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[don't hate the media... become the media]   12/05/08 - 12:15
[dépêches]
FRANCE IMMIGRATION - SANS PAPIERS

Kurdes en situation humanitaire alarmante : un train pour Calais
COMMUNIQUÉ DU 30 AVRIL 2003

En novembre dernier, le gouvernement a fermé le centre de Sangatte. Pour l’opinion publique, ce fut la fin d’un problème qui durait depuis trop longtemps et la fin d’un contentieux entre le Royaume Uni et la France. Pourtant, à Calais et dans le 10ème arrondissement de Paris, des centaines de réfugiés, principalement kurdes d’Irak et d’Iran, livrés à eux-mêmes, vivent, mangent, et dorment dans les rues.

D’après le Collectif de soutien d’urgence aux réfugiés de Calais (CSUR), plus de 3.500 personnes sont arrivées depuis la fermeture de ce centre. Les collectifs de soutien de Calais et de Paris tentent de les aider mais l’ampleur de la mission est trop grande pour être efficace. Aujourd’hui, 30 avril, l’association « La Mie de pain » et l’Armée du Salut ont cessé leurs activités de distribution de repas et d’hébergement : va-t-on abandonner à leur sort les dizaines de réfugiés kurdes de Paris ?

A Paris comme à Calais, nous assistons à une véritable clochardisation des demandeurs d’asile. Ces jeunes hommes, qui ont souvent vécu des moments terribles en Irak, sont humiliés et épuisés. De plus, de nombreux réfugiés sont mineurs. Les bénévoles et membres d’associations s’épuisent et ne parviennent pas à satisfaire les besoins élémentaires de ces réfugiés. Parce que quelques personnes de bonne volonté ne peuvent pas remplir le rôle d’un Etat démissionnaire.

Face à l’attentisme de l’Etat, le Collectif de soutien d’urgence aux réfugiés de Calais et le Collectif de soutien aux réfugiés du 10ème arrondissement de Paris ont décidé de mettre en place un voyage entre Paris et Calais. Ce train pour Calais conduira une délégation de personnalités : Danielle Mitterrand (France Libertés), José Bové (Confédération paysanne), Jean-Claude Amara (Droits devant ! !), Smaïn Laacher (sociologue), Patrick Delouvin (Amnesty International), Jean-Yves Cottin (Comité des sans-logis), Nathalie Ferré (GISTI), Dominique Noguères (LDH), Chris Kutschera (journaliste-écrivain) ainsi que des artistes et des élus. Avec le soutien de : Marylise Lebranchu (ancien Ministre de la Justice), Noël Mamère (Les Verts), et Harlem Désir (député européen).

Les objectifs de cette journée de soutien sont les suivants :
alerter l’opinion publique sur la situation humanitaire alarmante des « réfugiés » de Paris et de Calais ;
soutenir les revendications des Collectifs de Calais et de Paris (prise en charge alimentaire, hébergement, information et assistance juridique - avec une urgence prioritaire pour les mineurs) ;
faire cesser la pression policière sur les membres du CSUR de Calais ;
alerter l’opinion publique sur le projet de réforme du droit d’asile et de l’immigration du Ministre de l’Intérieur.

Contact presse :
Graziella Ghilardi - Mélanie Le Verger France Libertés :
01 53 25 10 40 - 06 74 29 78 51


Les réfugiés irakiens de Paris n’ont que le pavé pour dormir. Avant les charters pour Bagdad ?

Depuis la fermeture de Sangatte, des exilés kurdes d’Irak et d’Iran pour la plupart, vivent et dorment dans les rues du 10ème arrondissement, aux alentours des gares, sans aucune assistance.

Sur la pression d’un collectif de soutien, le conseil de Paris et le conseil d’arrondissement du 10ème ont voté des voeux visant principalement à demander la mise en place de mesures d’urgence pour l’hébergement, la nourriture, la santé et l’hygiène des « réfugiés ».

Le Maire du 10ème a rencontré le cabinet du ministre des affaires sociales et vient de rencontrer le Préfet de Paris. Mais depuis plus d’un mois, les voeux sont restés pieux et les pouvoirs publics n’ont pas tenu les maigres engagements qu’ils avaient pris (notamment pour l ?aide alimentaire). Les services préfectoraux refusent, eux, tout hébergement d’urgence. La situation n’a pas bougé d’un iota et elle va s’aggraver avec la fin des soupes populaires de l’hiver et la fermeture des centres d’accueil, le 30 avril.

Aujourd’hui, les exilés, dont certains sont mineurs, sont désespérés et épuisés. On peut pourtant compter sur les doigts de la main ceux qui souhaitent retourner dans leur pays : l’Irak mettra sans doute des mois, des années, avant de devenir un pays démocratique et sûr. Certains veulent se rendre en Angleterre, d’autres souhaitent rester en France mais ne savent pas comment demander l’asile, ou hésitent à le faire. Comment ne pas hésiter à se lancer dans une procédure qui dure en moyenne deux ans quand on dort dehors, alors que la demande d’asile n’ouvre pas le droit au travail ?

A l’heure des grandes déclarations humanistes de Jacques Chirac sur l’accueil d’enfants irakiens, que signifie l’inaction et l’attentisme du gouvernement vis à vis des réfugiés irakiens qui sont évidemment fondés à réclamer accueil et protection ? Tout se passe comme si la France faisait mine de ne pas les voir ? En attendant de les renvoyer en Irak ?

Le collectif de soutien des réfugiés du 10ème dénonce l’hypocrisie des pouvoirs publics et lance un appel à la mobilisation.

Le collectif appelle à un rassemblement le 06 mai à 8h45 au Square Alban Satragne (à la poste en bas de la gare du Nord) pour soutenir l’action : " un train pour Calais".

Contacts presse :
Mélanie Le Verger-France Libertés tél : 06 74 29 78 51
Catherine Bourgain : 06 79 60 53 42

Le collectif regroupe des membres de l’Acort, du Gisti, D’Attac 9/10, des Verts 10è, du PCF 10è, L.C.R. 10è, d ?Agir dans le 10ème, de Malakurd (Maison de la communauté kurde), de Maison de jeunesse, de Sud PTT, de France Libertés, de l’ACTIT


Source/auteur : CNSP
Mis en ligne le lundi 5 mai 2003, par Frederique
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