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[don't hate the media... become the media]   12/05/08 - 00:56
[dépêches]
FRANCE SALARIÉ(E)S

Grève générale
BORDEAUX : BULLETIN N°27 EN COLÈRE

En Colère !
N° 27 - jeudi 22 mai
Bulletin de la grève reconductible

Nous avons faussé le scénario gouvernemental,
maintenant il nous faut aller jusqu’au bout !

Alors que la rue à défaut de gouverner, bouleverse la vie des gouvernants, Ferry et Fillon maintiennent publiquement leur volonté d’imposer leurs réformes. Le mécontentement grandit, la grève s’élargit dans l’Education nationale avec l’entrée dans le mouvement des universités, elle s’approfondit avec l’entrée d’autres secteurs de la Fonction publique. Hier à Bordeaux, nous avons « roulé pour l’école » et manifesté avec les collègues de l’Equipement. Aujourd’hui 22 mai, nous manifesterons avec de nouveau les copines et les copains de l’Equipement, mais aussi avec ceux des Finances et des Impôts et de la Poste.

Le gouvernement veut nous imposer une épreuve de force. Mais à force de répéter qu’il ne cédera pas, on sent que ça branle dans le manche. Ferry parait grillé, des députés de la majorité UMP suggèrent que Raffarin prenne les choses en main, mais il est parti au Canada, les grizzlis seraient ils moins dangereux que les manifestants ? D’autres ou les mêmes espèrent que Chirac va intervenir.

Notre mouvement les déstabilise. Le gouvernement avait mijoté ses mauvais coups contre les retraites et les services publics. Il croyait que cela passerait sans mal, car il avait trouvé du côté des directions nationales des syndicats un climat consensuel.
Tout était prêt : les campagnes de pub étaient bouclées, Fillon avait calculé que les ponts du mois de mai nous paralyseraient.
Il avait déjà préparé ce qu’il ferait mine d’accorder aux directions syndicales pour leur permettre de sauver la face. Une série de journée d’action avaient été programmées pour que la colère puisse s’exprimer platoniquement, sans que cela ne remette rien en cause .

Et ouis patatras pour les uns comme pour les autres. Nous nous sommes invités à leur table, convives inattendus et en colère. Et depuis, tous les calculs des uns et des autres sont remis en cause. Pas possible de contourner notre mouvement, pas moyen de nous mettre de côté. Le mouvement de l’Education nationale a surpris tout le monde, et nous les premiers. Mais si pour nous c’était une surprise enthousiasmante, d’autres ont semblé moins réjouis. Comment expliquer sinon que les directions syndicales nationales de l’Education se soient refusé si longtemps, malgré notre insistance pressante, à appeler à la grève reconductible nationale et ne l’ont fait que lorsque de toute manière, celle ci était devenue une réalité.

Nous avons aujourd’hui le même scénario à l’échelle de tous les salariés du pays. Le mouvement s’élargit, les salariés de l’Education nationale en restent le moteur. Et les confédérations syndicales nationales ne disent toujours pas ce qu’elles comptent faire au-delà de la grande manifestation du 25 mai. Alors que le gouvernement réaffirme sa volonté de passer en force, que Fillon dit que le calendrier sera respecté et tente une nouvelle fois de monter l’opinion publique contre nous, en nous taxant « d’égoïsme », les syndicats n’ont toujours pas pris position sur les moyens que nous devrions employer pour faire reculer le gouvernement .

Grève générale , c’est un mot tabou pour eux ? Ils attendent que comme dans l’Education nationale, nous la rendions effective pour s’y rallier ensuite ?

La trahison de Chérèque le 15 mai, longuement préparée n’a été qu’un pétard mouillé : elle n’a eu aucune incidence sur le mouvement.

Aujourd’hui, c’est notamment la fédé CGT des cheminots qui ne sait plus quoi inventer pour empêcher les cheminots de se mettre en grève. Après leur avoir dit qu’il ne fallait pas se mettre en grève après le 13 pour réussir la manif du 25 mai, voilà qu’elle a trouvé autre chose : il ne faut pas se mettre les usagers à dos en se mettant en grève au moment du week-end de l’Ascension.
Suggestion : après le week-end de l’Ascension , il y aura Pentecôte et après ce sera Noël ! Jusqu’à quand cette comédie va-t-elle durer ?

Peut-on faire la grève sans le cheminots, demandait un copain de la Poste, après avoir appris la décision scandaleuse des fédés de cheminots de ne pas appeler à la grève reconductible dès le 26 mai ; Il est évident que du point de vue symbolique et de l’impact qu’elle aurait sur la vie économique et sociale, la grève des cheminots aurait un poids déterminant.

Mais là encore, il est bien possible que nous dérangions les scénarios apparemment les mieux réglés. .D’ores et déjà, des cheminots ont annoncé leur volonté de se mettre en grève dès le 26 mai et de toute façon, ils partiront le 3 juin. Il va devenir difficile d’arrêter le train de nos luttes. Nous construirons la grève générale de l’ensemble des salariés, comme nous avons construit la grève générale de l’Education nationale.

Par la base ! Et rien ne nous arrêtera !


Source/auteur : http://reseaudesbahuts.lautre.net/
Mis en ligne le vendredi 23 mai 2003, par Ludo
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