Les politiques agricoles mondiales, associées au modèle social et économique néo-libéral, produisent la faim et l’insécurité alimentaire et nous portent dans un monde fait de tensions sociales et de conflits où la guerre est utilisée pour conserver et renforcer l’état actuel des choses.
La production alimentaire, l’équité de sa distribution, l’utilisation du territoire sont des contenus centraux pour la démocratie et la construction d’un monde juste, sans pauvreté, sans femmes, enfants et hommes affamés, sans conflits.
C’est l’intérêt de tous d’avoir un système agricole produisant une alimentation sûre, valorisant le territoire, permettant la reproduction des ressources et leur diversification, plein de vitalité et où de nombreux hommes et de femmes travaillent dans un système social garantissant à tous l’accès aux ressources.
Pour cela, il est indispensable de créer une alternative au modèle agricole cherchant de s’imposer sur le plan planétaire, se basant sur une fureur productiviste et produisant insécurité alimentaire, faim dans le monde, désertification et appauvrissement de territoires entiers. L’alimentation n’est pas une marchandise, le travail de la terre a une fonction sociale.
Dans l’intérêt de tous les paysans, de leur santé, de leur territoire, de la justice sociale, nous voulons une agriculture où prévaut le travail sur les investissements ; nous sommes contre la privatisation des ressources, des semences, de l’eau ; nous sommes contre ceux qui voudraient imposer un goût unique, homogène, une alimentation stérile comme instrument pour renforcer les monopoles des multinationales de l’agroalimentaire ; nous sommes contre la tentative de manipuler la vie et les ressources agricoles au gré de techniques transgéniques.
Nous voulons une agriculture ayant une dimension sociale, basée sur le travail, sur la solidarité entre producteurs et consommateurs mais aussi entre régions et paysans du monde entier ; sinon les régions les plus riches et les systèmes agricoles les plus forts mettront en danger la vie des autres. Cette logique n’a aucun avenir, au contraire, elle contribue à préparer les conditions à la guerre.
Nous voulons une agriculture assurant un juste revenu aux agriculteurs et produisant une alimentation sûre et saine, à un juste prix, dans un territoire à protéger afin que nous puissions le céder aux générations futures dans des conditions meilleures de celles que nous connaissons aujourd’hui, dans un monde où la guerre, peu importe comment on veut l’appeler (acte terroriste, guerre humanitaire ou justice infinie) soit éliminée de l’histoire.
Pour cela, nous sommes contre les choix de politique agricole et alimentaire mondiale dont la politique européenne est la principale responsable en produisant crises alimentaires et de production non seulement daans le Sud du monde mais aussi chez nous. Chaque jour en Europe, six cents exploitations agricoles cessent leur activité ; dans quatre ans, sept cent cinquante mille travailleurs agricoles italiens courent le risque de disparaître : ce sont les effets des choix invitant à la libéralisation économique qui transforment l’alimentation en risque, pour qui a les moyens de l’acheter, et en cauchemar, pour qui n’a pas les moyens et connaît donc la faim.
Pour cela, nous nous mobilisons contre l’Omc et pour un changement radical dans les choix de politique agricole afin qu’ils soient discutés au sein de la Fao, pour revendiquer avec force une autre agriculture. Pour que soit enfin reconnu, à chaque pays et à chaque peuple, le droit fondamental à la souveraineté alimentaire il est impératif que les questions liées à l’agriculture et à l’alimentation soient exclues des choix irresponsables des soit-disant grand de ce monde et des intérêts antidémocratiques et anti-populaires se cachant derrière les réunions de la Banque mondiale, du Fmi ou de l’Omc ou encore derrière l’utilisation d’actes de terrorisme, derrière des armées prêtes à partir en guerre contre tous conflits et tensions.
Pour cela, nous appelons l’ensemble du monde agricole, les structures organisées et les individus, les travailleurs de la terre, salariés et indépendants, les techniciens, les salariés de la filière agro-industrielle de distribution à nous rejoindre. Pour ouvrir, avec tous les citoyens, une nouvelle saison de lutte pour la terre, l’alimentation, la démocratie économique et sociale.
Pour cela, nous demandons à tous les citoyens, les forces sociales démocratiques, syndicales et politiques, de descendre dans la rue pour dire avec force et tous ensemble qu’un autre monde est possible.
Altragricoltura - Foro Contadino - Coordinamento Nazionale
Traduction Ludovic Prieur