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[don't hate the media... become the media]   12/03/10 - 03:34
[dépêches]
France

Témoignages de manifestant(e)s calaisien(ne)s à propos des violences policières

« L’accès à l’autoroute n’était pas menacé ».
Je ne comprends pas l’obstination à vouloir "faire porter le chapeau" aux manifestants dockers. A la tête du cortège se trouvaient les cheminots suivis des pompiers, des territoriaux, les enseignants suivaient ainsi que les manifestants du privé. Pour ma part, je me trouvais en fin de cortège, précédée des soit disant dockers "dangereux". La manifestation se passait comme d’habitude dans le calme et la bonne humeur.Lorsque les CRS ont lancé les bombes, la fin du cortège était loin du rond point. Si nous n’étions que 4000 personnes, l’accès à l’autoroute n’était pas encore menacé, alors pourquoi avoir lancé ces bombes sans aviser les manifestants ?
A.

« C’est le droit de grève et d’expression qui a été remis en cause ».
« Je suis enseignante et je me trouvais dans la manifestation qui regroupait bien plus de 4000 personnes. Le cortège était en effet beaucoup plus imposant que le précédent , ne serait-ce que parce que d’autres secteurs, tels les pompiers, les cheminots, les dockers, les services santé, Bégin Say... y participaient. Dans cette manifestation somme toute très calme, se trouvaient également des parents d’élèves , des élèves et des enfants en bas âge. Soudain, alors que nous nous trouvions dans la rue très étroite qui mène au carrefour Opel, la tête de cortège a pris la direction de l’autoroute. Les cars de C.R.S qui étaient au nombre de 15 étaient déjà en place. Les forces de police n’ont pas été agressées. Brutalement, des gaz lacrymogènes très toxiques ont été dispersés et bon nombre d’entres nous, y compris les enfants, ont été touchés aux yeux et à la gorge. L’atmosphère était irrespirable. Un de mes élèves, âgé de 11 ans, a mis environ vingt minutes à pouvoir respirer normalement. Qui a envoyé les C.R.S pour négocier ? Ne serait-ce par le Sous -Préfet sous l’ordre de Monsieur Sarkozy ? (...) C’est le droit de grève et d’expression qui a été remis en cause hier à Calais. »
Mme D., enseignante

« Nous étions tous pacifiques »
« La manifestation à Calais a dérappé : pourquoi ? Les 3000 à 5000 manifestants (hommes, femmes et enfants) étaient de bonne humeur. Le défilé s’est déroulé en chanson, comme dans n’importe quelle manif. Pourtant, en arrivant en bas de l’accès à la rocade, les CRS nous attendaient. Alors que les manifestants restaient très calmes, les CRS ont lancé dans la foule des gaz lacrymogènes. Chacun a dû s’enfuir. Les CRS n’ont pas visé juste les 1ère lignes : c’est au milieu de la foule que les bombes sont tombées, blessant plusieurs personnes. Après s’être repliée sur un rond-point, la foule essayait de respirer, de reprendre ses esprits. Un étrange silence régnait, tout le monde était sonné. C’est à ce moment que les CRS ont de nouveau envoyé des gaz. Tout le monde s’est de nouveau enfui. Nous avons pris ceci pour une provocation et cela a renforcé notre colère. Certaines radios évoquent une agression de la part des manifestants. Pourquoi ? Rien de tel ne s’est passé. Nous étions tous pacifiques, à part une poignée de dockers plus déterminée, mais pas dangereuse... »
Anne, enseignante

« Nous ne sommes pas des délinquants »
« Mardi 3 juin. La manifestation de Calais tourne au cauchemar. Noussommes au niveau du ron-point Saint-Pierre, femmes, enfatns, nous chantons en défilant. Les CRS nous tirent dessus avec des gaz lacrymogènes. Les enfants, entre 5 et 14 ans, hurlent, pleurent et vomissent. Qu’avons-nous fait pour être traités comme des délinquants ? »
J.D.

« Pourquoi tant de violence ? »
« Cette manifestation n’a pas dégénéré rapidement. Elle se déroulait très calmement comme d’habitude. Ce sont les forces de l’ordre qui ont eu peur d’être débordées et qui ont lancé les grenades lacrymogènes sans sommation ni discussion sur les manifestants. Le cortège n’a pas eu le temps de se diriger vers l’autoroute. Les CRS ont envoyé leurs gaz sans tenir compte du public de femmes et d’enfants parfois très jeunes qu’il y avait en face. Ils ont envoyé leurs grenades dans les manifestants qui ont été blessés par l’explosion de ces grenades. Bon nombre de personnes et des enfants en particulier ont été traumatisés par une telle violence de la part de gens supposés les protèger... Il est évident qu’après une telle agression les manifestants étaient très énervés. L’incompréhension était réelle. Pourquoi tant de violence alors que la manifestation était très pacifique ? C’est en tout cas ce que j’ai ressenti et ce que bon nombre de personnes qui étaient avec moi ont ressenti aussi.
M.L.


Source/auteur : Infozone_l
Mis en ligne le jeudi 5 juin 2003, par Ludo
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