Encore une ville blindée. À nouveau des palissades de bois, cette fois très bien faites (c’est helvète) : des planches de presque 7 cm d’épaisseur, vissées de l’intérieur, les embouts des vis couverts de mastic... Genève semble avoir peur, comme on le lui a demandé. Près du parc des Communs, sorte de jardin du Luxembourg avec des jeux d’échec dessinés par terre, et devenu camping géant de la contestation, La Maison de la poussette, sans doute une cible de choix pour les casseurs trentenaires, est un de ces magasins surprotégés. On ne peut plus y entrer que par une toute petite porte. Tout est absurde, et ça se mesure en flux tendus de connerie pure : le chantier d’une nouvelle ligne de tram a été remblayé et bétonné. Les médias locaux s’en donnent à coeur-joie, dans tous les sens : Dimanche.ch, sans doute un hebdo, montre en une deux photos, l’une d’un flic surarmé, l’autre d’une manifestante au look hippie avec Tshirt peace and love, sous le titre « De qui avons-nous peur ? ». Mais la même une contient la manchette sensationnelle suivante : « Témoignage : les confessions d’un futur casseur »...
albator au bout du fil, pour samizdat.net