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[don't hate the media... become the media]   07/10/08 - 16:34
[dépêches]


Infos Luttes sociales
Bulletin n° 4 28/03/2002

McDo Strasbourg Saint-Denis

Smolik (le gérant) s’en va, les grévistes ont encore gagné !

La réouverture du restaurant prévue lundi dernier n’a pas eu lieu. Pour plusieurs raisons. D’une part, les travaux ne sont pas terminés à la date prévue.

D’autre part, lors d’une réunion de travail la veille, les salariés ont appris le départ de Smolik et son remplacement par un nouveau gérant.

On se souvient que les grévistes avaient toujours demandé en plus de la réintégration des 5 licenciés, le départ du gérant. C’est maintenant chose faite.

C’est donc l’ensemble des revendications des grévistes qui ont été satisfaites !

Un nouveau gérant est donc arrivé. Qui a déclaré aux salariés qu’il lui fallait prendre le temps de mieux connaître tout le monde, de mettre en place des méthodes de travail, etc.. Il la joue "grand frère" : rebeuh, issu des cités, il s’en est tiré grâce à McDo, etc… McDo France (qui vient également de changer de directeur, curieux non ?) semble vouloir tourner la page du moins en apparence car à Saint-Germain, rien n’est réglé.

Les salariés quant à eux disent ne pas vouloir embêter le nouveau gérant mais ne sont pas dupes et restent vigilants.

La "vraie" réouverture du restaurant est prévue pour mardi ou mercredi prochain.

McDo Saint-Germain

La direction avait assigné les gréviste au TGI vendredi dernier. Manque de chance pour elle, l’assignation a été jugée irrecevable par le tribunal car la raison sociale de la société à l’origine de l’action en justice n’est pas celle qui emploie les salariés ! Donc, l’affaire doit recommencer. Le tribunal a néanmoins nommé un médiateur pour résoudre ce conflit au plus vite (caractère d’urgence).

Samedi, le médiateur est là. L’huissière aussi. Les salariés entament une grève vers 11h. A l’extérieur, une vingtaine de soutien sont là. Des rubans de scotch barrent symboliquement l’entrée du restau. Des affichettes sont apposées par les grévistes. Un gros panneau GREVE se distingue très clairement.

A l’intérieur, le médiateur essaie d’embrouiller les grévistes. Il leur demande de faire des gestes de bonne volonté pour envisager la mise en place d’un calendrier de discussions/négociations avec la direction. Il veut que le scotch soit enlevé. Les grévistes s’exécutent. Puis il veut que les affiches soient enlevées. Les grévistes refusent. Ils ont fait un geste, ils en attendent un en contrepartie. En fait, dans la discussion, le médiateur leur demande de "suspendre" la grève pour pouvoir obtenir un rendez-vous de discussion avec la direction afin de définir un protocole et un calendrier de négociation avec ordre du jour à préciser, etc. Il cherche vainement à expliquer aux grévistes la différence entre "suspendre" et "arrêter" mais comme il y en a aucune, la grève se poursuit toute l’après-midi.

On est en pleine discussion dans le vide. Les grévistes demandent peu de choses, la levée des sanctions et il n’y a rien à "négocier" : des sanctions s’appliquent ou se retirent !

Depuis mardi 26 toutefois, le processus de "médiation" est en cours : le travail a repris et les revendications ont été présentées à la direction et au médiateur hier.

- Annulation de toutes les sanctions

- Paiement de tous les jours de mise à pied y compris de mise à pied conservatoire

- Mutation du gérant pour faute professionnelle (harcèlement…)

- Prise en compte de la revendication du 13ème, objet de plusieurs mouvements de grève en janvier et février dernier

- Pas de discrimination pour les personnes pour fait de grève (certains et certaines devaient obtenir une promotion mais depuis les grèves de janvier-février la direction est revenu sur ces engagements).

La grève est "suspendue" : les grévistes ont imposé à la direction la présence visible d’une affiche expliquant la situation de restaurant aux clients : grève depuis le 2 mars suite à des sanctions pour fait de grève, nomination d’un médiateur le 23 mars, suspension de la grève depuis le 26 et attente de la satisfaction des revendications.

Les grévistes doivent rencontrer la direction en présence du médiateur.

La médiation devait durer jusqu’au 5 avril mais le délai est prolongé jusqu’au 20 avril.

A suivre…

EuroDisney

Pas de nouvelles très précises, les copains n’étaient pas présents à la réunion.

Des étudiants des Beaux-Arts (regroupés dans une "syndicat potentiel") en lutte contre un partenariat entre leur école et EuroDisney cherchent à rencontrer des salariés en lutte de cette merveilleuse entreprise. Pour envisager des interventions très graphiques et percutantes. Contact qui sera réalisé sous peu.

Une discussion a eu lieu sur les possibilités et les limites d’interventions extérieures sur le site et le degré de volontarisme que cela suppose, surtout si l’on tient compte de la configuration des lieux (distance, 20 à 25000 salariés) et de données sur l’état du rapport de force localement (syndicats peu combatifs, CGT divisée…). En deux mots, le collectif de soutien s’engage à répondre à la demande des copains mais en précisant bien qu’il ne peut se substituer à eux (présence continue, mobilisation des salariés…).

Si et quand les mesures de répression se préciseront, le minimum sera de faire un travail d’information en direction des salariés et des visiteurs. Le 12 avril, c’est les 10 ans du parc, peut-être l’occasion d’une intervention. A suivre…

Maxi-Livre

Latifa, déléguée CGT Maxi-Livre est passée aux Prud’hommes le 27 mars. Rappelons que cette action en justice est menée pour contester un avertissement qui s’inscrit dans une trop longue histoire de harcèlement, d’intimidation, de vexations et de répression anti-syndicale. Elle était défendue par Bernard, de la CGT Maxi-Livre lui-aussi, et du collectif de soutien.

Une vingtaine de personnes étaient présentes en soutien dont pas mal de salariés de McDo.

La séance n’a pas duré longtemps. Bernard, sans entrer dans le vif du sujet car cette juridiction n’est pas là pour cela ( !), a réussi à évoquer le contexte de cette mesure de répression en défendant Latifa sur la forme. Bernard a notamment contesté l’absence d’entretien préalable alors que l’avertissement risquait de mettre en cause la relation salariale.

Plusieurs dizaines de lettre de soutien à Latifa ont été envoyées ou faxées à la direction de Maxi-Livre.

Infos rapides

Monoprix

Le syndicat CGT du Commerce nous a fait parvenir un petit texte sur la répression dont est victime Mona

"La direction du MONOPRIX ORDENER vient de licencier Mona, le motif ou plutôt le prétexte invoqué, est le détournement de marchandise.

AGISSONS ENSEMBLE POUR QUE CESSENT CES PROCEDES MAFIEUX ET METHODES RAPPELANT

L’EPOQUE DE LA COLLABORATION.

Voici les faits :

Comme il est d’usage, la responsable de Mona invite celle-ci à emporter des laitages périmés destinés à la poubelle.

En fin de journée, le directeur demande à Mona de rester un peu plus longtemps, croyant à une nécessité de service, Mona accepte sans présager de la suite.

Presque une heure après un vigile appelé spécialement chez lui pour la circonstance, demande en tout illégalité, à Mona de lui présenter ses effets personnels.

Ensuite, SURPRISE ! Il est constaté que Mona a dérobé des produits périmés sans autorisation. Evidement la responsable nie avoir autorisé Mona a emporter cette marchandise, un salarié présent à ce moment-là, n’ose pas témoigner craignant le non renouvellement de son CDD.

Le vigile reconnaîtra plus tard devant Mona avoir été appelé par la direction de MONOPRIX sans savoir pourquoi.

Le but inavoué de la direction est le suivant :

Mona est syndiquée. Pire ! elle allait devenir la future déléguée syndicale CGT !

En janvier dernier Mona a été désignée déléguée syndicale, parce qu’elle avait moins d’un an d’ancienneté le tribunal d’instance n’a pas maintenu cette désignation. Déjà pendant la procédure de nombreux avertissements lui ont été adressés. Insultes, allusions sexistes, réflexions déplacées concernant sa vie privée, la direction du MONOPRIX ORDENER ne recule devant aucun coup bas.

Dans une entreprise où le recrutement se fait parmi une majorité de mères célibataires, d’hommes et de femmes issus de milieux très défavorisés, où les contrats de travail sont de plus en plus sous formes de CDD, où le temps partiel se généralise, maintenir le salariat dans la précarité est non seulement une exploitation rentable, mais aussi un moyen de pression imparable pour les patrons de MONOPRIX.

Dans les MONOPRIX, comme ailleurs dans nos secteurs du commerce, DES REPRESENTANTS DE LA CGT LUTTENT POUR AMELIORIER LES CONDITIONS DE VIE ET DE TRAVAIL.

Nombreuses directions opposent la répression cette pratique ne doit pas se généraliser, c’est pour cela que :

NOUS, SALARIES ET CLIENTS MONOPRIX EXIGEONS LA REINTEGRATION DE MONA ET LE RESPECT DU DROIT SYNDICAL"

Initiative de mobilisation

Le samedi 13 avril, une manifestation est organisée à l’appel de plusieurs associations de chômeurs, précaires, lutte sur le logement, de solidarité, syndicats, etc. afin d’essayer de faire entendre la voix des "sans" (logement, revenus, travail, terre, droits, dignité…) et des victimes de la répression patronale, policière, sécuritaire dans le concert insipide de la campagne électorale.

Le collectif de soutien ne s’est pas prononcé sur cette initiative (pas eu le temps d’en discuter).

Fête de la victoire et de la solidarité

Le mardi 9 avril, de 18 h à 23 h

Salle des métallurgistes

94 rue Jean-Pierre Timbaud

Paris 11è – Métro Couronnes

Le collectif de solidarité avait décidé d’organiser dès que possible une fête de la solidarité.

Pour recueillir des fonds afin de soutenir les grévistes de la FNAC et d’ailleurs, pour fêter la victoire de Strasbourg Saint-Denis, pour faire se rencontrer salariés en lutte, précaires, soutiens les plus divers et donner une expression festive à cette volonté de lutter tous ensemble que les récents conflits auxquels nous avons participé ont commencé à concrétiser.

Dans sa forme, ce ne sera finalement pas un concert de soutien au sens classique du terme. Parce que les groupes contactés ne sont pas sûrs, parce que la location d’une sono reviendrait trop cher, parce qu’il y a trop d’inconnues et qu’il est difficile en ce moment de trouver une autre salle un ou deux semaines plus tard.

Donc, ce sera une fête. Elle aura seulement un caractère plus improvisé, plus collectif et peut-être plus spontané.

Bref, le mardi 9 avril, le collectif de soutien n’offrira pas une prestation contre un prix d’achat ou d’entrée mais tout autre chose : la possibilité d’une rencontre, un moment de fête, où des prises de paroles pourront avoir lieu, ou des idées et des infos seront mises en circulation (table de presse).

Le prix d’entrée sera libre ("de chacun selon ses moyens").

Les musiciens, les artistes qui souhaitent se produire ce soir-là sont bien sûr les bienvenus. Ce ne sera pas un spectacle mais une rencontre : entre salariés de McDo, de la restauration rapide, de la FNAC, d’EuroDisney, de Virgin, des emploi-jeunes de la région parisienne, de tous ceux et celles qui voudront venir témoigner, se retrouver dans la lutte et la fête.

Seule exception à la règle : le collectif de soutien se chargera du bar. Les recettes serviront à financer les frais et une caisse de solidarité destinée à pouvoir répondre à des besoins concrets de soutien à des salariés en lutte.

Pour la partie buffet, chacun et chacune est invité-e à apporter ce qu’il/elle peut et tout cela sera mis en commun.

Une affiche sera vite disponible, avec un dessin que Jacques Tardi a bien voulu réaliser pour l’occasion. Elle sera disponible au plus tard à la prochaine réunion du collectif, marcredi 3 avril à 18h30, Bourse du travail annexe, 67 rue Turbigo.

Agenda

Jeudi 28 mars 19 h.

AG des emplois-jeunes à la Bourse du Travail, 3 rue du Château d’Eau (Métro République)

Jeudi 4 avril, 9 h, TGI, 2ème chambre

Procès en diffamation de Pizza Hut contre Abdel

Mardi 9 avril, à partir de 18 h.

Fête de la solidarité, à l’initiative du collectif de soutien aux salariés de McDo, FNAC, EuroDisney, emploi-jeunes… en lutte. Salle des métallurgistes 94 rue Jean-Pierre Timbaud, Paris 11è (Métro Couronnes)

Dernière minute

Le mécontentement grandit parmi les salariés de Virgin et un mouvement de grève est dans l’air dans ce magasin des Champs Elysées.

Quand ? Très certainement dès ce dimanche.

Un piquet de solidarité est organisé à partir de 11 h dimanche 31 mars. Et nous irons peut-être nous promener ailleurs…

Rendez-vous donc dimanche…


Source/auteur : HNS correspondance
Mis en ligne le vendredi 29 mars 2002, par Pedro
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