que dans les groupes de travail. Il en existe quatre sur
différents sujets : la manifestation du 1er juin, les camps alternatifs, la
nuit du samedi 31 mai et les salles de réunions, et la question des
frontières. Au jour d’aujourd’hui, les choses se débloquent pour les camps
alternatifs et les lieux de réunions, deux problèmes restant en
discussions, les frontières et la manifestation du dimanche 1er juin.
Pour ce qui est de la manifestation, lors de la réunion du groupe de
travail du 14 avril, les autorités suisses et françaises ont annoncé
qu’elles voulaient que la manifestation se tienne côté français à partir
d’Annemasse. Proposition qui a été jugée inacceptable par les militants
français comme par les militants suisses qui veulent que la manifestation
soit transfrontalière et qu’elle ait lieu également à Genève. Des
conférences et points de presse ont été organisées à Genève et à Annemasse
pour expliquer la position des collectifs militants et dénoncer l’attitude
des autorités. Il faut noter que le climat est alourdi par les suites de la
manifestation du 29 mars à Genève contre l’OMC et la guerre où la police
est intervenue brutalement et a tiré une munition de "marquage" en
plastique sur une syndicaliste, violences qui ont entraîné une émotion
telle que le responsable de la police genevoise a du démissionner.
Pour ce qui est des frontières, la réunion du groupe de travail du 17 avril
a permis de connaître les positions de chaque côté. Les représentants de la
coordination ont rappelé qu’ils n’étaient pas d’accord avec la suspension
des accords de Schengen et qu’ils considéraient le droit de circulation et
le droit de manifestation comme des droits fondamentaux ; ils ont aussi
indiqué que si les autorités imposaient des contrôles, les manifestants
refuseraient tout fichage aux frontières et toute interdiction de passage
pour des militants sans-papiers. Les autorités françaises ont rappelé
pourquoi elles suspendaient les accords de Schengen et ont indiqué qu’elles
entendaient contrôler que des éléments "armés" n’entrent pas en France. Les
autorités se sont engagées à publier la liste des équipements interdits par
la loi française (les masques à gaz par exemple) et à indiquer quelles
seraient les règles appliquées pour les contrôles d’identité.
Les prochains rendez-vous
Le 23 avril à Genève à partir de 11h, nous aurons une réunion de
coordination ouverte à toutes et tous.
Les 25, 26 et 27 avril à Berlin, coordination de préparation du
forum social européen mais aussi rendez-vous des coordinations contre la
guerre. Ce sera une opportunité pour donner les dernières informations et
discuter des initiatives politiques à prendre au moment du G-8.
Les 26 et 27 avril, G-8 des ministres de l’environnement.
Cette
réunion devait se réunir à Angers, mais elle a été déplacée à Paris pour
"raisons de sécurité". Les militants d’Angers ont décidé de maintenir la
manifestation et le contre-sommet et une manifestation à vélo sera
organisée à Paris.
Le 15 mai à Genève, coordination des mobilisations contre le G-8.