J’étais sur la droite de la Concorde lorsque les CRS ont chargé avec des lances à eau les manifestants assis devant le camion.
Je me suis replié tranquillement, pensant passer vers les Champs. Des CRS ont passé les barrières et obligé les gens à se replier vers la rue Royale. Quelques personnes ont pu passer sur les barrières et rejoindre les Champs.
Vers 21h, les CRS ont obligé une partie des manifestants, avec des lances à eau, à prendre la rue Royale afin de finir de vider la place. J’ai alors rejoint le métro Madeleine. La cgt était là, devant la Madeleine, observant sans bouger.
Pierre
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Mardi 10 juin, place de la Concorde. De nombreux manifestants sont encore réunis, progressivement rejoints par les derniers cortèges en provenance de Bastille. Vers 18 heures, certains improvisent calmement un sit-in devant les grilles érigées par les CRS, sur le Pont de la Concorde. Ils se relèvent rapidement, à l’arrivée de nouveaux manifestants. L’ambiance devient un peu plus tendue : quelques cannettes métalliques et bouteilles en plastique vides sont lancées par dessus les grillages, au son de « Raffarin démission ! ».
Vers 19 heures, les CRS envoient sans sommation les premières salves de bombes lacrymogènes. La situation ne cessera ensuite de dégénérer : à plusieurs reprises, les manifestants sont la cible des CRS, qui multiplient les lancés de gaz lacrymogènes, chargent une première fois les manifestants, tentent de les faire reculer à coup de lances à eau.
Vers 19h30, des représentants des « forces de l’ordre » commencent à se déployer à droite des manifestants.
A 20 heures, après de nouveaux jets de gaz lacrymogènes, les CRS encerclent les manifestants et les obligent à se replier vers Madeleine. Beaucoup sont en larmes et exaspérés par ce recours inutile à la force. Vers 20h20, la Concorde est vide.
Les violences policières se poursuivent néanmoins jusque tard dans la nuit, obligeant les manifestants à se réfugier à l’Opéra Garnier. Une trentaine d’entre eux sont interpellés...
Contrairement à ce qu’ont pu affirmer les médias, les victimes de ces violences n’étaient pas des « casseurs » : étaient rassemblés place de la Concorde, des personnels de l’éducation, des parents d’élèves, mais aussi des représentants de diverses professions, cheminots, postiers, intermittents du spectacle, personnels hospitaliers, etc.
La manifestation aurait pu s’achever dans le calme ; le gouvernement en a décidé autrement.
E.W
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Il faut ajouter à cela au moins deux choses :
1) Les gaz lacrymogènes ont été utilisés dès 17h20 environ, quand les barricades des forces de l’ordre ont été secouées (et c’est tout !). Il est à savoir que la police ou les CRS lancent notamment leurs grenades lacrymogènes SUR la tête des manifestants. Pourquoi cette violence gratuite ? L’efficacité et l’utilité d’une grenade lacrymogène réside dans son produit actif et non dans l’objet de violence physique potentielle qu’elle peut devenir. Les forces de l’ordre l’utilisent de la sorte alors que rien n’avait été lancé sur les forces de l’ordre à ce moment.
Plus tard, des bouteilles en plastique vides ou des canettes métalliques vides (dont on connaît la légèreté et donc le peu de dangerosité) ont répondues. La violence policière n’a pas d’équivalent parmi les manifestants, quoique en disent certains médias, qui parlent de casseurs alors que la plupart des journalistes avaient quitté la place de la Concorde à la fin de manifestation !... Cette violence policière est une honte.
2) Les CRS ne laissaient sortir de la place de la Concorde que des personnes munies d’une pièce d’identité dûment montrée et à la condition supplémentaire qu’ils ôtent tout badge ou autocollant syndicaux, ce qui est une atteinte à la liberté d’expression.
Frédéric
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Après l’envoi des premières grenades lacrymogènes vers 17h20, je suis allée discuter avec les journalistes de France Info, et leur ai demandé s’ils allaient en parler. Ils ne m’ont pas répondu sur ce point, l’un me disait qu’il y en avait eu à chaque fois, l’autre m’a soutenue quand j’affirmais que c’était la première fois. J’ai ensuite été frappée d’entendre, depuis le bus qui me ramenait vers mon sud seine-et-marnais, que le gaz avait été utilisé pour disperser la fin de la manifestation. Mais à 17h20, les ballons de la FSU, qui de toute façon se dirigeaient vers la Madeleine, n’étaient toujours pas arrivés. Nos collègues ne nous croyaient pratiquement pas ! Il est ensuite facile aux médias d’informer la population !
Maud
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Après la manifestation, une action à l’Opéra de Paris, où des manifestants se sont rendus en étant repoussés depuis la Concorde (deux, trois centaines, plus ?) s’est conclue malgré un accord de sortie négociée avec la police, par de nombreuse interpellations. La sortie de l’Opéra a été accompagnée de violences policières, coups, matraquages, dont même des spectateurs ont été victimes.
Les interpellations ont été faites, au moins en partie, au hasard. Des témoins ont décrit que la police avait attrapé "ceux qui courraient". Nous avons eu des nouvelles de collègues dont nous connaissons le caractère assez pacifique et qui ne participent pas à toutes les manifestations et encore moins à des actions violentes. Parmi les gens arrêtés : des profs, des emplois-jeunes, des intermitents du spectacles, des étudiants, des militants associatifs...L’Opéra aurait porté plainte pour interuption de spectacle ? ? ?(d’après le comissaire de la caserne Pouchet où les manifestants ont été parqués) et ils auraient été mis en garde à vue. Le nombre pour ce que l’on en connaît, avoisine les 60 personnes (58).
L’AG IdF des établissements et des écoles en lutte a appris ces évènements alors qu’elle se déroulait. Elle s’est fini rapidement pour se rendre en cortège à Opéra. Sur place, cela faisait environ 300 personnes. Les forces de l’ordre, des gardes mobiles qui n’étaient pas loin d’être autant que nous, ont, à l’occasion d’un tout petit mouvement de foule bon enfant, réagi avec coups de pied, et coups de matraques. Ils ont porté ainsi des coups à au moins une dizaine de personnes pour ce que nous avons vu, se mettant à plusieurs et enchaînant les coups, y compris portés en direction de la tête.
Le responsable du dispositif policier à Opéra, nous a dit pour justifier ou expliquer en bloc les interpellations et les coups dont nous mêmes nous venions d’être victimes, qu’il y avait eu de nombreux incidents depuis l’après-midi, dont un grave concernant un journaliste. Comme si des incidents antérieurs, survenus à un autre endroit, impliquant, s’il sont avérés, d’autres personnes, pouvaient justifiés une violence policière dans un autre contexte. Alors que nous ne demandions que des informations sur les interpellations, en restant groupés et calmes, le droit de rester nous a été refusé au nom de la nécessité de "rétablir la circulation"( à 22h) et nous n’avons eu aucune information. Lorsque plusieurs cars "paniers à salade sont arrivés, nous nous sommes repliés sur la place de l’Opéra.
Comme nous avions appris que l’essentiel des interpellés étaient à la caserne Pouchet, nous nous y sommes rendus en manifestation. S’y trouvaient de bonnes troupes de CRS. Nous avons stationnés jusqu’à 2h30 du matin en criant des slogans. Malgré de nombreuses tentatives de délégations, aucune information n’a été donnée et cela sur ordre du parquet qui "ne souhaitait pas communiquer".
Depuis, il y a eu mise en garde à vue (de tous), et ils ont été répartis sur plusieurs commissariats d’après quelques informations que nous avons eu, mais nous ne connaissons pas le détail.
Des avocats essaient de rentrer en contact avec les 58 interpellés.
Jean-Charles
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C’est une opération délibérée de la police pour faire dégénérer la manif ! Dès son arrivée place de la Concorde,les lacrymos sont tombées ! Quant la CGT est arrivée,son service d’ordre s’est interposé le temps que son cortège arrive.Les cortèges ayant été détournés rue de Rivoli,empéchant un sitting massif sur la place. Une fois ce service d’ordre parti, cela a dégénéré avec un mouvement de yo-yo des manifestants, charge des CRS et lacrymos. Puis refuge dans l’Opéra.Pendant ce temps, l’AG des établissements en lutte de l’IDF à été prévenue. Elle repartie sur Opéra où elle fut coinçée par la police .Sitting pendant une heure.Déccrochage des CRS,puis départ vers la caserne Berthier où étaient enfermés nos camarades arrétés.Sitting devant la caserne jusqu’à 2h du matin.
Eric
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Aujourd’hui mercredi 11 juin 2003, dans l’édition de 8h de son journal et à propos des "affrontements" qui ont eu lieu hier en fin d’après-midi entre manifestants et CRS, France Culture affirme que c’est pour "disperser les derniers manifestants" que les CRS ont utilisé des gaz lacrymogènes mais oublie de préciser que des cortèges continuaient d’arriver sur la place de la Concorde plus d’une heure après que ces gaz ont été envoyés sans sommation sur des manifestants pacifiques.
Des lances à eau et à neige artificielle ont aussi été employées par les CRS bien avant que la manifestation ne soit terminée.
Vers 21h les CRS ont chargé les derniers manifestants jusqu’au milieu des voitures qui attendaient rue de Rivoli que la circulation soit rétablie, n’hésitant pas à en coincer certains entre leurs boucliers et les capots des voitures et à gazer les autres sous les yeux des automobilistes. Pour faire bonne mesure, quelques coups de matraque ont été distribués, blessant au visage ou au membre certains manifestants.
D’autre part les soi-disant "casseurs" qui s’étaient "enfermés" dans le palais Garnier et contre lesquels le directeur de l’opéra a porté plainte pour avoir interrompu un spectacle n’étaient autres que des manifestants de professions diverses qui cherchaient à se protéger des gaz, des lances à eau et des coups de matraque, et qui avaient trouvé refuge en ce lieu jusqu’à ce qu’un escadron de CRS les y maintienne par la force tout en venant les matraquer à l’intérieur même du bâtiment.
Des blessés ont été évacués par ambulance Quelques manifestants ont réussi à s’échapper et à alerter les enseignants grévistes d’Ile-de-France réunis en assemblée générale à la Bourse du Travail, lesquels ont décidé de se rendre à l’opéra pour demander la libération de leurs camarades.
Ils ont été encerclés rue de la Paix et bloqués de 22h à environ 23h20 par des cordons de CRS pendant qu’une cinquantaine de manifestants réfugiés dans l’opéra se faisaient dans des camions de police et étaient emmenés à la caserne de la porte Pouchet, boulevard Bessières, dans le 17ème arrondissement et que des blessés étaient évacués par les pompiers.
Les CRS ont ensuite rompu les cordons de la rue la Paix et le groupe d’environ 200 manifestants et grévistes solidaires s’est constitué en cortège qui a défilé de l’opéra jusqu’à la caserne pour continuer à demander la libération de leur camarades.
Vers 1h30 du matin une voiture de police banalisée, immatriculée 4025SR94, a délibérément foncé dans le regroupement qui s’était formé à 00h20 devant la caserne, renversant un manifestant qu’il a fallu évacuer par ambulance.
Malgré nos demandes réitérées durant deux heures aucune information ne nous a été communiquée en dehors du fait que nos camarades étaient placés en garde à vue et individuellement.
Faites circuler l’information, contactez les médias, Amnesty International, le syndicat de la magistrature et vos organisations syndicales afin que ceci ne soit pas étouffé.
Anonyme