Il ne faut pas renoncer au devoir de défendre les droits de l’Homme au nom de la globalisation. Voici le message qu’Amnesty International a lancé hier en présentant le Rapport 2001, qui ajourne chaque année l’opinion publique mondiale sur l’état des droits de l’Homme presque partout dans le monde.
Les 650 pages du document offrent une véritable radiographie de la situation en montrant du doigt presque tous les Etats pour leurs pratiques sanctionnées par la loi, comme la peine de mort, ou bien ouvertement illégales, comme les assassinats de citoyens innocents soupçonnés d’avoir commis des crimes, ou d’opposants politiques, parfois également torturés dans les prisons. « Nous ne demandons pas aux Etats de s’opposer à la globalisation mais de créer les instruments en mesure de freiner leurs effets négatifs » a souligné M. Daniele Scaglione, président de la section italienne d’Amnesty, qui fête cette année ses quarante ans de lutte contre les violations des droits de l’Homme.
« L’époque de la globalisation économique est une époque de grande expansion mais c’est aussi une époque d’endettement, de pauvreté et d’inégalité croissants », a ajouté Scaglione. « Dans le monde, le mouvement pour la défense des droits de l’Homme – stigmatise le rapport d’Amnesty – est plus fort que jamais et la société civile se développe un peu partout. Malgré cela, la torture, la peine de mort et les violations des droits les plus élémentaires de la personne ne semblent pas diminuer : en 2000, 149 Etats ont commis des violations des droits humains et 150 se sont rendus responsables de tortures et de mauvais traitements des détenus.
Des « actions spéciales » ont été menées par Amnesty pour faire face à des situations d’urgences, comme cela a été le cas pour la Sierra Leone, où elle s’est mobilisée pour protéger réfugiés et déplacés, en dénonçant l’utilisation courante d’enfants soldats dans le conflit et la nécessité d’empêcher le trafic d’armes et de diamants sierraléonais, servant à financer les armes achetées par les rebelles.
Amnesty International est essentiellement connue pour son combat contre la peine de mort, qui est resté l’an passé l’apanage quasi exclusif des cinq pays qui l’appliquent plus que tous les autres : Chine, Arabie Saoudite, Etats Unis, Iran et Irak. Quatre-vingt-huit pour cent des 1.457 exécutions enregistrées par Amnesty en 2000 ont eu lieu dans ces cinq pays. Les peines de mort prononcées ont été au nombre de 3.058 dans 65 Etat mais il ne s’agit là que des cas connus par Amnesty ; les chiffres réels sont certainement plus élevés, affirme le rapport.
En matière de droits de l’Homme, la situation est particulièrement grave en Arabie Saoudite, où le secret et la peur pénètrent tous les aspects du système judiciaire pénal, facilitant « les violations des droits humains, y compris l’arrestation arbitraire et la détention à durée indéterminée, la torture ». Le rapport fait clairement comprendre que le respect de la justice représente une vraie garantie pour les processus de réconciliation.
En Algérie par exemple, « la violence continue, même si c’est à un niveau réduit ; depuis le début de l’année 1999, près de 200 personnes sont tuées chaque mois ». Au Zimbabwe en revanche, « l’amnistie pour les crimes politiques commis entre le 1er janvier et le 31 juillet 2000 a protégé de nombreux responsables de graves violations, y compris de tortures et de mauvais traitements ».
Les violations des droit de l’homme ne concernent pas seulement les pays du sud du monde, mais également les pays industrialisés. L’Italie par exemple, selon Amnesty, fait à nouveau partie du groupe de la grande majorité des pays - 150 sur environ 200 – accusés de mauvais traitements des détenus et d’autres violations.