Deuxième grève des plateaux pour le prisonnier politique breton Alain
Solé, actuellement à la maison d’arrêt de Fresnes. Il entend par ce
moyen protester contre le manque de suivi médical dont il est l’objet
alors même qu’il est gravement malade.
Rappelons qu’Alain Solé, alors diabétique chronique, a été incarcéré
en octobre 1999. Faute de soins appropriés, il est en prison, devenu
insulino-dépendant au point de faire un coma diabétique. Ballotté
entre la maison d’arrêt de Villepinte et l’hôpital des prisons de
Fresnes, ne recevant jamais de manière suivie les contrôles et les
soins indispensables au suivi de son diabète, il a été conduit au
désespoir au point de commettre, le 24 mars dernier, une tentative de
suicide.
Il a alors été transféré à la maison d’arrêt de Fresnes, proche de
l’hôpital pénitentiaire. Mais cela ne semble pas améliorer en quoi
que ce soit les soins qu’il est censé recevoir. Il n’a été vu par un
médecin qu’au bout d’un mois de détention dans cette maison d’arrêt.
Il n’a pas de Dextron, indispensable à la mesure de son sucre trois
fois par jour, alors qu’il l’avait à Villepinte. Pour ces trois
contrôles quotidiens, il est donc contraint de se rendre à
l’infirmerie où, comme tous les autres détenus, il doit attendre
debout entre 45 minutes et une heure avant d’être reçu par le
personnel médical.
Il n’est pas le seul dans ce cas. La division où il se trouve
n’accueille que des malades, l’ambiance y est catastrophique,
certains malades sont dans des états pitoyables.
Rappelons que les ministres concernés, et notamment Marylise
Lebranchu, ministre de la justice, ont été à de nombreuses reprises
alertés sur l’état de santé d’Alain Solé. Marylise Lebranchu répond
systématiquement, contre le témoignage même de l’intéressé, qu’il
reçoit les soins nécessaires.
Une tentative de suicide, deux grèves des plateaux, des témoignages
multiples sur l’insuffisance des soins apportés à un diabétique
grave, l’attestation d’un médecin pénitentiaire selon laquelle son
état de santé est incompatible avec la détention : que faudra-t-il de
plus aux autorités pénitentiaires, judiciaires et politiques pour se
convaincre que la situation d’Alain Solé est dramatique et réclame
une solution d’urgence ? N’oublions pas que ce détenu « provisoire »,
comme les six autres prisonniers politiques bretons, est censé
bénéficier de la présomption d’innocence. Et comme tout être humain,
il a le droit au respect de sa santé.
Skoazell Vreizh en appelle à l’opinion publique, puisque tous ses
appels aux administrations et politiques concernés demeurent vains,
pour que Alain Solé bénéficie enfin, d’une manière régulière et
cohérente, des soins exigés par la gravité de sa maladie. Si l’état
de santé d’Alain Solé s’aggrave encore, le pire est à redouter.
Skoazell Vreizh - Secours Breton
Le 26 mai 2001