Après avoir campé sur les trottoirs du quai Sarrail, passé deux mois dans l’insalubrité de l’hôtel de Nice puis réquisitionné des bureaux de la société Suisse d’où ils et elles ont été expulsé(e)s avec brutalité sur ordre du préfet, les demandeurs d’asile et sans papiers occupent un foyer SNCF inutilisé depuis deux ans, rue Lalande (Lyon 6e, près de la Part Dieu).
Cette vie, faite d’extrême précarité sociale, économique, de menaces permanentes d’expulsion et de mille tracas policiers et administratifs est vécue par des enfants, des femmes et des hommes ayant fui leur pays à cause de la guerre, des persécutions, de la terreur d’Etat ou de mouvements fanatiques et plus simplement à cause de situations économiques catastrophiques.
Ces situations sont d’ailleurs largement créées et/ou accentuées par la politique internationale de certains Etats (USA, Europe dont France...).
Ils et elles arrivent d’Algérie, du Kosovo, de Tunisie ou d’Afrique de l’ouest ... et essaient de refaire leur vie là où ils pensent qu’ils trouveront aide et solidarité.
Les organisations et individu-es adhérents du collectif de soutien pensent qu’il en va de notre dignité individuelle et collective et de notre responsabilité sociale que d’assurer à l’ensemble de ces personnes des conditions de vie, d’hébergement et une place dans notre société leur permettant de s’assumer pleinement.
C’est pour cela que nous exigeons leur régularisation immédiate (par l’octroi de titres de séjour de dix ans) car c’est pour eux le seul moyen d’échapper au travail clandestin, aux logements insalubres et aux trafiquants en tous genres.
C’est aussi pourquoi nous dénonçons et demandons la suppression des lois Pasqua, Debré et Chevènement. Ces lois ont créé de toutes pièces des sans papiers, par les restrictions ubuesques au droit de séjour qu’elles ont générées et/ou renforcées. D’autre part, elles renforcent les conceptions racistes et nationalistes, structurent et organisent la ségrégation et la marginalisation économique et sociale de toutes les populations immigrées et pauvres.
Contrairement aux affirmations fausses, démagogiques qui sont diffusées régulièrement, la France accueille bien peu de réfugié(e)s et sans papiers en comparaison des autres pays d’Europe.
En 2001 il y eut encore moins de régularisations qu’auparavant. Le droit d’asile, quant à lui, est de plus en plus une coquille vide : 17,1% des demandes seulement acceptées par l’OFPRA en l’an 2000, dont un tiers accordé à des bénéficiaires de plein droit (enfants de réfugié(e)s...) !
Cette politique de fermeture au monde, de repli frileux et sclérosant, stérilisant, est une négation de tout ce qui a toujours créé la richesse culturelle et humaine : c’est par l’échange, donc la libre circulation des humains et des idées, que la société a toujours progressé !
Enfin, au niveau économique, en Europe, c’est une politique de quotas qui se met en place. Pourront y entrer et travailler les immigré(e)s qualifié(e)s dans les secteurs qui manquent de main d’œuvre.
Pour le patronat, pas question donc d’augmenter les salaires, d’améliorer les conditions de travail dans le bâtiment ou encore la restauration !
Il s’agit au contraire de surexploiter des immigré(e)s, tenu(e)s par la crainte que leur carte de séjour d’un an ne leur soit pas renouvelée, et des sans papiers, corvéables et jetables à merci.
Dans le monde entier, le patronat délocalise, licencie, exploite au maximum. Moulinex ou Nike ne connaissent pas les frontières mais nous parquent à leur guise. Tous sont solidaires quand il s’agit de faire des profits sur notre dos. Le FMI, la Banque mondiale, leur servent à imposer leur politique sur tout le globe.
Les licenciements en France, le travail des enfants dans le monde, le refus de régulariser les sans papiers, participent de la même logique d’exploitation des classes laborieuses. Logique qui a de fait le soutien des Etats du monde entier !
Nous sommes tou(te)s, ici et ailleurs, victimes de la même politique patronale. C’est en étant tou(te)s solidaires les un(e)s des autres que nous pourrons la contrer !
Nous ne voulons pas que les campagnes électorales présidentielles et législatives en cours soient une nouvelle fois un marché de dupes comme ce fut le cas avec Jospin en 1996.
Nous savons ce que valent les promesses électorales et c’est pourquoi nous exigeons et continuerons d’exiger :
la régularisation de tou(te)s les sans papiers et demandeurs(euses) d’asile
un travail et un logement pour tous et toutes
l’arrêt des expulsions et la fermeture des centres de rétentions
la libération de tou(te)s les sans papiers emprisonnés pour défaut de papiers
l’abolition de la double peine, véritable bannissement
LYON LE 9 FEVRIER 2002 à 15 heures :
MANIFESTATION REGIONALE
A L’APPEL DES COLLECTIFS DE SANS PAPIERS ET DE SOUTIEN
DEPART : Bourse du Travail (métro B arrêt Place Guichard)
Collectif de soutien : UD CFDT, UD CGT, Groupe des 10 Solidaires, LDH, MRAP, DAL, Collectif solidaire des sans papiers, PCF, Alternatifs, AGA, FA, LCR, Partisan, Les Verts, Collectif Solidarité St Fons et des individu-es.
Adresse : Epace St Georges Communication, 44 Place St Georges, 69005 Lyon.