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[don't hate the media... become the media]   25/07/08 - 12:52
[dépêches]
Monde(s)

Exactions policières a l’Usine
Communiqué du 2 juin 2003

L’Usine, centre culturel autogéré, est opposée a la tenue du G8 à Evian, qu’elle juge illegitime.

C’est pourquoi, l’Usine a choisi d’accueillir le centre de presse et d’information Indymedia ainsi que le Sommet d’Art Interventionniste pendant la tenue de ce sommet. Nous precisons que l’Usine n’etait pas requisitionnée comme camping ni comme sleeping. La programmation culturelle n’a pas été interrompue.

Samedi 31 mai au soir

A l’Usine avaient lieu deux concerts, dont un gratuit, et une pièce de théatre dans une ambiance de fête de quartier bon enfant, rassemblant environ 1000 personnes. Sur la place des Volontaires on pouvait compter plusieurs centaines de personnes, plusieurs cafetiers et lieux nocturnes des alentours étaient ouverts et le quartier semblait vivre un samedi soir de fête.

Un lieu gratuit et non surveillé etait organisé pendant les concerts, afin de permettre aux nombreuses personnes venues d’ailleurs d’y laisser leurs affaires. Nous rappelons que l’Usine, comme tout lieu à vocation publique, ne veut pas et n’a pas à jouer le rôle de la police, d’autant plus dans des situations jugées ingérables par les autorités même.

Vers 22h un groupe important de personnes masquées a ete vu se regroupant autour de la place des Volontaires, pour repartir rapidement. Une heure plus tard, des petits groupes de gens dont certains étaient masqués sont revenus sur la place des Volontaires. Quelques minutes plus tard, la police en bloquait l’accès.

Les responsables de l’Usine essayaient de maintenir le dialogue et le calme sur la place toujours noire de monde, les concerts se poursuivaient a l’intérieur.

Le service d’ordre de l’Usine et des membres de l’association ont essayé de calmer des jeunes qui lancaient des bouteilles sur la police. Ces jeunes sont revenus plus tard armes de barres de fer et ont attaqués le batiment de l’Usine. Le service d’ordre de l’Usine a du intervenir. Ces mêmes jeunes sont encore revenus plus tard et ont lancé deux cocktails molotovs sur des gens assis sur la place des Volontaires. Le service d’ordre de l’Usine ainsi que deux videurs d’une boîte de nuit proche les ont mis en fuite. Une jeune fille a eu les cheveux en feu et souffre de brulures légères.

Les concerts terminés, l’Usine a fermé a 5h du matin et plusieurs membres de l’Usine ont spontanément décidé de rester a l’intérieur du batiment afin d’assurer une permanence.

Dimanche 1er juin.

A 8 h du matin, un petit-dejeuner était organisé sur la place des Volontaires avant le début de la grande manifestation.

Par ailleurs, l’Usine était ouverte au public pour acceder a Indymedia (centre de presse) pour donner des informations tout au long de la journée. Rien à signaler pendant la journée.

En début de soirée, et selon certains membres de l’Usine présents sur le toit, les forces de police auraient dirigés les manifestants vers l’Usine. Des émeutiers étaient encore a l’oeuvre sur la rue du Stand alors que la police commencait a encercler l’Usine

Les membres de l’Usine ont essayé de connaitre les motivations de la police à bloquer les acces a l’Usine et à l’encercler et ont appris par cette derniere que les emeutiers y etaient attendus.

La police est restée sur les lieux pendant plus d’une heure et aurait du constater qu’aucun groupe d’émeutieurs n’était entré dans l’Usine. Au contraire, la place était calme, des gens mangeaient sur les tables disposées sur la place des Volontaires.

Au même moment, des membres de l’Usine etaient postés sur le toit en observateurs. La police a lancé des gaz lacrymogène aux alentours du batiment. Les gens se sont refugiés dans l’Usine.

Trente et un policiers en civils "deguisés" en émeutiers, masques et casques avec pour seule distinction des brassards oranges peu visibles marques "police", ont penetre brutalement et sans sommation dans le batiment, en frappant avec des matraques télescopiques les personnes de l’Usine qui essayaient de chercher le dialogue. Un travailleur de l’Usine a été blessé a la tête par des coups de matraques et a du etre hospitalise.

Les policiers ont envahi le batiment en continuant a matraquer les gens sur leur passage et en cassant les portes et acces fermés a clé, dont celles des ateliers mis a la disposition d’artistes directement par le Département des Affaires Culturelles, situées au 3eet 4e etages. Hormis les portes, très peu de materiel a ete endommage.

Les policiers ont procédé a une selection des gens présents en séparant les genevois des étrangers : verification des indentites et menottage aleatoire. Tout au long de l’intervention, les travailleurs de l’Usine ont tenu au courant par télephone la redaction de la TSR. Une cassette video témoigne de ces evenements.

La police n’a rien trouvé d’illegal incriminant l’Usine et, après l’avoir envisagé, a renoncé a fermer le batiment et a poser des scelles. La plupart des personnes arretees ont ete relachées sur le champ.

Lundi 2 juin

L’Usine poursuit ses activités comme prevu.

Le sommet de l’art interventionniste (SOIA) aura bel et bien lieu les lundis 2 et mardi 3 juin a Forde Art Contemporain.

L’Usine condamne la casse gratuite qu’elle juge proprement inacceptable comme elle condamne la criminalisation du mouvement altermondialiste.

L’accusation portee par Mme Spoerri sur "les milieux de l’Usine" et leurs éventuels liens avec les casseurs est proprement inacceptable.

La déscente violente de policiers deguisés en casseurs cautionnee par Mme Spoerri est proprement inacceptable.

Mme Spoerri a contribué a ternir l’image de l’Usine et ceci est proprement inacceptable.

L’Usine demande sa demission.

Geneve, le 2 juin 2003.


Source/auteur : l’Usine
Mis en ligne le mardi 3 juin 2003, par Frederique
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