Younis Trabelsi, sans-papiers victime de la double peine, en grève de la faim depuis 46 jours, s’était installé dans les locaux du Parti socialiste pour demander à la direction du Parti socialiste, au gouvernement et à Lionel Jospin d’agir enfin en sa faveur. On lui a répondu ce lundi à 6 heures du matin par une intervention de la police qui l’a jeté brutalement dans la rue.
Il faut tout faire et très vite pour Younis !
Lundi 25 février à 6H du matin, Une vingtaine de Policiers ont pénétré dans les locaux du Parti Socialiste au 32 rue d’Elbeuf à Rouen. Younis Trabelsi, sans-papier victime du système de la " double peine " en grève de la faim depuis 46 jours à été purement et simplement jeté violemment dans la rue par la police. Il est tombé du perron de l’immeuble et a fait un malaise dans la rue. Une infirmière a été brutalisée également. La police a jeté ensuite toutes les affaires de Younis, son lit, ses vêtements couvertures et documents divers dans une grande poubelle devant le local du PS. Un des agents des forces de l’ordre a tenu ses propos " chacun à sa place, les noirs avec les noirs, les blancs avec les blancs".
Voilà les faits scandaleux qui viennent de se produire à Rouen, dans les locaux du parti socialiste où Younis avait choisi de s’installer, en dernier recours. Il avait voulu se mettre sous la protection du parti socialiste et de Lionel Jospin. Il continue de réclamer son assignation à résidence avec droit au travail. Younis se trouve dans un état très critique. Il y a maintenant urgence. C’est à Jospin d’intervenir et pas à ses agents casqués ! Il a tout pouvoir de le faire avec humanité en demandant au ministre de l’intérieur de signer l’acte d’assignation à résidence de Younis avec droit au travail.. Il faut maintenant que toutes les associations humanitaires, les forces syndicales et politiques, que les intellectuels, artistes et personnalités dénoncent le système injuste de la double peine et se mobilisent, au niveau régional et national pour défendre Younis. Il est en grand danger si les choses ne bougent pas dans les heures et les quelques jours qui viennent.
Younis a lutté pour sa régularisation depuis quatre ans dans les collectifs de sans papiers rouennais. Déserteur de l’armée libyenne, il risque la peine de mort dans son pays d’origine. Il est en France depuis 20 ans. Il avait été arrêté pour détention de Haschich il y a plus de dix ans et a pour cela purgé une peine de prison. Depuis, il n’a commis aucun délit. Il s’est engagé dans la grève de la faim pour sortir de ce cercle vicieux : parce qu’il risque la peine de mort en Libye, ils n’ont pas osé à ce jour l’expulser vers la Libye, mais de par le système de la double peine, il est non régularisable et condamné à la marginalité à vie.
Au bout de 46 jours de grève de la faim, il est très affaibli. Il a perdu 20% de son poids. Sa vue a beaucoup baissé. Il a des vertiges et des pertes de mémoire. Des séquelles irréversibles sont à craindre rapidement. Or nous avons appris mercredi 20février que le ministère avait rejeté sa demande d’assignation à résidence avec le doit au travail. Younis est décidé à continuer sa grève de la faim jusqu’au bout. Sa vie est en danger.
Il avait été envisagé que Younis, accompagné de personnalités nationales soutenant les sans-papiers, se rende en ambulance à Paris au congrès extraordinaire du Parti socialiste pour demander à Lionel Jospin son assignation à résidence avec droit au travail. Albert Jacquard était prêt à l’accompagner. Mais son état s’étant aggravé, les médecins ont jugé qu’il n’était plus transportable jusqu’à Paris. C’est pourquoi Younis Trabelsi et ses soutiens s’étaient installés pacifiquement samedi dans les locaux rouennais du parti socialiste et avaient demandé une intervention d’urgence de Lionel Jospin. Cette occupation humanitaire aurait pu se passer aussi bien que celle des locaux de l’église et de la CGT qui avaient hébergé et soutenu les sans-papiers de Rouen. Le secrétaire fédéral du parti socialiste avait promis de rencontrer Lionel Jospin au congrès extraordinaire du PS.
Une fois de plus, des promesses et des mots qui se sont changés lundi matin en mensonges, insultes et brutalités policières.
La mobilisation pour Younis doit être une réponse à la hauteur de tout ce mépris et cette inhumanité : Younis à refusé d’être hospitalisé d’office et continue sa grève de la faim dans les locaux de SUD PTT, au 69 rue saint Julien à Rouen.
Une assemblée générale unitaire de soutien y est prévue lundi 25 février à 18H aux locaux de SUD PTT. Un représentant lyonnais de la CIMADE devrait être présent.
Mardi 26 février à 18H, rassemblement de soutien à Younis dans la rue, au 32 rue d’Elbeuf à Rouen, et demande d’audience auprès des dirigeants du parti socialiste .. Nous demandons à toutes les artistes, intellectuels et personnalités nationales qui le peuvent faire à se déplacer à Rouen pour cette occasion, compte tenu de l’urgence et de la gravité de la situation de Younis
Vendredi 1er mars 2002 à 18H, grande manifestation avec les sans-papiers devant la préfecture (sit-in pour ceux qui le peuvent à partir de 16H à la préfecture)
Younis doit obtenir les droits qu’il n’a cessé de réclamer
Comité de soutien à Younis