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[don't hate the media... become the media]   21/03/10 - 05:06
[dépêches]
France

Opéra-Garnier : Manifestation - Expulsion - Garde-à-vue


- je m’eforce de faire un récit bref (vue l’heure), simple, essentiel et objectif, sans tenir compte de ma position personnelle dans cette affaire ; la dernière partie correspond à ce à quoi j’ai pu assister, après notre dispersion.
- sans montre, fatigué, la notion du temps est approximative.
- en ce qui concerne l’opéra, les notions de droite/gauche s’entendent face à l’Opéra, l’avant correspond à la facade, l’arrière au fond du bâtiment.
- j’emploie le masculin, pour simplifier, même s’il y avait une dizaine de manifestantes parmis les personnes interpellées.

REFUGIES A L’OPERA

Poursuivis à grande vitesse par des CRS et les canons à eau sur tout le Boulevard des Capucines, de nombreux manifestants (200 ?) se sont spontanément réfugiés dans l’Opéra. Ceux-ci semblent être restés vers le hall et l’escalier central. Aucune dégradation n’était observable, ni aucune violence.

Les personnes présentes provenaient de tous groupes de manifestants, tous horizons sydicaux ou professionnels. Ceux-ci chantaient ou criaient des slogans, sous le regard ou les quolibets des spectateurs du spectacle interrompu, et le personnel de l’Opéra (pompiers, sécurité,...) allait et venait, dans une ambiance de cohabitation plutôt détendue.

Une demie-heure ( ?) plus tard, certains manifestants ont pu observer que les spectateurs commencaient à être évacués par l’arrière gauche de l’Opéra, sur les indications du personnel, et sous l’impuissance des manifestants qui, ne pouvant rien y faire, ne s’y opposaient pas. Peu de temps après, des CRS se sont introduits dans le hall de l’Opéra pour expulser les manifestants.

EXPULSES SANS DELICATESSE

L’essentiel des manifestants réfugiés à l’Opéra se trouvaient dans le hall d’entrée. Des CRS en tenue et casqués sont arrivés, dans le hall, par l’arriere gauche, et se sont rapidement approchés. Parms eux se trouvait, au premier rang, une personne en civil.

Ils nous ont repoussés très fermement, par les coups, vers la droite du hall. Quelques manifestants qui ont tenté de s’asseoir ont été forcés de se relever à coups de pieds et de matraques. Les manifestants ont été violemment repoussés à la droite du hall, contre la ’Boutique de l’Opéra’ dont on a entendu les vitres se briser sous le choc. Les manifestants ont alors essayé de sortir par la porte de facade droite, toujours sous la pression et les coups de la police.

Une fois dehors, les manifestants étaient interpellés, plaqués au sol et parfois frappés par d’autres CRS. Ils ont ensuite été placés dans un bus de la police, puis évacués.

GARDE A VUE COLLECTIVE

Les (48 ?) manifestants interpellés vers 22h30 ont été transférés en bus au 46 bd Bessières ( ?), Paris 17e. Ils ont alors été rapidement fouillés, puis regroupés dans une salle, sous surveillance, après avoir décliné leur identité, adresse et appartenance syndicale ou politique. Après que quelques autres manifestants (13 ?) les eurent rejoints, deux d’entre eux ont été appelés, et ne sont plus revenus.

Vers 2h00, Les manifestants ont été appelés individuellement, et se sont vu notifier leur garde à vue, pour "violence en réunion et dégradation de bien public". Ils ont indiqué, s’ils le souhaitaient, les coordonnées d’un avocat et d’une personne à prévenir, et ont pu demander à voir un médecin. Les manifestants ont ensuite été regroupés dans une salle, sans autre information. Ils ont alors eu la possibilité de se rendre aux toilettes et de boire.

Au cours de la nuit, certains d’entre eux ont pu voir un avocat. Aucun médecin n’a été proposé. Aucune déposition n’a été prise.

Le lendemain matin (8h30 ? ?), les manifestants ont été dispersés dans divers commissariats, par petits groupes.

DISPERSION

J’ai quitté le site de la garde à vue collective avec un groupe d’une douzaine d’autres manifestants. Je suis descendu, avec deux d’entre eux, dans un petit commissariat de Paris. La fouille a été complétée, puis nous avons été regroupés dans les cellules, où nous avons retrouvé d’ autres manifestants, interpellés ailleurs qu’à l’Opéra.

Nos dépositions ont été prises entre 10 et 11 heures. Nous avons enfin pu voire un médecin vers 13 heures, et notre avocate entre 14 et 15 heures. Ce n’est qu’après cette visite qu’on nous a proposé de manger, sur nos fonds personnels. Le personnel du commissariat que nous avons cotoyé était plutôt agréable.

Nous attendions, sans aucune information, dans les cellules sales et détériorées de ce commissariat, quand nous avons pu être libérés de cette garde à vue vers 17 heures 30. Nous pouvons être convoqués dans les jours/semaines/mois à venir, selon la suite que le procureur veut donner à l’affaire.

Les manifestants que nous avions trouvé à notre arrivée dans ce commissariat y étaient encore à notre départ.

ANNEXE

Ayant personnellement subi des violences lors de l’expultion de l’Opéra, je suis intéressé par toute photo/film de cette expulsion et de l’interpellation qui a suivi sur le parvis.
- > splash@altern.org


Source/auteur : Splash (première publication sur Indymedia)
Mis en ligne le jeudi 12 juin 2003, par Splash
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