Pour le premier meeting de campagne de Jospin jeudi 7 mars à Lille, les sans papiers avaient décidés de l’accueillir pour lui rappeler ses promesses de 1997, abrogation des lois Pasqua-Debré et régularisation des sans papiers. Premier meeting, et à nouveau les matraques parlent.
18h : 300 personnes partent en manif du local direction le Zenith. Biensûr la police est déjà là. Rapidement nous avons été bloqués par un cordon de CRS, casqués avec matraques et boucliers, derrière des barrières, à 400 mètres du lieu du meeting, afin de nous empêcher de rencontrer le bon peuple de gauche venu écouter la bonne parole désormais sécuritaire et responsable de leur champion.
Puis ce fut le second effet de la police socialiste : un second cordon nous bloque toute possibilité de retrait.
Quelques-uns d’entre nous ont pu se faufiler jusqu’à l’entrée du meeting, où ils ont rencontré d’autres mouvements de luttes comme les hospitaliers de l’agglomération en grève pour obtenir plus de moyens et un passage au 35H décent. Ceux-ci ont pu constater d’étranges scènes à l’entrée du meeting : les vigiles retiraient des mains des spectateurs qui voulaient rentrer les tracts des hospitaliers en lutte et des sans papiers.
Pendant ce temps-là, la manifestation des sans papiers attendait vainement, en chantant sa colère, que les cordons de CRS qui les entouraient, les laissent enfin accéder au meeting. Ce n’est pas la première fois que les sans papiers lillois se heurtent à des cordons de CRS losqu’ils tentent de s’approcher de réunions électorales. Martine Aubry leur avait déjà interdit l’entrée des siennes l’an dernier pour les municipales (au moins sur ce point les socialistes restent constants). Les sans papiers avaient alors dénoncé ces procédés dignes du second empire, quand les candidats qui plaisaient à Napoléon III bénéficiaient d’une protection policière contre la populace.
Des Sans papiers de Roubaix nous rejoignent ainsi que d’autres et des soutiens arrivant plus tard.
Nous sommes plus de 500 encerclés de CRS.
Au bout de deux heures de sur place, vers 20H15, alors qu’une délégation est reçue (délégation composée de divers conseillers n’ayant pour seul role que celui d’un magnétophone...) nous sommes repartis en manifestation à travers la ville. La police nous précédant, nous suivant, d’autres gyrophrares en marche allant de ci de là. Mais la police n’a pas dû bien faire son travail, puisqu’elle n’a pas réussi à empêcher une nouvelle occupation . Cette fois-ci, la cible a été la fac de droit, dans le quartier de Moulins, où ont réussi à s’engouffrer 150 personnes vers 20H45 suivies de près par une horde de CRS casqués (à nouveau les CRS s’inscrivent à la fac !). Cela faisait plus d’un an que les sans papiers lillois n’avaient pas réussi d’action de ce type. Mais il faut dire que la génération actuelle, création directe des lois Chevènement/Jospin et du gouvernement gôche plurielle, est particulièrement dynamique.
Il est probable que la police se soient peu soucié de demander l’ordre d’expulsion auprès du président de la fac, car celle-ci n’a pas traîné, et elle a été particulièrement violente. Pas de la part des sans papiers, bien évidemment, mais de la police. On peut dire que les manifestant(e)s ont été victimes d’un tabassage en règle(coups de poings, coups de pieds, coups de matraques , certains marchant lourdement sur des personnes à terre avec le sourire aux lèvres...)agrémenté d’insultes.
Près d’une trentaine de personnes ont été blessées, dont neuf ont été hospitalisées par le SAMU, d’autres devant ce matin aller passer des radio à l’hôpital.
La lutte continue
Christophe