Act-Up Paris, Health GAP Coalition
Communiqué de presse
13 Nov 2001
(Doha, Qatar) - Menée par les pays africains, une coalition de plus de 80
pays en développement, représentant une majorité des membres de l’OMC, ont
contraint les pays développés à faire différentes concessions, en dépit des
pressions exercées par les Etats-unis, l’Union Européenne, le Japon et la
Suisse pour diviser leur groupe.
Il est ainsi reconnu que « chaque membre [de l'OMC] a le droit d’accorder des
licences obligatoires et la liberté de déterminer les motifs pour lesquels
de telles licences peuvent être accordées. » Un pays qui recourt a une
licence peut donc librement produire ou importer des versions génériques de
médicaments sous brevet.
Mais la déclaration sur la Santé publique qui a émergé après trois jours de
négociations est loin d’avoir répondu a la majorité des attentes des pays en
développement.
« Les pays en développement sont venus a Doha pour obtenir une déclaration
claire sur le caractère prioritaire de la santé publique et de l’accès aux
médicaments face aux intérêts commerciaux des multinationales
pharmaceutiques » a déclaré Asia Russel de Health Gap Coalition. « Mais,
l’opposition d’une minorité de pays riches a finalement empêche une
formulation juridiquement contraignante de cette déclaration. »
De la même façon, les pays développés ont refusé que la déclaration statue
sur la question cruciale de l’accès aux médicaments récents et futurs pour
les pays sans capacités de production. Ces traitements, qui sont ou seront
brevetés dans les pays producteurs de génériques tels que l’Inde ou le
Brésil, doivent pouvoir être exportés dans les pays les plus pauvres. Mais,
en raison de l’opposition des pays riches, la réunion de Doha n’a pas donné
la moindre garantie que cela soit possible.
« Les pays riches et les compagnies pharmaceutiques refusent que soient
remis en question les monopoles de brevet dans les pays dépourvus de
capacités industrielles. La déclaration de Doha ne lève pas cette barrière.
La majorité des malades du sida, et la majorité des malades en général,
vivent dans ces pays ; l’exportation à partir des pays émergeants est donc
absolument nécessaire », explique Gaëlle Krikorian d’Act Up-Paris. « Or, si
la Déclaration des Ministres du Commerce reconnaît l’existence du problème,
les pays riches ont entravé une prise de position indispensable. »
Les pays en développement souhaitaient une clarification de la part de l’OMC
sur la question des accords TRIPS à fin de se protéger d’éventuelles
sanctions et autres pressions de la part des pays riches en représailles a
la mise en place de mesures nationales - telles que des licences
obligatoires - qui permettent de contourner les monopoles de brevet sur les
traitements contre le sida et les autres médicaments essentiels. « Désormais,
les pays qui appliqueraient des pressions ouvertes ou des sanctions
bilatérales contre des pays pauvres cherchant à améliorer l’accès aux
médicaments devront subir la condamnation des Membres de l’OMC, dans la
mesure ou de telles actions iront a l’encontre de l’accord pris a Doha. »
« La réunion de l’OMC à Doha ne met pas fin à la bataille des pays pauvres
pour accéder aux médicaments » a déclare Sharonann Lynch. « Contre la pression
des pays riches et des compagnies pharmaceutiques le combat doit continuer à
fin de terminer le travail inachevé lors de cette conférence – des millions
de vies sont en jeu. Nous demandons que l’OMC clarifie lors de la prochaine
réunion du Conseil de TRIPS le fait que rien dans l’Accord sur la propriété
intellectuelle ne doit entraver l’exportation de médicaments abordables. »
Contact presse :
Gaëlle Krikorian, Act-Up Paris +33 609 177 055
Asia Russell or Sharonann Lynch, Health GAP Coalition
+1 267 475 2645