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Vers un mouvement des mouvements ?

La coordination pour une vraie gauche vous invite samedi 24 mai 14H
à la bourse du travail de St. Denis au débat :
Vers un mouvement des mouvements ?
Invité Alfonso Gianni, Sénateur du Partito italien della Rifondazione
Comunista.
Le Collectif Bellaciao s’associe à ce débat.
Un an après la défaite de la gauche lors des présidentielles, les principaux
clivages ayant fait obstacle à une offensive politique subsistent ; le PS n’a
pas compris le problème, le PC refuse de trancher, les Verts et la LCR tentent
de changer leur orientation en faveur d’un nouvel élan politique, mais ne sortent
pas de leurs frontières. Arlette reste Arlette. Les syndicats mobilisent massivement,
mais se montrent très timides devant les questions politiques qui pointent
leur nez. De même, les associations de lutte peinent toujours à trouver une
traduction globale à leurs revendications. En marge des appareils, un grand
nombre de forums ou collectifs locaux de la gauche critique sont apparues,
dont une partie importante s’est fédérée autour de la coordination "pour une
vraie gauche". Elle est soutenue par les Alternatifs, les Etats généraux du
communisme, Nous voulons autre chose !, un courant de gauche des Verts, des
militants de la LCR, d’ATTAC, ainsi que des sensibilités féministes et syndicales.
Nous pensons que cet espace, bien que limitée encore, doit servir à faciliter
le débat de fond sur les perspectives communes des forces anticapitalistes,
altermondialistes, féministes et écologistes.
L’expérience italienne peut nous servir d’aiguillon. Sans pour autant constituer
un modèle clé en mains, ce "mouvement des mouvements" qui est apparues depuis
les manifestations de Gênes contre le G8, promet de déplacer nos discussions
et de nous éloigner des réflexes tactiques ou dogmatiques qui conduisent trop
souvent à des dialogues de sourd. Dans la foulée de la mobilisation de Gênes,
une multitude de comités locaux unitaires se sont crées, qui ont soutenu une
convergence souple des différents mouvements sociaux, des courants syndicaux
revendicatifs et des forces politiques de la gauche critique. Ce mouvement
avance par l’expérimentation pratique et le débat. Il est porté par une jeune
génération militante qui entend actualiser l’héritage des mouvements d’émancipation
du vieux continent. C’est un mouvement qui tente de lier la mobilisation à la
valorisation des pratiques démocratiques et à la redéfinition d’un projet politique
global, en même temps qu’il cherche son extension européenne. Il se heurte
manifestement aux mêmes obstacles que nous : une droite arrogante et brutale,
encouragé par des forces fascistes, une gauche gouvernementale déliquescente
qui bégaie l’alphabet de Tony Blair, des médias déconnectés, des mouvements
de résistance face au besoin d’inventer l’avenir et un morcellement des courants
oppositionnels. Il nous semble aujourd’hui possible de créer un cadre de débat
qui regroupe toutes les forces critiques.
À l’heure où notre droite chiraquienne a oublié le grand mouvement de l’hiver
95, tentant de passer en force sur la question des retraites, nous proposons
d’avancer, dans un deuxième temps, vers des initiatives communes, capables de
porter une parole politique audible. Le syndicalisme a besoin de cette parole
pour contester les principes néolibéraux qui guident le gouvernement et la Comission
européenne. Le mouvement des femmes souligne qu’une nouvelle régression sur les
retraites ferait basculer un grand nombre de précaires, de sariées au temps partiel
et de chômeuses vers la pauvreté à la fin de leur vie de travail. Les associations
de chômeurs sont pareillement concernées. La jeune génération se voit mis en
concurrence avec celle qui part à la retraite, sous prétexte qu’il n’y aurait
pas assez de richesses dans ce pays pour assurer des droits sociaux égaux pour
tous. Une autre mondialisation est pourtant possible ! Les partis de gauche ne
pourront pas se payer le luxe de répéter la cacophonie de 1995, sous peine d’être
complètement discrédités. Enfin, le repli de la droite et du Medef sur des arguments
techniques et pseudo-scientifiques, ainsi que la complaisance d’une partie des
directions syndicales, posent le problème d’une démocratisation de l’Etat social
qui ne découle pas naturellement des grandes manifestations du mois de mai.
Les différents appels, documents et prises de position qui existent déjà au
sujet des retraites seront présentés et feront partie du débat.
La coordination pour une vraie gauche.
23.05.2003
Collectif Bellaciao
http://www.bellaciao.org
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Mis en ligne le vendredi 23 mai 2003, par bellaciao
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