C’est en effet la destination vers laquelle les nouveaux gestionnaires du groupe Comptoir Bleu, dont Tati-Vacances est l’enseigne principale, acheminent leurs employés depuis quelques mois. Se moquant des lois, ceux-ci n’hésitent pas à se débarrasser d’un délégué du personnel pour motif ... économique.
Après l’éviction soudaine de l’ancienne équipe dirigeante en janvier 2001, la reprise en main du groupe Comptoir Bleu par le groupe S.O.F.R.A. ne se fait pas sans douleurs pour ses salariés. Effectivement, la S.O.F.R.A. (pourtant sensée surveiller le groupe car actionnaire principal et membre du directoire) invoque une gestion catastrophique de la société par ses ex-cadres et multiplie les licenciements depuis quelques mois. Licenciements très largement contestés puisque 6 procédures prud’homales sont actuellement engagées par les employés exclus de la nouvelle politique des nouveaux gestionnaires.
Non contents d’appliquer des méthodes radicales et expéditives, Le Comptoir Bleu ne semble guère apprécier que l’on puisse envisager de contester celles-ci.
En effet un candidat aux élections professionnelles s’est vu notifié d’une procédure de licenciement économique pendant l’organisation de ces élections. Licenciement très surprenant et semble t-il arbitraire puisque l’élu venait de voir son salaire augmenté de façon substantielle en juillet pour être notifié en septembre d’une procédure de licenciement à son encontre !
Malgré toutes les protestations du salarié ainsi que celles de la C.F.T.C., cette personne a été contrainte de quitter la société alors que sa candidature s’est concrétisée par une élection au poste de délégué du personnel et de membre du comité d’entreprise quelques semaines plus tard.
L’inspection du travail, saisie de ce dossier, s’est prononcée en faveur du salarié, reconnaissant qu’il s’agissait bien d’une " entrave aux fonctions du représentant du personnel licencié sans autorisation administrative ". Bien entendu, Le Comptoir Bleu est, une fois de plus, resté sourd aux requêtes du délégué syndical exigeant la réintégration du salarié. La première audience concernant ce dossier aura lieu le jeudi 07 mars devant le tribunal des prud’hommes de Créteil.
Il est temps, dans l’intérêt de tous les salariés, que ces méthodes de gestions arrogantes et irrespectueuses du droit le plus élémentaire, cessent. Il est temps de démontrer à ces nouveaux gestionnaires qui ne voudraient connaître que la loi du marché, que des règles de droit font encore autorité dans ce pays, et que sans le respect de celles-ci, le progrès ne saurait bénéficier à personne.