Confédération Nationale du Travail
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Paris, le mercredi 11 juin 2003.
Violences policières : "pouvoir du peuple" en danger
C’est délibérément que le gouvernement, hier soir, a choisi de franchir une nouvelle étape, celle de la répression violente d’un puissant mouvement social. Plus de 60 interpellations, et de nombreuses comparutions immédiates cet après-midi au palais de justice de Paris. Quoi qu’il advienne, la CNT assumera son rôle de syndicat : elle sera toujours solidaire des travailleurs en lutte, jamais de ceux qui les oppriment ou les répriment.
Quant aux professionnels de l’information, nous ne leurs demandons rien d’autre que de faire correctement leur métier : informer.
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La CNT condamne l’agression policière et la dispersion brutale de la manifestation parisienne dès l’arrivée du début du cortège place de la Concorde, vers 17h, et jusqu’à l’arrivée des derniers manifestants vers 19h30. L’usage massif et injustifié de gaz lacrymogène révèle encore une fois le mépris du gouvernement pour la foule immense de ceux qui réclament le retrait du projet Fillon, et proposent un autre choix de société, basé sur la répartition des richesses produites par les travailleurs.
La police a choisi la logique de l’affrontement et de la répression brutale : les manifestants présents se sont vus repoussés par une pluie de lacrymogène et les canons à eau vers l’Opéra Garnier. Les militants de divers syndicats et diverses professions qui s’y sont réfugiés (en particulier les intermittents, en grève reconductible depuis aujourd’hui, dont le régime d’indemnisation chômage est actuellement en "négociation" - liquidation) ont été victimes d’une violence irraisonnée, de nombreuses interpellations ont eu lieu.
Certains aujourd’hui osent rejeter la responsabilité des violences, qui n’ont atteint que les manifestants, sur les manifestants eux-mêmes. D’autres accusent la "CNT anarchiste" : d’abord, la CNT est une organisation syndicale, se réclamant du syndicalisme révolutionnaire de la CGT des origines et de l’anarchosyndicalisme de la CNT espagnole. Ensuite, et hélas, la CNT est bien trop petite, malgré son développement certain, pour prétendre représenter l’ensemble des travailleurs en lutte victimes hier soir de la répression. Les violences policières ont d’ailleurs commencé alors que notre cortège parisien était encore à Bastille !