La Confédération des Etudiants-Chercheurs (CEC) appelle l’ensemble des doctorants et des personnels des laboratoires de France à manifester devant le ministère des finances le 7 juin à 16h00. Soutenue par une petition ayant recueilli quelque 13000 signatures, la CEC réclame la revalorisation de l’allocation de recherche de 20%, ainsi que des conditions de travail décentes pour tous les doctorants.
A l’heure où la recherche et l’innovation sont les moteurs de la croissance, les doctorants estiment que leur travail n’est pas reconnu à sa juste valeur. En effet, les allocataires possedent un diplome de niveau bac+5, et sont payés par le ministère de la recherche 6000F nets par mois. Ce salaire est inchangé depuis dix ans.
La CEC réclame aussi une amélioration des conditions de travail de tous les doctorants. Certains thésards n’ont toujours pas les moyens pour effectuer leurs recherches, comme un bureau ou l’accès à un ordinateur. Enfin, il est inconcevable que certains thésards n’aient aucun financement ou encore des bourses n’ouvrant pas droit aux prestations sociales.
L’absence de statut clair est source de conflits récurrents. Pourtant, une charte des thèses, mise en place fin 1998, prévoit un certain nombre de droits aux doctorants, mais personne ne contrôle son application...
La CEC, apres plusieurs negociations, n’a obtenu comme reponse concrete du gouvernement que l’obligation pour la quasi- totalité des allocataires d’effectuer un monitorat, c’est-à-dire d’enseigner contre un surplus de salaire. La CEC considere cette proposition comme indecente :
certaines universites ont deja du mal a satisfaire les services des moniteurs actuels, comment generaliser le monitorat si ce n’est pour masquer l’incapacite du gouvernement a gerer les prochains departs a la retraite ?
etant donne le nombre de postes ouverts au recrutement actuellement, pourquoi former autant de doctorants a l’enseignement superieur ?
il s’agit d’une precarisation accrue de l’enseignement dispense en premier cycle, inapte a la lutte contre les forts taux d’echec actuels (dans le secondaire, on essaie au contraire de "fixer" les enseignants dans les zones difficiles).
La CEC, inquiète pour l’avenir de l’enseignement supérieur et de la recherche française dans ces conditions, appelle chacun à la mobilisation pour une reconnaissance du travail des doctorants.
La Confédération des Etudiants-Chercheurs