Aux antinucléaires libertaires et anarchistes
Le texte ci-dessous n’est en rien une tentative pour « enrôler » dans le Réseau « Sortir du nucléaire » des militants qui n’y sont pas actuellement. S’ils souhaitent rester en dehors, c’est bien leur droit. Mais nous pensons que nous pouvons néanmoins travailler avec eux ou, plus exactement, qu’ils peuvent tout à fait travailler avec nous ! Car, plusieurs textes en attestent, il s’écrit ici ou la des choses qui, si elles étaient exactes, justifieraient effectivement de ne pas faire confiance au Réseau « Sortir du nucléaire ». L’erreur est humaine, nous ne nous formalisons pas de ces inexactitudes, mais nous vous proposons de les rectifier avant, pourquoi pas, d’en discuter sereinement.
Le Réseau « Sortir du nucléaire » croit naïvement pouvoir remplacer le nucléaire par les énergies renouvelables.
FAUX. Nous estimons, documents officiels à l’appui, que la consommation énergétique des pays riches peut être divisée par deux sans même toucher au niveau de confort (ce qu’il faudra d’ailleurs peut-être envisager. Mais commençons par 50%...). A partir de là, le problème est déjà... deux fois moins difficile à résoudre ! Bien entendu, les énergies renouvelables doivent apporter une part substantielle de la production électrique. L’Allemagne en est aujourd’hui, rien qu’avec l’éolien, à l’équivalent de 7 réacteurs nucléaires. Le solaire, la filière bois, la géothermie... toutes ces filières s’ajoutent. Ensuite, la cogénération doit jouer un rôle fondamental. Les centrales au gaz avec récupération de chaleur ont un bilan énergétique excellent pour une pollution modérée. Reste le charbon. Voir ci-dessous.
Le Réseau « Sortir du nucléaire » écarte le charbon alors qu’on ne sortira pas du nucléaire sans lui.
FAUX. Ressource fossile la plus présente sur la planète, facilement utilisable par les pays modestes sur le plan technologique, le charbon va rester encore pendant longtemps une filière très importante de production d’électricité. Nous préconisons que les pays riches financent, dans le monde entier, la modernisation de toutes les centrales à charbon avec les techniques (LFC, GICC) dites à « charbon propre ». Appellation abusive, certes, car ces centrales restent polluantes. Mais leur généralisation - y compris en France - permettrait une réduction sensible de la pollution due aux actuelles centrales à charbon.
Le Réseau « Sortir du nucléaire » se bat seulement contre le renouvellement du parc nucléaire (réacteur EPR) et ne demande pas la fermeture des centrales actuelles.
FAUX. Les deux luttes doivent être menées simultanément. Partout en France, le Réseau continue ses actions contre les centrales actuelles (sans oublier les transports, le retraitement, les projets d’enfouissement, etc.). Nous pensons néanmoins que nous allons devoir mener sous peu une terrible bataille (à laquelle tous les antinucléaires devront participer pour qu’il y ait un espoir de victoire) contre la construction du réacteur EPR. Mais, qui sait, c’est peut-être une victoire contre l’EPR qui nous donnera un avantage décisif pour obtenir la fermeture des centrales actuelles...
Le Réseau « Sortir du nucléaire » demande une sortie du nucléaire en vingt ou trente ans.
FAUX. Le Réseau demande une décision de sortie du nucléaire, autrement dit l’adoption d’un plan de fermeture des centrales nucléaires. En combien de temps ? Excellente question. Réponse : le plus vite possible. Nous disons aussi « en urgence ». Certains nous opposent alors la « sortie immédiate »... tout en reconnaissant que ça ne peut pas se faire en un jour. Cette sortie « immédiate » se présenterait donc sous la forme d’une... décision, suivie d’un plan... le plus rapide possible. Hé bien nous sommes sur la même longueur d’onde ! Alors, dix ans ? Huit ans ? Cinq ans ? Deux ans ? Il nous semble que cela dépendra uniquement... de l’ampleur (et donc de l’unité) de la mobilisation. Par contre, il est possible d’arrêter immédiatement et définitivement une bonne vingtaine de réacteurs (exportations, autoconsommation de l’industrie nucléaire).
Les Verts, qui sont membres du Réseau « Sortir du nucléaire », demandent une sortir du nucléaire en vingt ou trente ans.
EXACT. Mais la Fédération anarchiste, elle aussi membre du Réseau, demande une « sortie immédiate ». Le groupe d’animation du Réseau (administrateurs plus salariés) est lui clairement associatif. Il ne se mêle pas des stratégies de telle ou telle composante du Réseau, il fédère la lutte pour une décision de sortie du nucléaire et sa mise en œuvre la plus rapide possible, en urgence.
Lors de certaines manifestations organisées par le Réseau « Sortir du nucléaire », des représentants Verts sont passés dans les médias.
EXACT. Le Réseau « Sortir du nucléaire » a ses propres porte-parole mais, même lors d’une initiative organisée par le Réseau, il est difficile d’empêcher les journalistes d’aller interviewer X ou Y. Notez d’ailleurs que, si les Verts étaient hors du Réseau, ce serait exactement la même chose, sauf à « bouter » les non-adhérents hors de nos manifs. Or, nous accueillons tout le monde à nos manifs, par exemple les cortèges libertaires et anarchistes (cf 20 octobre 2001, 20 octobre 2002). Leurs positions et analyses sont d’ailleurs relayées, légitimement, dans leurs propres médias. A leur lecture, on pourrait alors inverser l’accusation et soupçonner le Réseau d’organiser des manifs... pour faire le jeu des libertaires et anarchistes ! En fin de compte, le plus sûr pour connaître les positions du Réseau « Sortir du nucléaire » est de ne tenir compte que de ses propres publications et des déclarations ou interviews de ses propres porte-parole.
Cela permet d’éviter des erreurs ou inexactitudes...
A bientôt dans les luttes, dans la diversité mais aussi l’unité, pour enfin se débarrasser de l’aberration nucléaire.