- hacktivst news service -
[don't hate the media... become the media]   03/12/08 - 00:54
[dépêches]


Tunisie : sale temps pour les internautes
Communiqué à l’occasion de la Journée Mondiale de la Liberté de la presse

La Commission Nationale pour la Défense de la Liberté d’Expression s’est réunie ce jour 02 mai 2003 à la veille de la célébration de la Journée Mondiale de la Liberté de la presse. Elle a examiné la situation du secteur de l’information en Tunisie, sous toutes ses formes, y compris, les problèmes relatifs à l’accès au réseau Internet. La commission relève que le verrouillage des espaces de libre expression, la domination de la pensée unique, les obstacles qui se dressent contre les journalistes pour l’accès aux sources de l’information, ainsi que toutes les brimades qu’ils subissent dans l’exercice de leurs droits pour la liberté d’expression, ne cessent de marquer encore le paysage médiatique dans notre pays.

La commission insiste sur les aspects les plus flagrants de ces violations qu’il convient de résumer dans le points suivants :

I - L’emprisonnement

Le jeune internaute Zouhayr Yahyaoui qui avait lancé un site de débat et d’échange sur le réseau Internet, est toujours détenu, et ce, malgré les appels pressants des organisations humanitaires nationales et internationales en faveur de son élargissement. Ce jeune internaute condamné en juillet 2002 à deux ans de prison, a vu ses conditions de détention se détériorer gravement ces derniers mois ; ce qui l’avait incité à entamer une grève de la faim laquelle avait duré 22 jours d’affilée.
Le directeur du journal « El Fajr » Hamadi Jebali, condamné depuis 1990, est astreint à l’isolement dans sa cellule et se trouve privé de ses droits de prisonnier politique. Il fut acculé à se mettre en grève de la faim à plusieurs reprises dont la dernière en date remonte à février 2003.
Le journaliste d’« El Fajr » Abdallah Zouari se trouve toujours sous l’objet d’un contrôle administratif à Zarzis, malgré la fin de l’exécution de sa peine de 11 ans de prison dont il fut condamné. Il fut incarcéré de nouveau l’an dernier pour une période de huit mois, pour avoir enfreint le contrôle administratif auquel il est assujetti depuis sa sortie de prison.
Un jeune internaute Maher El Osmani est décédé le 22 avril dans des conditions suspectes, pendant sa détention dans les locaux de la police où il avait été interpellé et interrogé pour sa fréquentation des sites Internet prohibés.

II - La censure

La censure préalable s’exerce à travers l’usage détourné du dépôt légal et concerne tous les journaux de l’opposition politique et quelques publications indépendantes. Elle complète la panoplie des procédés de censure habituels en usage et des poursuites judiciaires qui s’abattent de temps à autres sur les journalistes et les directeurs de publications.
Un grand nombre de personnalités indépendantes, des représentants de l’opposition politique et des associations non gouvernementales, sont totalement interdits d’antennes et du plateau télévisé, uniquement, parce qu’ils expriment des opinions contraires ou opposées à celles du pouvoir. Et de ce fait, l’hégémonie de la pensée unique et de la voix unique se trouve consacrée.
Les activités de toutes les franges de la société civile, - celles de leur institutions et de leurs représentants -, sont occultées et ignorées par les moyens audio visuels ainsi que par la plupart des journaux, du fait du poids des « instructions » politiques et de l’appropriation des moyens d’informations.

III - Internet

Le réseau Internet à partir de la Tunisie est l’objet d’une surveillance accrue et plusieurs sites sont constamment bloqués. Conséquence, nombreux tunisiens et tunisiennes ne peuvent pas accéder aux sites de leurs choix, y compris, pour des étudiants et des chercheurs dans leur recherche des données à caractère scientifique, éducatif.
Tous ceux qui osent transgresser ces interdits et braver les blocages des sites sur la Toile sont l’objet de tracasseries et même de poursuites. Plusieurs des cas enregistrés ces derniers mois, nous préoccupent particulièrement, parmi lesquels, l’arrestation d’un groupe de jeunes internautes de Zarzis, d’Ariana et du Bardo.

La Commission Nationale pour la Défense de la Liberté d’Expression rappelle à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, que le peuple tunisien dispose de toute sa maturité pour exercer ses droits pour une information honnête et entière et pour exprimer librement ses opinions. Nous demandons aux autorités publiques de respecter l’exercice des libertés de la presse et du droit des citoyens à la libre expression. Nous les appelons à ce qu’elles cessent toute pratique de censure contre la presse et le réseau Internet. Le texte d’une pétition pour la défense de la liberté d’expression qui a déjà recueilli plus de deux cent signatures sera rendu public prochainement.

Tunis le 2 mai 2003

La coordonnatrice de la Commission : Souhayr Belhassen


Source/auteur : Commission Nationale pour la Défense de la Liberté d’Expression
Mis en ligne le lundi 5 mai 2003, par Frederique
La communication alternative c'est pas de la tarte ! Voulez-vous donc y participer ?
[samizdat]  Ce site utilise PHP et mySQL et est réalisé avec SPIP logiciel libre sous license GNU/GPL