Le collectif pour la régularisation - CPR 69 - dénonce la multiplication des tracasseries et provocations policières au foyer SNCF du 21, rue Lalande où logent les sans-papiers depuis le 4 janvier.
Il y a deux jours, dèjà, à 6h du matin la police est venue sonner à la porte : pour rien ! ? Ce soir mardi 8 janvier, vers 22h30 jusqu’à 23h, plusieurs voitures de la BAC (brigade anti criminel) sont intervenues avec l’intention de pénétrer dans le foyer et de contrôler les sans-papiers. Les sans-papiers se sont enfermés et deux d’entre eux sont sortis pour demander des explications. Pendant ce temps le soutien est arrivé.
Aux demandes d’explication, les gens de la BAC ont demandé aux sans-papiers qui ils étaient, comme si la police ne savaient pas qui étaient dans ce foyer et pourquoi ils étaient là. Ensuite, ils ont déclaré qu’ils pouvaient rentrer comme ils voulaient et tout casser. Les sans-papiers leur ont rappelé qu’ils ne rentraient pas comme ils voudraient et qu’ils ne les laisseraient pas faire n’importe quoi. La BAC a alors pretexté que des voleurs de portable s’étaient introduits dans le foyer. Les sans-papiers ,calmement, n’ont rien cédé.
Devant tout ce vacarme provoqué par la BAC, un habitant du quartier est intervenu pour leur signifier que le quartier était calme et qu’il n’y avait pas de voleur ici. La BAC lui a rétorqué qu’ils étaient là pour protéger les gens, que cette personne couvrait les voleurs et lui ont demandé de dégager.
Après une bonne demi-heure et devant la volonté des sans-papiers et du soutien qui arrivait de ne pas les laisser pénétrer, la BAC est repartie. Une heure plus tard, une autre ronde a eu lieu, histoire de montrer qu’ils étaient encore présents.
Le Collectif pour la Régularisation tient à dénoncer ces provocations et intimidations de la police envers les sans-papiers. Le collectif ne cédera ni à la provocation, ni à l’énervement. Le seul combat du collectif reste la régularisation de tous. Nous avions déjà pu constater l’attitude de la police lors de la manifestation devant la préfecture du 30 octobre 2001 où deux de nos camarades ont été embarqués et inculpés de "résistance violente" alors que nous manifestions pacifiquement.
Non Monsieur le Préfet, ce n’est pas en intimidant et provoquant les sans-papiers, ou en les faisant arrêter et inculper lâchement que la situation se règlera. Nous demandons que cessent ces pratiques et provocations. Qu’au lieu de tout ceci, la Préfecture engage de réelles négociations.
Nous appelons à la vigilance et au soutien.
Lyon le 08/01/02, le CPR 69 - Collectif Pour la Régularisation.