Le 6 février 2002 la Cour de cassation va rendre son délibéré sur
l’affaire du démontage du Mac’do de Millau. Si elle décide de
confirmer la peine de 3 mois d’emprisonnement ferme à l’encontre de José Bové, c’est une véritable stratégie politique d’embastillage des leaders syndicaux qui se dévoile, véritables lettres de cachets pour museler toute liberté d’expression.
Cette peine serait le début d’une exécution féroce des peines à
l’encontre de José Bové. Celle-ci, devenue définitive, s’ajouterait aux condamnations postérieures d’un montant total de 14 mois pour actions syndicales contre les OGM et la brevetabilité du vivant : 6 mois d’emprisonnement (CIRAD-Montpellier en 2001) et révocation de 8 mois de sursis (Novartis-Agen en 1998).
De même qu’elle réprime prioritairement et massivement les pauvres, cette justice sanctionne comme faits de droit commun des actions syndicales, comme celle de Millau : elle transforme en coupables les militants qui contestaient les sanctions américaines contre le Roquefort, sanctions autorisées par l’OMC contre l’Europe pour son refus d’importer des viandes bovines hormonées !
Par cette condamnation, la Justice décide de jeter l’opprobre sur le mouvement social, sur notre participation au débat démocratique et aux choix qui concernent notre vie quotidienne. Elle veut sanctionner violemment toute contestation de l’ordre établi et s’érige ainsi en protectrice ultime de la mondialisation libérale que nous sommes de plus en plus nombreux à contester à travers le monde.
De quoi seraient donc coupables les 10 de Millau, dont José Bové ?
La mobilisation engendrée par leur action reflète les véritables
préoccupations de la société :
rejet de la "mal bouffe" et critique de l’agriculture productiviste,
dénonciation de la logique libérale de l’OMC et du FMI, non
seulement dans le secteur alimentaire mais dans les autres domaines : santé, éducation, services publics, propriété intellectuelle, exception culturelle, politiques sociales,
refus de la répression des mouvements sociaux, d’une justice à deux vitesses et des logiques sécuritaires.
Au terme de cette année 2002, si José Bové était incarcéré pour une peine de 17 mois à la maison d’arrêt de Rodez, ce serait toutes ces préoccupations et revendications qui seraient ainsi bâillonnées.
Est-ce cela que souhaitent les politiques ?
Nous appelons à nous rassembler devant le Palais de Justice de Paris Le 6 février à partir de 12 h 30 pour recevoir le verdict de la Cour de Cassation
Le Comité de soutien aux inculpés de Millau