C’est la même logique de pression renforcée du Medef pour faire baisser les taux de salaire et accentuer la précarisation du travail qui est à l’oeuvre dans son action concernant les licenciements, comme dans celle concernant l’Unedic avec le PARE obligatoire et ses conditions.
C’est la soumission à cette logique qui conduit L. Jospin à ne pas utiliser toutes les possibilités d’intervention de l’Etat pour y faire face et finalement :
accepter la nouvelle convention Unedic, voulue par le Medef, le PS avec une partie de la droite acceptant de la transcrire dans la législation ;
refuser encore à ce jour de toucher fondamentalement au pouvoir des patrons de licencier et de maintenir des millions de salariés au chômage.
Pourtant, c’est avec cette logique qu’il faudrait rompre aujourd’hui, dans l’intérêt des salariés, mais aussi dans l’intérêt du développement des entreprises et de toute la société.
En effet, les technologies de l’information et de la communication recèlent de formidables potentiels de productivité nouvelle.
Mais, sous domination de la rentabilité financière, cela développe la précarité du travail et la pression à la baisse du taux de salaire, ainsi que les licenciements à répétition.
Au contraire, en s’appuyant sur le besoin sans précédent de dépenser pour la formation et la qualification, on pourrait promouvoir hardiment l’emploi et un progrès de toutes les capacités humaines. Cela rendrait nécessaire et possible une hausse du taux de salaire.
De plus, comme on le voit aujourd’hui, les entreprises, l’économie toute entière, regorgent de ressources gâchées qui pourraient être mobilisées pour améliorer sensiblement les conditions des chômeurs et des salariés, l’effort pour la formation, une sécurisation de l’emploi.
Les excédents financiers de l’Unedic, dans le cadre de la nouvelle convention, vont servir surtout au contraire à réduire les cotisations patronales d’assurance-chômage, alors que seuls 4 chômeurs sur 10 sont indemnisés par les ASSEDIC et que les niveaux d’indemnisation sont en moyenne inférieurs à 4000 francs par mois. Quant aux profits historiquement élevés de l’année 2000, les grandes entreprises les utilisent surtout à placer en bourse et à restructurer, contre l’emploi, la formation, les salaires et une croissance réelle durable.
Aussi on ne saurait se contenter de petites corrections de la législation et de proclamations d’intentions vagues accompagnant en pratique une capitulation face au besoin de rompre, avec un nouveau droit social, pour avancer vers une autre logique d’efficacité sociale.
Il est indispensable de peser par les luttes sur le système de l’Unedic quel qu’il soit, sur les indemnisations et sur les dispositifs concernant le retour à l’emploi et la formation.
Mais quelles que soient les dispositions législatives qui seront finalement adoptées, le recours à une nouvelle loi d’ensemble de refondation de progrès social de l’Unedic demeurera toujours nécessaire et possible. En effet, il faudra renforcer une amélioration radicale de l’indemnisation des chômeurs ; il faudra renforcer les garanties et les pouvoirs concernant les propositions d’emploi et de formation à l’opposé de toutes les mesures conduisant à de moins bonnes situations, des postes en dessous des qualifications ou les rejets des chômeurs vers le système public d’assistance.
De même pour les licenciements : le délai imposé au gouvernement jusqu’au 13 juin devrait servir à obtenir de véritables progrès, pour lesquels, de toute façon, il faudra continuer à lutter.
En effet, d’un côté grandit l’exigence d’une limitation très stricte des licenciements, d’un accroissement des obligations de reclassement, des recours pour annulation. Et d’un autre côté, s’appuyant sur cette poussée, progresse le besoin, pour les salariés, de pouvoirs nouveaux de propositions en lien avec les citoyens et les élus, concernant l’emploi, la formation, les financements.
Bataille sur l’Unedic et bataille sur les licenciements même combat ! Chômeurs, salariés, citoyens, tous ensemble dans l’action !
Collectif de l’Appel pour une refondation de progrès social de l’Unedic
( Texte du tract qui sera diffusé par l’appel des 50 à la manif du 9 juin)