Depuis le 5 mars, le Carnaval des Affamés (collectif de SDF, chomeurs,
étudiant...) occupe une maison vide depuis plus d’un an. Il a mis en
place une cantine biologique auto-gérée ouverte a tous ou chacun
participe à la hauteur de ses moyens (financiers, participation aux
taches). Toutes sortes de gens s’y cotoient, aussi bien des gens de la
rue que des membres du milieu associatif, des étudiants, des salariés
etc...
Après un mois de fonctionnement, le constat est là : ça marche. Cela
prouve qu’il existe des solutions alternatives aux institutions
traditionnelles qui tentent de mettre un pansement sur la misère à coups
de sandwiches froids distribués dans la rue.
Au delà du problème de la nourriture (de qualité et accessible à tous)
et de l’exclusion, la maison occupée est un lieu d’échange et de
rencontres : des activités culturelles, expos, débats
sont mis en place.
Aujourd’hui, le Carnaval des Affamés est menacé par la décision
d’expulsion immédiate prise
par le tribunal de grande instance. L’application de cette décision
relève désormais du préfet. La poursuite de cette expérience dépend donc
de la mobilisation de chacun. Ecrivez au préfet de Languedoc-Roussillon
pour lui demander de ne pas procéder à l’expulsion !
Vous trouverez ci-dessous un modèle de lettre à envoyer par courrier ou par fax, ces modalités ayant plus de poids que le courrier électronique et à adresser à :
Monsieur Daniel CONSTANTIN
Préfet de la région Languedoc-Roussillon
Place des Martyrs de la Résistance
34062 Montpellier Cedex 2
Tél : 04 67 61 61 61
Fax : 04 67 02 25 79
Mail
prénom, nom et adresse :
M. Daniel CONSTANTIN
Préfet de la région Languedoc-Roussillon
Place des Martyrs de la Résistance
34062 MONTPELLIER Cedex 2
fax : 04 67 02 25 38 et 04 67 61 69 33
Monsieur le Préfet,
Depuis le 5 mars 2002, le Carnaval des Affamés, collectif composé de SDF, chômeurs, étudiants, enseignants et citoyens solidaires, occupe le 3 rue Pasteur à Montpellier. Cette maison vide, propriété de la clinique privée St Jean, était inoccupée depuis plus d’un an.
Cette occupation vise à développer une initiative alternative aux solutions proposées par les institutions traditionnelles (CCAS, DDASS, etc…) pour lutter contre l’exclusion. Ces institutions coûteuses ont largement montré leur inefficacité. Montpellier compte plusieurs milliers de logements vides alors qu’un millier de SDF sont à la rue. Les distributions de repas prennent le plus souvent la forme de sandwiches froids distribués dans la rue.
Le Carnaval des Affamés, par son action, interpelle les pouvoirs publics sur la nécessité de créer dans les quartiers des lieux de rencontre et de convivialité adaptés à l’échelle humaine. Refusant l’assistanat, il propose une alternative dépassant largement le problème des SDF : stimuler l’imagination, la réflexion et les initiatives solidaires. Cette alternative prend aujourd’hui la forme d’une cantine biologique auto-gérée où chacun participe à la hauteur de ses capacités (financières, temps libre…). La maison est également un lieu de rencontres, de débats, d’entre aide, d’échange de savoir et de création artistique pour tous.
Le 28 mars 2002, le Tribunal de Grande Instance a prononcé l’expulsion immédiate du collectif. Plutôt que de réveiller une logique répressive, une telle initiative devrait susciter l’intérêt et le soutien des pouvoirs publics.
C’est pourquoi j’apporte mon soutien à l’action du Carnaval des Affamés et vous demande instamment de ne pas procéder à l’expulsion du collectif tant qu’une solution n’aura pas été trouvée avec les autorités compétentes.
Veuillez recevoir, Monsieur le Préfet, l’expression de ma haute considération.
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