Une délégation du Collectif a rencontré Patrick BRAOUEZEC, Député-maire de
Saint Denis, lundi 26 mai à 10 heures 30 en Mairie de Saint Denis.
Interrogé sur l’exécution de l’arrêté d’expulsion, le 23 mai, il a répondu
en avançant des raisons juridiques, et des considérations de confort et de
sécurité des riverains.
Sur la rupture de la parole qu’il avait officiellement donnée, de ne pas
prendre cette décision avant de nous proposer un autre local, il s’est
contenté de mettre en avant les plages horaires de "permanence" dont nous
pourrions disposer à la Bourse du Travail, et a affirmé qu’il n’avait pas
de local fixe à nous proposer.
Il s’est refusé à tout débat sur le fond, et en particulier sur
l’intégration, en cours en Seine Saint Denis, du mouvement des Sans papiers
dans l’instance politique et officielle du FSE.
Sur ces bases, aucun accord n’était possible ; les représentants du
Collectif ont fait part de l’ intention des Sans papiers de traduire leur
exigence de conserver un véritable local d’accueil et de travail, aussi
bien par l’introduction d’un référé en réintégration, que par une
sensibilisation de l’opinion. Ils ont réaffirmé le refus d’une
domestication des Sans papiers dans le cadre du FSE.
Dès l’après-midi, une soixantaine de Sans papiers se sont installés devant
la nouvelle Mairie de Saint Denis et y ont accroché une banderole : "Sans
papiers expulsés, Sans papiers dispersés : Sarkozy exaucé".
Des citoyens et des responsables et militants d’organisations politiques
sont venus témoigner aux Sans papiers leur condamnation de la procédure
autoritaire adoptée par la Mairie de Saint Denis.
Confirmation de cette politique du bâton a été donnée à 19 heures : les
policiers ont intimé aux Sans papiers l’ordre de se disperser en leur
faisant savoir qu’ils avaient des instructions d’intervenir très fermement
et de procéder à des arrestations (pour "entrave à la liberté de
circulation" !!!).
Monsieur le Maire, qui s’était flatté le matin même de ses interventions
"quotidiennes" en faveur des Sans papiers, vient d’en donner dans sa ville,
en trois jours, une illustration bien particulière : local fermé, rue
interdite.
Il peut en être assuré (sinon rassuré) : les Sans papiers reviendront. La
liberté de circulation, c’est précisément ce qu’ils réclament.
Coordination 93 de lutte pour les Sans Papiers
42 rue de la Boulangerie 93200 Saint Denis