Retraites, Unedic, RMA, l’heure est venue.
De grèves reconductibles en
manifs, d’assemblées en occupations, le mouvement en cours s’oppose au
travailler plus pour vivre moins qu’on nous promet. Nous ne voulons pas
travailler plus, nous voulons travailler mieux, sinon préférons ne pas.
Aujourd’hui débutent les palabres destinées à régler le sort des
intermittents du spectacle en divisant, presque par deux, la durée
d’allocation.
Drastique, le MEDEFDT veut boucler mercredi 11 juin. 7 mois
d’indemnisation au lieu d’un an, c’est réduire nos forces vives, nous
acculer coûte que coûte à trouver du boulot, n’importe quoi, nous assigner à
la fabrication de produits dont nous ne voulons pas, dont nous ne voulons
plus.
On veut démanteler le seul régime d’allocations qui prend en compte la
discontinuité de l’emploi vécue par les salariés précaires, ici
intermittents, en payant les périodes chômées. Pas besoin de nier la
spécificité de telle ou telle activité pour constater que la discontinuité
de l’emploi est devenue une évidence partagée par un très grand nombre de
personnes, par delà le secteur de l’industrie culturelle.
Fabriquer du sensible, ce n’est pas poser la question "quel type d’art
voulons nous faire ?" mais "dans quel(s) monde(s) voulons nous vivre ?"
Les décideurs et la fausse contestation invoquent de concert la résurrection
du plein emploi (cf "un emploi pour chacun" cher au nouveau Pdt d’Attac).
Peinons et peinons encore ! Ce mensonge sert l’avancée du Capital sous ses
formes les plus dévastatrices. Ce que vivent les personnes n’a plus rien à
voir avec les décisions prises.
Nous assistons à cette séparation,
brutalisés par un langage comptable qui ne fait référence à rien.
On nous
parle, ici, pour les annexes 8 et 10, de déficit qu’il faudrait combler, or,
les chiffres publiés varient du simple au double et ne disent rien.
L’opacité stratégique dans laquelle nous sommes tenus autorise des discours
réactionnaires, délirants, sur la fraude, le travail illégal, et génère la
délation. Medefsyndicagouvernantmédia s’entendent sur ces points.
Levons les voiles : si les chaînes nationales 1 2 3 et + et leur armée de
prestataires de services peuvent continuer à opérer ouvertement, comme le
font toutes les entreprises privées, c’est qu’ils sont protégés pour
produire les diverses propagandes destinées à nous fabriquer ignorants. Il
ne s’agit pas de nier qu’il faut agir pour stopper des pratiques
scandaleuses. Mais où est le scandale et qui, en réalité, va prendre les
coups et subir les modes de contrôle renforcés ? Les plus fragiles d’entre
nous, n’en doutons pas.
Si, comme les autres travailleurs précaires, la moitié des intermittents qui
cotisent n’ouvrent pas leurs droits, la souplesse relative du fonctionnement
du régime permet encore à beaucoup de l’adapter à nos modes de vie et de
travail. Les mesures envisagées dans le nouveau dispositif de contrôle des
annexes lamineraient tous ceux qui vivent sur la frange. Les intentions
d’assainissement ne sauraient faire oublier que l’horizon proposé c’est la
mise au travail forcé des précaires, de ces oisifs, ces chômeurs qui
profiteraient sans vergogne d’un temps enfin libéré d’un souci de
productivité.
Se prépare donc, parmi d’autres réjouissances, un RMA qui
viendrait mettre fin à ces intolérables réserves de erremistes inactifs. A 2
euros l’heure, sortons de chez nous, allons gonfler les rangs des
exploités.
Nous assistons à la mise en place agressive de mesures et de lois écrasant
nos vies, nos hurlements sporadiques immédiatement couverts de silence,
déchets collatéraux d’une guerre sans merci.
Aujourd’hui je suis très nombreuse et la rue est vaste.
Précaires associés de Paris
Paris, le 3 juin 2003
pap.ouvaton.org
Retrouvailles :
Vendredi 6 juin 11H devant le MEDEF, av Pierre 1er de Serbie M° Iéna. Et
plus si affinités
Mardi 10 à 18 H devant la bourse du travail, 3 rue de Château d’eau, métro
République