Même s’il y a des disparités dans la mobilisation, la réalité et/ou la
perspective de la grève
reconductible dans l’éducation nationale ne peuvent plus être ignorées
aujourd’hui.
Mouvement d’une ampleur exceptionnelle à la Réunion. Dans la zone C la grève a
repris à la rentrée
des vacances et ceux qui comptaient sur l’essoufflement de la contestation à
cause des congés se
sont trompés : nouvelle mobilisation sur l’académie de Bordeaux, et en région
parisienne le
mouvement s’étend (toujours plus important en Seine Saint Denis il gagne aussi
les autres
départements et académies de la région). Ailleurs, les appels d’AG et
d’intersyndicales se
multiplient : appels à la grève reconductible à partir du 5 ou du 6 mai à
Marseille, Rouen, Nantes,
Clermont, Montpellier, Toulouse, Rennes…
Si les mots d’ordre peuvent varier (statut des mi-se, licenciement des
emplois-jeunes,
décentralisation, retraites…) ces appels pointent tous la nécessité de
construire un mouvement de
grève reconductible dans l’éducation nationale, pour faire reculer le
gouvernement, et interpellent
les fédérations en ce sens. Localement, l’unité des personnels en lutte est
effective et les
intersyndicales, parfois très larges (CGT, CNT, FAEN, FO, FSU, SGEN, SUD),
relaient les appels des
AG.
Dès le 4 avril, la Fédération des syndicats SUD Education a pris ses
responsabilités en appelant
clairement les personnels de l’EN à la grève reconductible et en s’adressant aux
autres fédérations
pour envisager nationalement un appel commun. Nous n’avons à ce jour reçu aucune
réponse. Et les
fédérations CGT-FAEN-FSU-SGEN-UNSA ont décidé d’appeler de nouveau à une journée
de grève ponctuelle
le 6 mai, sans autre perspective.
Dans le cadre de la construction d’un mouvement national de grève reconductible,
le 6 mai
constituera de fait une étape importante : on peut penser que si la grève se
renforce d’ici là sur
les académies de Bordeaux et Paris-Créteil-Versailles notamment, la reconduction
n’en sera que plus
crédible et effective à partir du 6. Et les autres départements ou académies
pourront alors plus
facilement rejoindre un mouvement existant. Mais il serait difficilement
compréhensible que les
attentes des personnels en lutte, et les appels des AG ou intersyndicales
locales ne soient pas
relayés par les fédérations syndicales.
C’est pourquoi la Fédération des syndicats SUD Education, attachée à l’unité
syndicale, et dans
l’intérêt de la mobilisation, s’adresse de nouveau à l’ensemble des fédérations
de l’éducation
nationale pour envisager ensemble un appel à la grève reconductible, a minima à
partir du 6 mai.
Enfin, un mouvement de grève suivi dans l’éducation nationale permettrait
d’aborder les
mobilisations interprofessionnelles sur les retraites de manière plus
offensive. Des grèves déjà
effectives dans certains secteurs rendraient plus crédible la perspective d’une
grève générale
public-privé pour les 37,5 annuités pour tous, qui reste à construire. La
Fédération des syndicats
SUD Education, avec l’Union Syndicale G10 Solidaires dont elle est membre,
favorisera tout ce qui
pourra aider à cette construction, afin notamment de donner une suite, dans la
grève, à la journée
du 13 mai.
Contacts :
Noëlle Ledeur : 06 74 83 11 94
Pierre Sigalas 06 76 96 67 63