Jeudi 1er mai, jour symbolique de la lutte des travailleurs/euses contre l’exploitation, une Street Party s’est greffée sur le traditionnel cortège syndical pour dire non au G8.
Ayant dans l’idée de tourner en dérision l’hystérie sécuritaire sur le fameux « bloc noir », nous avons décidé de nous déguiser en simili-black bloc et de parader à travers la ville à l’occasion du défilé du premier mai. Parmi nous, certaines personnes se sont déguisées en noir avec des autocollants « je suis très très méchante », « violent », « casseur » en parodiant l’image véhiculée par les médias. Tout au long du trajet de la manifestation nous nous sommes symboliquement attaqué-e-s à différentes cibles représentant le capitalisme par des actions théâtrales. A l’approche du Palace, nous avons dégainé nos pavés de mousse et les avons « violemment » projeté sur la façade de cet établissement. Alors que notre action se voulait ironique, d’autre personnes l’ont menée de manière sérieuse. Nous interprètons cette violence comme une réponse à celles que nous subissons tous et toutes à cause des politiques menées par les états et discutées lors des sommets tel que le G8.
Les réactions aux événements de jeudi passé soulèvent cependant quelques questions :
Que penser de l’écho médiatique disproportionné qui a suivi cet « événement », ne mettant l’accent que sur la casse ? A part deux vitrines, la presse n’a pu illustrer « l’ultra-violence des vandales » que par un pot de fleurs cassé et quelques chaises renversées. Dans d’autres villes, cela aurait à peine donné lieu à un entrefilet. A qui profite cet écho ? Aux médias pour faire du sensationnalisme ? A la police pour justifier leur nouvel équipement ? Ou à la gauche institutionnelle pour se désolidariser des manifestations ?
Que penser du POP pour qui deux vitrines cassées semblent remettre en question leur opposition aux politiques meurtrières du G8 ? En quoi Josef Zysiadis est-il habilité à décider pour des dizaines de milliers de manifestant-e-s s’il y aura des manifs à Lausanne ou pas ? S’il ne veut plus y participer, qu’il se retire et arrête ses jérémiades !
Pourquoi vouloir faire porter le chapeau de tout ce qui peut se passer dans les manifs à quelques organisateurs/trices désigné-e-s ou autoproclamé-e-s ? Pourquoi serait-ce aux manifestant-e-s de gérer ce qui n’est que le résultat des politiques du G8 ? Contrairement à ce que souhaitent les autorités, il n’y a pas de raison selon nous pour que les opposant-e-s qui se réclament du pacifisme se muent en collabos de la répression.
Un peu de mobilier endommagé est-il plus grave aux yeux de certain-e-s que les milliers de civils tués par la croisade guerrière de Bush, Blair, Berlusconi et consorts, ou que les tonnes d’uranium appauvri utilisé dans les bombes et qui vont polluer durablement l’Afghanistan et l’Irak ? Que les politiques qui réduisent une grande partie de la planète à la famine ? Que les licenciements massifs lié au spéculation des multinationales ? Que l’esclavagisme des travailleurs-euses migrant-e-s avec ou sans papiers ?
Toutes et tous contre le G8 !
Pas de sommet pour les tyrans !