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[don't hate the media... become the media]   08/08/08 - 20:41
[dépêches]


Il n’y a pas de capitalisme à visage humain

Les dizaines de milliers de salariés licenciés ou menacés (Lu/Danone, Marks & Spencer, AOM/Air Liberté, Péchiney, Motorola, Valeo...) vivent une situation absurde : ils sont confrontés à la précarité alors que les entreprises, et surtout les grandes, n’auront jamais été aussi riches. Lorsqu’on a construit sa vie autour d’une ville, créé des liens sociaux, travaillé pendant parfois plus de vingt ans pour une boîte, comment accepter de tout balayer pour satisfaire l’avidité de quelques actionnaires ? Sans riposte large, le MEDEF, l’Etat et autres capitalistes (actionnaires...) vont également faire passer une refondation sociale qui annonce des lendemains bien tristes : flexibilité accrue, retraites incertaines pour les plus pauvres, retour au travail forcé avec le PARE, casse des solidarités au sein des entreprises avec le système de primes... Face à cela, la gestion de la gauche plurielle n’offre aucune garantie ; elle est au mieux impuissante politiquement, au pire complice (voir l’attitude du PS au sujet de la refondation sociale).

Ne plus lier les conditions de vie à l’emploi

Pourtant cette situation, gravissime par maints aspects, ouvre des perspectives de rupture essentielles. La lutte pour la réduction massive du temps de travail comme le combat pour l’obtention d’un revenu garanti laissent enfin imaginer une société où les conditions d’existence ne seraient plus liées à l’emploi. Satisfaire à nos exigences reviendrait à rendre au travail la place qu’il aurait toujours dû garder, celle d’une activité parmi d’autres, servant à produire les richesses nécessaires à la vie sociale et à assurer les services publics gratuits (logement, électricité, transports, santé, éducation...). Travailler beaucoup moins, assurer une redistribution équitable des richesses, gagner du temps libre pour faire ou refaire sa vie, se rencontrer ou questionner notre époque. Le champs des remises en cause est vaste, mais dès aujourd’hui nous pouvons obtenir gain de cause sur quelques avancées et inverses le cours du "désastre". Tout est une question de rapport de force. Il s’agit de faire le maximum de liens entre chômeurs, précaires et salariés. Surtout éviter des incompréhensions qui amèneraient à une division entre ceux qui subissent les conséquences du capitalisme mondialisé. Au lieu d’être un facteur de division des classes, instaurer un revenu garanti à hauteur du SMIC obligerait les entreprises à proposer des salaires très attractifs afin de pouvoir continuer leurs activités.

Nous revendiquons :

- Un Revenu garanti, au mimimum équivalent au SMIC, pour toutes et tous, avec ou sans papiers : afin de déconnecter le revenu d’emplois de plus en plus dégradants, précaires et mal payés

- La gratuité des services essentiels : Santé, Éducation et transports doivent être accessibles et gratuits pour chaque individu. Les moyens de production doivent être réorientés dans ce sens, sur la base d’un travail partagé entre tous et toutes. Trente heures hebdomadaires au service de la collectivité, partagé entre une rotation des tâches mécaniques et le respect des spécialités de chacun, suffiraient à faire tourner la société !

- L’accès à une formation permanente de qualité, choisie par les salariés eux-mêmes : au XXIème siècle, il est inadmissible, au vue des richesses produites, d’être obligé de faire des tâches mécaniques tout le long de sa vie. Un salarié doit pouvoir (re)prendre des études tout le long de sa vie, que se soit pour se former ou plus largement pour s’émanciper.

No Pasaran
21 ter, rue Voltaire 75011 Paris
Tél : 06 11 29 02 15


Source/auteur : No Pasaran
Mis en ligne le mercredi 6 juin 2001, par Pedro
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