Dans la foulée de la journée du 13, où le nombre de grévistes à la SNCF a atteint un chiffre record, SUD-rail avait proposé de poursuivre le mouvement par la reconduction de la grève. La fédération FO et des syndicats CGT partageaient notre analyse. La division syndicale n’a pas permis de construire un mouvement suffisamment fort, faisant symboliquement la jonction avec la journée de manifestations et de grève dans la fonction publique du 19, les dernières équipes en grève ont repris le mardi 20.
A SUD-rail, nous continuons à penser qu’une occasion a été perdue à ce moment là ; mais ce qui nous préoccupe c’est de construire l’avenir. Et la détermination montrée par beaucoup de cheminot(e)s au delà du 13 n’aura pas été vaine : lors de la réunion interfédérale suivante, toutes les fédérations syndicales s’accordaient enfin sur la nécessité d’une grève reconductible. Conscient que la manifestation interprofessionnelle du 25 organisée par CGT, FO, FSU, UNSA, SOLIDAIRES allait être un grand succès, nous proposions d’enchaîner dès le 26 sur un mouvement reconductible à la SNCF, permettant ainsi d’appuyer concrètement et efficacement les grèves démarrées depuis des semaines dans d’autres secteurs professionnels. Si FO et CFDT partageait cette analyse, ce n’était pas le cas des autres fédérations qui ne voulaient pas un appel avant le 3 juin.
Les divergences d’appréciation sont une chose ; elles doivent passer au second plan lorsqu’il s’agit de se battre contre un projet aussi rétrograde que le plan Fillon. Privilégiant l’unité syndicale car elle renforce l’action, SUD-rail s’inscrit donc pleinement dans l’appel à une grève générale à partir du 2 juin au soir.
Un préavis national, pour une durée illimitée est posé par les fédérations CGT, CFDT, SUD-rail, UNSA, FO, CFTC.
Une lutte pour les cheminot(e)s. Malgré les communiqués et interviews qui commencent à se multiplier, il faut bien se rendre à l’évidence : nous cheminot(e)s, et notre régime de retraite sommes bien directement concerné(e)s par le projet du gouvernement : ainsi, avec le plan Fillon, le nombre d’annuités pour une retraite "pleine" sera bien augmenté (40, 41, 42) et nos pensions déjà bien basses diminueront encore : environ 50% du traitement d’actif.
Une lutte pour tous les travailleurs(ses) du rail. Plus de 10 000 cheminot(e)s sont soumis au régime des retraites du secteur privé, ce sont les contractuel(le)s que direction SNCF et gouvernements successifs maintiennent dans la précarité. Si on y ajoute les salarié(e)s des filiales, des entreprises de nettoyage et manutention, les personnels des CE et du CCE ce sont des dizaines de milliers de travailleurs(ses) du rail qui ont été victimes des "mesures Balladur" de 1993 et réclament avec nous l’égalité par le retour aux 37,5 annuités.
La lutte de tous les salarié(e)s. Depuis de nombreuses semaines maintenant le personnel de l’Education Nationale est en grève. Durant tout le mois de mai des grèves ont éclaté ici ou là, sans pouvoir tenir faute d’un appel syndical interprofessionnel suffisamment fort. Dès cette semaine, la grève, reconductible, est décidée à La Poste, dans le secteur aérien, à France Télécom, .. A partir du 3, outre la SNCF, la RATP, les entreprises de transport du secteur privé seront également en grève.
Cette fois, nous ne pouvons pas louper l’occasion !
Le projet du gouvernement est excessivement grave pour nos retraites. Et s’il passe, c’est la porte ouverte à d’autres régressions sociales, à commencer par la case du régime de protection sociale.
Nous sommes, véritablement, à un moment décisif en terme de choix de société. Ne rien faire maintenant, c’est accepter que la loi de la jungle soit le socle d’organisation de notre vie en collectivité, c’est accepter de léguer aux plus jeunes générations une société inégalitaire où il est normal de ne pas pouvoir se soigner, se nourrir, se loger, etc. si on ne fait pas partie des "gagnants" qui pour être "gagnants" doivent être une infime minorité !
La grève, ensemble, à partir du 2 juin au soir, c’est faire le choix d’une société solidaire !
La fédération des syndicats SUD-rail appelle tous les collectifs syndicaux CGT, CFDT, FO, CFTC, UNSA et SUD-rail, du plan local au plan national à agir dans l’unité la plus étroite possible pour la pleine réussite de ce mouvement.
Saint Denis, le 26 mai 2003.