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[don't hate the media... become the media]   08/10/08 - 04:50
[dépêches]
France

Procès Youssef Khaif : permis de tuer !

Dans la nuit du 8 au 9 juin 1991, à Mantes-la-Jolie, un brigadier de police abat d’une balle dans la nuque un jeune Français prénommé Youssef. Il n’y a pas de situation de légitime défense, puisque la victime se trouve à quelque cinquante mètres du tueur. On évoquera donc « l’état de nécessité. » Véritable permis de tuer.

Dix ans plus tard, le procès s’est déroulé devant la cour d’assises de Versailles, les 26, 27 et 28 septembre. Décor : plus de 250 mètres de chevaux de frise autour d’un palais de justice en état de siège, des dizaines de véhicules de police et de très nombreux fonctionnaires sur le qui-vive. Dans la salle d’audience, la présidente du tribunal fait surtout le procès de la victime, et tient des propos méprisants à sa famille et à ses amis. Dans le vestibule, des policiers maîtres-chiens…

Le portrait du meurtrier démontre, s’il en était nécessaire, que n’importe quel policier peut devenir l’auteur d’une bavure, dès lors qu’il lui suffit de porter la main à la ceinture pour dégainer son arme de service. Le commissaire, supérieur de l’accusé à l’époque des faits : « On ne peut que se féliciter de son attitude. Il a toujours fait preuve de calme et de sang-froid. C’est un fonctionnaire plein de maîtrise. » Un collègue ajoute : « Il savait calmer le jeu. Je ne l’ai jamais vu avoir peur. »

Comment condamner un homme tellement attachant, qui ne tue qu’en « état de nécessité » ? Le procureur ne pouvait que demander une peine de prison, avec sursis, « pour le principe. » C’était encore trop pour un jury, sous pression de la présidente, qui décide d’acquitter le tueur.

Mais que vaut la vie d’un jeune de banlieue qu’un policier peut tout à loisir tirer comme un moineau ? Quand se résoudra-t-on à retirer le permis de chasse à ces policiers, dignes héritiers de leurs anciens du 17 octobre 1961, pour qui la guerre d’Algérie n’est toujours pas terminée ?

Observatoire des libertés publiques
comprenant le service de Que fait la Police ?
7 / 9, Passage Dagorno, 75020 Paris


Mis en ligne le lundi 1er octobre 2001, par Anonyme
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