La protestation des employés de la compagnie Air Afrique s’accentue dans tous les pays africains où elle est présente. Hier, des manifestations organisées par le comité intersyndical du personnel de la compagnie se sont tenues dans plusieurs capitales.
Un cortège de 500 personnes, presque toutes affiliées au Syndicat unique des transports aériens du Sénégal, a parcouru les rues de Dakar. Une délégation a ensuite remis une lettre demandant de résoudre la crise de la compagnie au siège de la Banque Mondiale de la capitale. Selon la Banque Mondiale, ont déclaré les syndicalistes, deux solutions sont envisageables : la liquidation de la société ou bien sa forte réduction.
A Bamako (Mali), une manifestation du personnel d’Air Afrique a sévèrement contesté la stratégie de la Banque Mondiale, en critiquant surtout le projet de « privatisation sauvage » qui est en cours. Depuis 1993, Air Afrique connaît une grave crise financière due à une accumulation de dettes (plus de 442 millions de dollars, près de 3.5 milliards de francs), au gel des crédits bancaires et aux nombreuses actions légales intentées par les créditeurs.
Depuis le mois de janvier, l’administrateur provisoire est l’Américain Jeffrey Erickson. Il est chargé d’accomplir une restructuration financière et opérationnelle de l’entreprise en vue de sa privatisation, qui devra avoir lieu d’ici 14 mois. La compagnie, constituée par la Convention de Yaoundé (Cameroun) au début des années 60, est une compagnie publique à laquelle adhèrent onze pays (Bénin, Burkina Faso, Congo-Brazzaville, Côte d’Ivoire, Mali, Mauritanie, Niger, République Centrafricaine, Sénégal, Tchad et Togo), détenteurs de 68,44 pour cent des actions.
La compagnie Air France en détient 11,84 pour cent, l’Agence française pour le développement (Adf) 8,87 pour cent et le reste appartient à de petits actionnaires tels que la Banque de développement de l’Afrique occidentale.