(Remarque preliminaire : il va de soi que vous pouvez diffuser comme vous voulez ce que nous vous envoyons.)
Dimanche 31/03/2002, tres tard le soir.
Nous regardons les infos avant de nous coucher. Pendant que la connexion a Internet se met en route, Vincent se demande comment les Etats europeens peuvent decemment ne pas convoquer les ambassadeurs israeliens pour leur sonner les cloches. La premiere breve que nous lisons sur Haaretz nous remonte le moral : "23:40 French Foreign Ministry summons Israeli ambassador to discuss Israeli operations in the West Bank", et plus loin "21:46 Greek Foreign Minister George Papandreou cancels trip to Israel following escalation of violence", "20:05 Greek parliament speaker calls Israel`s actions against the Palestinians `genocide`", plus un article qui dit que le Maroc envisage de prendre des "mesures" contre Israel. Ouf, ca va mieux, nos pays respectifs font quand meme quelque chose pour nous. D’autres infos nous consternent autant par leur contenu que par leur manque de precision : "22:50 Number of Palestinians killed by IDF soldiers during Ramallah operation" (Haaretz toujours). Il semblerait que le nombre precis de morts, on s’en fiche, alors que le nombre de victimes de l’attentat de Haifa est remis a jour a chaque minute. C’est lorsque nous regardons le site web de CNN que nous hurlons. Le gros titre de premiere page annonce "Terror attacks kill at least 14", et dans le corps de l’article, apres 5 paragraphes sur Haifa et Gush Etzion, qui comprennent un lien vers le recit detaille de l’attentat, voici l’unique passage qui se rapporte aux evenements de Ramallah : "Meanwhile, in the West Bank city of Ramallah, Israelis and Palestinians exchanged gunfire Sunday at Palestinian Authority President Yasser Arafat’s headquarters, which has been under siege by Israeli forces for three days. Israeli officials vowed to continue with the military operation." Faut-il en deduire qu’il n’y a de combats a Ramallah que dans les environs du QG d’Arafat ? Que les chars et les snipers dans notre rue ne sont qu’une illusion ? Que notre voisine n’a pas ete blessee dans sa cuisine ? Ou bien que les Palestiniens sont tout bonnement immortels ? Pas une seule mention des morts et des blesses de Ramallah, pas une seule, qu’ils soient civils ou militaires, et CNN se garde bien de preciser qu’il y a ordre aux journalistes de quitter la ville et que les activistes occidentaux qui se trouvaient chez Arafat ont ete expulses. La honte.
Lundi matin.
Nous sommes reveilles par un appel de RMC Info, qui veut recueillir notre temoignage sur les evenements des derniers jours. Le telephone et l’electricite marchent toujours, ouf ! Le va-et-vient des chars dans la rue marche aussi, alhamdulillah kullu tamam. Apres avoir raccroche, je me connecte a Internet pour lire les dernieres infos et charger les mails du matin, et la, surprise agreable : je recois notre propre texte en plusieurs exemplaires, de plusieurs sources differentes dont certaines me sont totalement inconnues. La diffusion a visiblement bien marche, c’est encourageant. RMC Info appelle encore deux heures plus tard. Il semblerait que le monde exterieur commence a s’interesser a nous de maniere plus concrete ; hier soir encore une amie journaliste disait a Chadia qu’elle etait consternee par la reaction de la presse internationale qui se concentrait uniquement sur le sort d’Arafat sans se preoccuper de ce qui arrive aux civils de Ramallah.
L’anecdote folklorique du matin, c’est qu’il y a eu le passage a l’heure d’ete en Israel, mais pas dans les territoires occupes. Nous avons donc une heure de decalage horaire avec Jerusalem, mais plus de decalage avec Paris. Les colonies sont a l’heure israelienne, peut-etre que les militaires de la rue le sont aussi. Allez donc mettre d’accord des gens qui ne sont pas fichus de vivre a la meme heure lorsqu’ils sont voisins de palier ...
Lundi 9h.
L’electricite est de nouveau coupee. Dommage. La suite du recit par mail devra attendre. Ann telephone : elle est toujours a l’hopital, mais va nettement mieux ; elle prend de nos nouvelles et nous dit que le plus dur est apparemment deja passe pour nous, meme si l’occupation de Ramallah pourrait bien durer encore plusieurs jours.
Lundi 10h30.
Fausse joie : Claude nous annonce au telephone que les militaires israeliens ont quitte notre rue et se sont replies vers la vieille ville, deux rues plus haut. Tout le monde se precipite sur le trottoir, et certains en profitent meme pour sortir les poubelles. Ca fait du bien de voir la lumiere du jour. La rue est dans un sale etat : un arbre est ecrase, des ordures sont renversees partout, quelques canalisations ont explose ; seule l’unique voiture qui etait encore garee dans la rue en a rechappe comme par miracle. Maher, le proprietaire, constate que le robinet d’alimentation en eau de l’immeuble a ete ferme de l’exterieur ; il le rouvre, et heureusement l’eau arrive encore. Nos reservoirs d’eau qui sont sur le toit, et sur lesquels nous vivions depuis un moment sans le savoir, se remplissent donc. Anais a a peine eu le temps de prendre deux photos, et on entend un bruit de char qui se rapproche. Tout le monde se reprecipite a l’interieur ; ils sont revenus, et le va-et-vient des chars recommence deja. Claude confirme neanmoins que les militaires ont bel et bien quitte leurs bases dans la rue, y compris son immeuble et celui d’en face. L’appartement du troisieme etage, au-dessus de chez eux, n’est plus bien propre ; la cage d’escalier est pleine de sable et de boue. L’immeuble d’en face est completement devaste. Nous essayerons de prendre des photos des que ce sera possible de traverser la rue.
Lundi 11h.
Diana, la voisine de Chadia, telephone. L’immeuble en face de chez elle a ete occupe pendant deux jours, les militaires viennent a peine de s’en aller. Les familles se sont retrouvees enfermees une fois de plus au rez-de-chaussee, et un collier en or et 400 shekels (100 euros) ont disparu. L’un des hommes de la famille est alle en parler a l’officier israelien qui commandait la troupe ; l’officier lui a dit qu’il menerait une enquete et que les biens seraient rendus s’ils etaient retrouves : il n’a meme pas nie une seule seconde la possibilite du vol. L’affaire en est restee la, les militaires sont repartis, et le collier et l’argent n’ont bien entendu pas ete restitues. Diana parle aussi d’une voiture deliberement ecrasee par un char dans la rue, et ajoute que l’electricite est coupee depuis qu’un char toujours a roule sur le pylone. Elle a pu suivre auparavant les infos israeliennes, car elle parle Hebreu constamment, et elle est consternee : moultes interviews des victimes des attentats en Israel et de leurs familles, ce qui est tout a fait legitime, mais pas une seule image de Ramallah, ce qui l’est moins - d’autant plus que les speakers israeliens parlent de combats intenses dans Ramallah, et que nous n’en avons pas vu la couleur. Un ami journaliste qui est en contact avec Amira Hass le confirme : meme au Muqata’a, il n’y a que les Israeliens qui tirent. No comment.
Chadia apprend egalement ce qui est arrive a Hani. Lors de la precedente occupation de Ramallah, les militaires l’avaient deja embarque pour se servir de lui comme bouclier humain lors de leurs rafles, et l’ont relache apres l’avoir gifle quand il a finalement ete trop terrifie pour pouvoir continuer a les suivre. Avant-hier, les militaires sont de nouveau entres chez lui et les ont emmenes, lui, son frere et son cousin, dans l’ecole ou ils concentraient les shebabs arretes. Son frere et son cousin sont revenus le lendemain matin : ils ont raconte qu’on les avait relaches, et qu’ils avaient vu partir un bus plein de prisonniers. Depuis, plus de nouvelles de Hani.
Lundi 12h.
Nathalie au telephone, a Dheishe, un camp de refugies pres de Bethleem. Ce matin, Haaretz annoncait que l’armee israelienne avait pris Qalqilya et avait avance dans Bethleem, et que les chars seraient a 500m de l’eglise de la Nativite. Nathalie confirme pour les 500m, mais dement qu’ils aient avance des positions qu’ils occupaient a Beit Jala il y a deux jours - il faut dire que Bethleem, c’est tout petit. Il y aurait 200 chars autour de la ville. France 3 est a Dheishe, et 60 internationaux francais, suisses et italiens se sont installes dans le camp au titre de la Mission Internationale de Protection Civile du Peuple Palestinien. Quelques Americains sont toujours a Beit Jala dans le meme type d’action. Nathalie nous dit egalement qu’on ignore ou est Jose Bove ; apparemment il n’aurait pas encore ete remis dans l’avion. Nous voila rassures. Sinon, a Dheishe, tout le monde attend l’invasion.
Un peu plus tard, j’ai mon amie Naela au telephone. A deux maisons de chez elle, il y a un grand batiment dont le rez-de-chaussee est un entrepot de cosmetiques et les etages un ensemble d’appartements et de studios a louer au mois ou a la semaine. Hier soir, les militaires ont force la porte du batiment en suivant leurs bonnes vieilles habitudes, ont devaste les studios et vole les telephones portables des gens qui s’y trouvaient, puis ont coupe l’eclairage public dans la rue, installe des snipers sur le toit, defonce la porte de l’entrepot, et 12 chars ont defile les uns apres les autres devant le batiment et son repartis charges de cosmetiques. Meme recit de la part d’une autre amie au sujet du supermarche Max. De maniere generale, les temoignages concordent la encore : l’armee israelienne se livre au pillage de la ville avec une systematicite telle qu’il est clair que les militaires ont des instructions a ce sujet, ou du moins qu’il y a des officiers qui ont pris l’initiative de donner ce type d’ordres a leurs soldats. Et depuis ce matin, le son que nous entendons le plus souvent est celui de tirs sur les volets metalliques des magasins.
Lundi 14h.
Notre rue s’est effectivement calmee, et les passages de chars se sont faits plus rares. Myriam et Micael decident donc de tenter une sortie et de venir faire une partie de cartes avec nous. Nous avons donc eu droit au recit detaille de leur cohabitation avec les militaires. Les militaires ont tout d’abord lache une rafale dans la serrure pour ouvrir la porte d’entree, puis ont applique le meme traitement a la porte de la voisine du rez-de-chaussee, qui a fini par reussir a leur ouvrir pendant qu’ils tiraient encore. Claude, Myriam et Micael etaient sur le palier quand ils sont montes aux etages, et se sont retrouves avec l’officier, un homme de 25 ans tout au plus, assis sur leur canape. Les hommes des familles voisines ont du attendre dans la rue sous la pluie que la fouille du batiment soit terminee. L’officier a vaguement parlemente avec Claude, communique avec son chef et leur a dit formellement que ses instructions etaient de s’installer au troisieme etage de ce batiment, ou a defaut au deuxieme (donc dans l’appartement de Claude) s’il n’arrivait pas a ouvrir les portes du troisieme. Il a demande a ses subordonnes d’apporter la massue de 5 kilos pour defoncer la porte, et le branle-bas de combat a commence, pendant que Micael buvait un verre de whisky a chaque coup de massue. Le militaire a ete quand meme assez sympa pour leur proposer des bonbons, mais a neanmoins fait quelques remarques "interessantes" : "Je ne vois pas en quoi je devrais me justifier d’etre ici, je suis chez moi en Israel apres tout" (precisons que c’est un fils de colon du Sinai, il l’a dit a Micael), "Ce n’est pas moi qui ai tire sur la porte, et de toute facon, s’il y avait eu des enfants derriere, je m’en fiche completement", "Quand tu auras tes grand-parents assassines dans un hotel un soir de Pessah, tu comprendras pourquoi nous faisons la guerre".
La-dessus, les militaires avaient fini de defoncer la porte du troisieme etage et sont montes s’installer, apres avoir enferme tous les voisins au rez-de-chaussee et Claude et sa famille chez eux. Dans les jours qui ont suivi, Claude devait leur demander la permission pour aller voir les voisins, et les conversations devaient se faire en Anglais pour que les militaires puissent comprendre. Les militaires ont fouille les appartements des voisins tres sytematiquement et ont meme ramene les albums de photos de famille chez Claude pour lui demander d’identifier qui etait sur les photos. Myriam et Micael les ont vus deployer des photos aeriennes de Ramallah ou l’on pouvait distinguer chaque maison ; au moins maintenant nous savons a quoi servent les drones qui tournent au-dessus de nos tetes depuis un an. Micael les a aussi vus se filmer les uns les autres pendant leurs patrouilles dans la rue avec une camera video (celle de Chadia peut-etre ?), facon souvenirs de vacances ; il y en a meme un qui l’a pris en photo depuis la tourelle d’un char pendant qu’il etait sur la veranda. Autre anecdote amusante, les chats de la rue tournaient autour des chars et en reniflaient les chenilles, et l’un d’entre eux a meme pisse dessus. Tout le monde s’est accorde pour dire que les militaires etaient nettement plus agressifs en groupe que seuls, et que lorsque la releve est arrivee, la situation est devenue un peu plus tendue dans la mesure ou les nouveaux arrivants ignoraient qu’il y avait des Francais parmi les habitants de l’immeuble. Ils sont finalement repartis hier soir, sans vraiment prevenir les habitants, qui n’ont ose monter au troisieme etage que ce matin. L’un des deux appartements, qui est inhabite en temps normal, n’etait pas encore trop amoche, mais l’autre etait extremement sale, avec de la vaisselle utilisee dans la cuisine et du papier toilette souille dans le bidet. En revanche, l’immeuble d’en face, ou les militaires ne sont pourtant restes qu’une nuit, est saccage, et quelques revues porno ont ete abandonnees sur la table - a croire que le porno est une activite essentielle de l’armee israelienne. Myriam nous a raconte aussi comment tous les voisins n’osaient pas encore toucher ce qui avait ete touche par les militaires. Et elle nous annonce le gag de la journee : elle a vu passer un employe de la compagnie d’electricite avec son echelle dans la rue et a pu lui dire que l’electricite etait de nouveau coupee dans le quartier - mais comment cet employe faisait-il pour circuler comme ca ? Escorte par une ambulance de la Croix-Rouge Internationale bien sur !
Lundi 15h30.
Apres la partie de cartes, Myriam et Micael sont rentres chez eux, apres une petite frayeur due a un bruit de moteur au moment de traverser la rue. Il semblerait qu’un bulldozer etait en train de demolir quelque chose dans la parallele, mais nous ne savons pas quoi. Comme un petit rayon de soleil etait apparu entre-temps, nous nous sommes dit que le chauffe-eau solaire accepterait peut-etre de nous fournir un peu d’eau tiede, et nous avons pris des douches, fraiches quand meme, mais c’est mieux que rien. Et c’est evidemment au moment ou nous avions fini que l’electricite est revenue, ouf ! Vincent a eu son proprietaire au telephone, et apparemment les militaires n’ont pas encore "visite" leur immeuble. Ouf aussi ! Nous nous sommes donc precipites pour consulter les infos sur Internet et envoyer nos mails (plus recharger nos batteries, etc., etc.). Info amusante : Arafat porte le deuil pour la reine-mere d’Angleterre, que dire ? L’invasion de Tulkarem a commence, et le gouvernement israelien annonce qu’il se preoccupera graduellement de toutes les villes palestiniennes. La Jordanie a renonce a prendre des sanctions contre Israel, en comptant sur la negociation et le dialogue pour arriver a une solution, ils sont optimistes ! L’Irak demande aux pays arabes d’envoyer des troupes pour se battre contre Israel, optimiste aussi, et la Ligue Arabe menace de se reunir a nouveau, et la, Sharon est mort de peur !
Lundi 18h
Durant l’apres-midi, on entend des helicopteres et un bombardement, et quelque patrouilles de chars qui passent dans la rue. Nous entendons ensuite deux enormes explosions et des coups de feu dans le quartier. Il semblerait que les Israeliens soient en train de s’en prendre a la mairie de Ramallah. Un ami journaliste nous a quand meme un peu reconfortes en nous disant que l’attention du monde entier etait plus que jamais fixee sur Ramallah depuis que Sharon a interdit la presence des journalistes dans la ville. Et Pierrette nous a beaucoup faits rire en nous disant qu’elle a croise Jose Bove entre deux flics et des chaines aux pieds a Jerusalem, pendant qu’il se faisait expulser vers l’aeroport.
Lundi 19h
Je me connecte a Internet. J’ai 43 messages depuis ce matin, ca fait du bien : des nouvelles de manifs de soutien aux Palestiniens dans le monde entier, d’actions proposees contre Israel et la (non-) reaction des gouvernements occidentaux, des mots d’encouragement des amis et de la famille. Ca permet toujours de ne pas s’effondrer quand Vincent nous annonce qu’un jeune a ete assassine dans l’immeuble de Sari, qui est egalement occupe, trois pates de maisons plus loin : il n’avait pas reussi a se mettre d’accord avec le militaire pour aller aux toilettes, et il s’est fait tabasser a mort devant sa famille. C’est un crime apparemment tres grave. On nous raconte aussi des histoires d’accouchements par telephone et d’enfants morts-nes qui donnent froid dans le dos.
Nous parlons aussi a des amis de Naplouse et d’Hebron. A Hebon la situation est calme ; Anais dit a notre amie que nous allions bientot etre a court de cigarettes, mais comme les portes de plusieurs magasins ont ete defoncees dans la rue, elle propose d’aller y chercher des cigarettes si les militaires en ont laisse, et de poser le cout en shekels sur le comptoir - pour que les militaires le prennent au prochain passage peut-etre. On nous dit que les chars se sont mis en mouvement vers Naplouse (a confirmer), et nous prodiguons moults conseils a notre amie qui s’y trouve sur la protection de son argent et de ses bijoux contre une descente de militaires. Je telephone a mon collegue ’Ala, qui vit a Naplouse. ’Ala est un Palestinien de nationalite jordanienne, et il a peur des militaires comme un vrai Palestinien qu’il est. En plus, il est dans une situation inconfortable, car son permis de sejour israelien est perime. Il me demande ce qu’il devrait faire si les militaires appellent au haut-parleur tous les hommes du quartier a sortir dans la rue. Qu’est-ce que je peux bien lui repondre ?
Lundi 20h.
Micael telephone : il y aurait un incendie en centre-ville, entre la poste et la rue principale. Vincent nous raconte quand meme une histoire drole de Sari : les militaires qui occupent son immeuble ont voulu lui interdire de telephoner, mais il a insiste pour garder son portable parce qu’il est citoyen Francais et que le consulat pourrait vouloir l’evacuer. Le militaire a donc pris son portable et colle un code d’acces dessus pour empecher Sari de telephoner, et il a fait ca tellement bien que Sari en lisant la notice a pu enlever le code secret et recommencer a telephoner comme avant.
Lundi 21h.
On entend des gros coups de boutoir sur du metal. Nous appelons Claude : ce n’est visiblement pas le moment de sortir promener le chien, il y a des militaires a tous les metres qui defoncent les portes des magasins avec la fameuse massue de 5 kilos. Badaboum, badaboum. Peut-etre que Micael est encore en train de picoler. Elle nous dit aussi qu’elle vient de voir trois reportages successifs sur France 2 sur les exactions commises par les Israeliens a Ramallah et ailleurs. Il y a aussi une bombe dans le centre-ville de Jerusalem-Ouest, trois blesses dont un grave. Et une semaine d’occupation en plus !
Depuis ce matin, nous pensons beaucoup au film "Underground" et a l’histoire de ces gens qui restent enfermes pendant plus de quarante ans dans la cave, ignorant que la guerre est terminee. Nous esperons que l’on nous previendra quand nous pourrons refaire surface ?
Vincent, Anais, Chadia et Theo