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[don't hate the media... become the media]   05/07/08 - 20:23
[dépêches]
France

Séte : Un cargo, 14 marins, un étrange armateur...

Immobilisé depuis le 28 Décembre dernier dans le bassin Orsetti du port de Séte, le Star 1 Cargo battant pavillon St Vincent et Grenadines est un exemple typique de la réalité du monde maritime actuel.

Il est aujourd’hui retenus par les Affaires maritimes après une visite a bord où une quarantaine d’infractions ont été relevés.
Construit en 1969, ce navire est la propriété de la compagnie Dream sea Ltd basé dans les Antilles et serait géré par un armateur tunisien accompagné par un mystérieux homme grec (probablement le véritable armateur).

L’équipage composé de 14 marins de 5 nationalités différentes ( Inde, Tunisie, Egypte, Grèce, Tanzanie) a décidé de refuser d’en décharger la cargaison.
Le montant des salaires impayés s’élève à 42631 dollars soit 38368 euros.
Huit des marins ne possèdent aucun contrat de travail, aucun des contrats possédés par les autres membres d’équipage n’est conforme au droit international. Les marins se plaignent d’avoir dû verser des commissions à des " marchands d’hommes " pour pouvoir embarquer. Elles atteindraient selon leur avocat jusqu’a 3000 dollars.

A bord les salaires s’échelonnent de 150 à 2500 dollars.
L’association "les amis des marins" a dès les premiers jours dû distribuer des couvertures à l’équipage qui manquait de tout et s’assurer que deux des marins malades puissent recevoir des soins.
Le consignataire du navire qui en avait la charge durant son escale à décider de se retirer, intéressé par les opérations commerciales mais refusant sa responsabilité concernant l’équipage.
Les frigos sont vides et c’est désormais "les Restos du cœur " qui ont été appelés à la rescousse pour permettre a l’équipage de se nourrir.

Sur place à Séte pour négocier avec l’armateur présent dans le port, le coordinateur ITF International Transport worker Fédération.
Après plusieurs rencontres les négociations ont été interrompues.
Le navire est chargé de 600 tonnes de gypse et de 150 tonnes de cuivre que l’équipage refuse de voir décharger avant le règlement des arriérés de salaires.

Un risque plane désormais sur la résolution de ce cas de conflit du travail : que comme en 1991 dans le port de Lorient concernant le cargo Aghios Karalambos, des hommes de main de l’armateur n’expulsent l’équipage et que le navire ne prenne la fuite dans la plus totale indifférence des autorités.

Sur place ITF, le "collectif Marins abandonnés Séte", "les amis des marins" et l’avocat de l’équipage multiplient les démarches pour qu’une juste résolution survienne dans les meilleurs délais.

Olivier Aubert pour le collectif Marins abandonnés.


Source/auteur : le collectif Marins abandonnés
Mis en ligne le jeudi 17 janvier 2002, par Ludo
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