Le 7 mai, le conseil des Ministres a adopté le projet de loi sur la
décentralisation du RMI et la création d’un revenu minimum d’activité
(RMA).
Avec la décentralisation du RMI, sa gestion et son financement seraient
désormais confiés aux départements. Les administrateurs Cgt de la CNAF,
comme l’ensemble des organisations syndicales, ont voté pour le maintien
de la gestion par les Caisses d’Allocations Familiales. D’une part, pour
des raisons d’égalité et de la solidarité, il faut garantir à chaque
bénéficiaire le même traitement sur tout le territoire. D’autre part,
les règles d’attribution et de gestion doivent être déterminées par une
convention nationale. Enfin, la gestion par les CAF permet de conserver
un organisme payeur unique (60 % des bénéficiaires du RMI perçoivent
d’autres prestations de la CNAF).
Le revenu minimum d’activité (RMA) est, quant à lui, un nouveau contrat
de travail précaire pour les personnes au RMI depuis plus de 2 ans, avec
20 heures de travail par semaine, une durée de 18 mois maximum, et
assorti de mesures de tutorat et de formation.
Avec un demi-SMIC par mois, le bénéficiaire toucherait net 473 euros par
mois, soit à peine plus que les 411 euros du RMI ! Pour gagner ces 62
euros de plus, il devra supporter toutes les sujétions et tous les frais
liés à l’emploi, sans disposer de moyens suffisants pour vivre décemment.
Le RMA va donc enfermer le salarié dans un dispositif de contrat
d’insertion qui le place sous tutelle, le contraint d’accepter un
sous-emploi, sous rémunéré, sous peine de se voir priver du versement du
RMI. En revanche, ce nouveau dispositif va susciter des effets d’aubaine
pour les employeurs qui ne payeront que la différence entre le demi-smic
et le RMI et bénéficieront d’exonérations de cotisations sociales.
Concrètement : un emploi au SMIC à plein temps vaudra autant que 5
contrats RMA !
La Cgt rejette ce projet qui exploite l’idée généreuse de réduire la
précarité vécue par des centaines de milliers de personnes, en rajoutant
encore plus de précarité aux dizaines d’autres dispositifs existants.
La Cgt revendique un contrat d’insertion payé au minimum sur la base
d’un plein SMIC et qui, avec l’accès à la formation, l’acquisition et la
reconnaissance d’une qualification, garantisse le retour à un emploi
stable, à plein temps et correctement rémunéré.