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[don't hate the media... become the media]   22/11/08 - 00:10
[dépêches]


Retour de Palestine et d’Israël

Pure tristesse. Dans l’avion qui me conduisait de Paris à Tel Aviv, c’est ce qui me submergeait mercredi à l’idée d’assister de plus près au conflit israélo-palestinien.

Souvenirs personnels, ceux de mes copains de lycée qui, dans le Maroc des années 60, émigraient massivement vers la France l’Argentine et le Canada, mais aussi vers Israël.
Sentiment diffus d’une responsabilité politique : le sionisme et Israël ne sont pas nés du génocide nazi, pas plus que d’une simple identification religieuse, la définition "laïque" de la judéité est différente de la définition religieuse, mais sont, pour beaucoup, des proches cousins du mouvement ouvrier et démocratique. Moses Hess, le précurseur du sionisme, avait sympathisé avec Marx et, comme lui, venait de l’hégélianisme de gauche. Et ce sont des officiers juifs de l’armée rouge qui ont formé, après 1945, la haganah, la première armée d’Israël.

Mais la tristesse venait surtout de l’impression d’une impasse totale. A la lecture de la presse, il paraissait certain que Sharon serait, à un moment ou un autre, obligé de quitter les villes occupées, mais, à l’évidence, les attentats recommenceront, suivis de représailles et, très probablement, de nouvelles occupations israéliennes.

Des missions internationales

Le voyage avait été décidé la veille, quand ATTAC avait appris qu’une mission soutenue par le "conseil international du forum social mondial de Porto Alegre" se mettait en place autour d’une forte délégation brésilienne, avec des militants européens, américains et asiatiques.

C’était là l’occasion de se joindre au mouvement international de solidarité qui se développait de façon spontanée.

Dans de nombreux pays, des missions se sont formées dans les derniers mois pour aller sur place, en Israël et en Palestine, des missions qui, en France, ont pris le nom de "missions civiles pour la sécurité du peuple palestinien". A Noël, près de 400 militants ont ainsi fait le voyage, toutes les semaines, d’autres équipes sont parties pour assurer une présence permanente et, à Paques, pres de 600 militants de nombreux pays étaient sur place quand l’armée Israélienne a lance son offensive contre les villes palestiniennes.

Tout le monde a vu a la télévision José Bové entrer dans le quartier général d’Arafat, mais peu ont reconnu ceux qui l’accompagnaient. Il y avait Mario Lill, dirigeant des sans terres du Rio Grande do Sul, qui représentait le MST à la conférence de Genève de juin 2000, celle qui a lancé le processus du forum social mondial de Porto Alegre. Il y avait aussi Paul Nicholson, un militant basque du mouvement anti-globalization Emen Eta Mundua, présent à toutes les grandes initiatives, de Gênes à Barcelone en passant par Porto Alegre, mais surtout connu pour être un des fondateurs de Via Campesina. Avec eux on a pu reconnaître de nombreux militants de ce mouvement mondial qui se développe dans le monde entier : plusieurs adhérents d’ATTAC sont encore dans le QG d’Arafat, et ce sont des responsables du "Genoa Social Forum" qui sont restés des jours et des jours a l’hôpital de Ramallah, relayés par la suite par des militants grecs du mouvement qui avait organisé la mobilisation pour Gênes...

Si les européens etaient nombreux a Ramallah, ce sont les américains qui etaient les plus nombreux parmi la centaine de militants présents a Bethlehem le jour de l’invasion. Des militants qui ont accompagné, avec des drapeaux blancs, les ambulances palestiniennes pour éviter qu’elles ne soient la cible des Israéliens et qui ont "protégé" le camp de réfugiés de la ville, gagnant de précieux jours avant que les troupes n’y pénètrent. Rory, un écossais d’une trentaine d’années présent a Bethlehem pendant plus de dix jours, est un bon exemple de ce que sont ces nouveaux militants. Avocat d’affaire dans un cabinet londonien six mois par an, il pense gagner assez d’argent pour faire autre chose le reste de son temps. Alors qu’il ne s’était engagé que brièvement dans les campagnes pour l’annulation de la dette des pays du tiers-monde, il décidait, deux jours avant son départ, parce qu’il avait été ému par des documentaires sur la situation des palestiniens et convaincu par les arguments d’Edward Saïd, le grand intellectuel américano-palestinien, de joindre une mission de "International Solidarity Movement", l’équivalent américain des missions civiles lancé il y a quelques années par des militants palestiniens. Avant de partir, la première chose qu’il a fait a été de se procurer une petite caméra numérique et, sur place, de prendre des contacts dans la presse. Témoin privilégié, ses écrits ont fait la une du principal journal écossais, et il est en contact régulier avec la BBC et CNN.

C’est toute cette génération qui s’est jointe, sans que de grands appels ne soient lancés, aux petits noyaux qui, depuis des années, voire des décennies, continuaient le travail de solidarité avec les palestiniens. Le mouvement mondial qui se développe depuis Seattle a été capable de se lier au mouvement pacifiste au moment de la guerre en Afghanistan. Aujourd’hui il participe pour beaucoup à l’émergence d’une sorte de conscience civique internationale qui entend se faire entendre partout ou cela est possible, y compris lors de conflits armés. Pour beaucoup de ces militants, il ne s’agit plus, comme pendant la guerre d’Espagne, ou même la révolution sandiniste du Nicaragua, de s’engager aux cotes des combattants et des révolutionnaires, mais d’être présents, de manière pacifique, pour témoigner, ouvrir des espaces démocratiques, et tenter de limiter, par la présence d’observateurs internationaux, les souffrances infligées par les forces armées.

En Israël

Les formalités de douane et de police se passent sans problème parce que j’avais l’adresse d’une amie à voir en Israël, ce qui me permet de répondre à l’interrogatoire poussé sur les raisons qui justifient ce voyage. Tous les militants qui arrivent en groupe sont expulsés d’office, de même que tous ceux dont les arguments ne sont pas jugés suffisants : une centaine de personnes se sont ainsi vu refuser l’entrée en Israël ces derniers jours.

Dès mercredi soir, l’occasion s’est présentée de voir Michel Warshawsky. Michel, c’est "le" militant Israélien anti-sioniste, le combattant de toujours au côté des palestiniens, celui que tout le monde appelle "Mikado". Il raconte comment Via Campesina s’est retrouvé dans ce combat. Une rencontre, fin janvier à Porto Alegre, entre des militants palestiniens et israéliens et des dirigeants de Via Campesina avait permis de mettre sur pieds une délégation en Palestine à l’occasion du "jour de la terre" pour établir des contacts directs avec les paysans des territoires occupés. C’etait le moment où les chars sont entrés dans Ramallah...

Il raconte surtout la situation du côté israélien.

Une situation très mauvaise, et pas seulement parce que dans toute situation de guerre le premier réflexe, c’est de serrer les rangs, ou à cause de l’autocensure de la presse qui donne aux israéliens une vision totalement partiale de la réalité : de longs reportages sur les enterrements des victimes des attentats suicides et sur leur proches, et de brèves images sur la situation en Cisjordanie qui pourraient laisser penser que la situation se normalise.

Le nœud du problème, c’est l’interprétation des échecs de Camp David et de Taba, telle qu’elle est donnée par Ariel Sharon, mais surtout, avant lui, par Ehud Barak, son prédécesseur travailliste. Yasser Arafat et les leaders palestiniens auraient, lors de ces négociations, refusé un état palestinien sur les territoires de Gaza et de la Cisjordanie. Ce refus, plus les attentats suicides contre les civils à l’intérieur même d’Israël, serait la preuve que le but réel des palestiniens n’est pas, contrairement à ce qu’ils prétendent, la création d’un état dans les territoires occupés en 1967, mais la destruction d’Israël. D’où les déclarations de Sharon, irréelles pour les observateurs étrangers, mais très fonctionnelles dans le pays même, sur l’enjeu de la bataille actuelle qui serait "la survie du peuple juif". Le fait que cette version vienne d’une Premier Ministre "de gauche" et que les travaillistes restent au gouvernement donne une forte crédibilité à cette thèse, de même que les incendies contre des synagogues, comme en France, sont utilisés comme la preuve de la recrudescence de l’antisémitisme dans le monde entier. Dans un tel climat paranoïaque, les multiples condamnations internationales pèsent assez peu, quand elles ne font pas que renforcer l’idée qu’il s’agit bien là d’une bataille décisive pour "le peuple juif". Il est donc très important de rappeler les termes de la négociation de l’époque. Loin de restituer l’ensemble des territoires, le gouvernement d’Ehud Barak entendait garder les colonies les plus proches de la frontière, quitte à "échanger" ces territoires contre un bout de désert, ainsi que Jérusalem Est dont seul un petit quartier dans la banlieue aurait été rendu aux palestiniens. Et rien sur le problème peut être le plus épineux, celui des réfugiés palestiniens de 1948, même pas pour les 200 000 qui vivent au Liban et dont la situation est la plus difficile.

Jenine

Comme dans toutes les situations de conflits, ou lors d’évènements majeurs, il y a toujours le, ou les quelques hôtels où "tout le monde", journalistes, hommes politiques et responsables divers, se rencontrent et échangent les dernières nouvelles. Là, la crise est si grave et ses répercussions internationales si lourdes, qu’il y a quatre lieux stratégiques : le New Imperial dans la vieille ville, le moins cher où l’on trouve les militants, le Jerusalem, ancien King David, le plus select, où l’on peut voir Zinni, le négociateur américain et les grands reporters, que l’on trouve aussi à l’American Colony, et enfin l’hôtel Ambassador, de niveau intermédiaire, où sont les délégations parlementaires de différents pays et de nombreux journalistes.

C’est dans ces lieux que l’on peut rencontrer les responsables des contacts en Palestine et préparer les visites et où je tombe, jeudi matin, sur Leo Gabriel, un ami autrichien, militant d’ATTAC Autriche et des "marches européennes contre le chômage" mais aussi journaliste pour la télévision publique autrichienne. Il a une voiture qui part pour la région de Jenine, et je décide de l’accompagner, les nouvelles qui viennent du camp de réfugié de la ville étant particulièrement angoissantes.

Jenine est tout au Nord de la Cisjordanie. La région israélienne environnante est peuplée de nombreux villages arabes dont sont issus certains des réfugiés du camp de Jenine arrivés lors de l’exode de 1948, exode que les palestiniens appellent "nakbah", la catastrophe. Dès le passage en Cisjordanie, deux choses frappent immédiatement. D’abord l’incroyable enchevêtrement des territoires et des populations. Si on a quelques contacts, on passe aisément d’Israël en Cisjordanie et à tout moment, au milieu des territoires occupés, on peut tomber sur une colonie israélienne. Cela rend totalement mythique, à moins d’abandonner les deux cent mille colons, l’idée du "mur" qui isolerait, comme à Gaza où les colonies sont très peu nombreuses, les territoires occupés d’Israël. Ensuite la solidarité totale entre palestiniens. Nous avons passé toute la journée du jeudi dans les territoires occupés, entre Jenine et Naplouse, la zone considérée par l’armée israélienne comme la plus dangereuse, donc la plus surveillée et contrôlée. Pas une fois, sauf quand nous sommes retournés en Israël, nous n’avons été arrêté ou contrôlé à un check point. À tout moment notre guide demandait aux habitants, jeunes ou vieux, si l’armée était par là et si le passage était libre. Devant nous, il y avait un taxi qui, à chaque virage dangereux s’arrêtait pour téléphoner de son portable à quelqu’un du coin pour savoir si des snipers étaient postés par là où si un barrage militaire contrôlait les véhicules.

Les témoignages qui arrivent de Jenine sont terribles. Nous n’avons pas pu rentrer dans le camp lui-même où habitaient plus de 13 000 habitants et d’où l’on pouvait entendre encore des échanges de tirs d’armes automatiques, mais, à Taybeh et Rumanah, deux villages environnants, nous avons rencontré de nombreux réfugiés qui venaient juste d’arriver. Il n’y avait que des hommes, environ 200 à Taybeh et 450 à Rumanah, les femmes et les enfants étant dans d’autres villages. Beaucoup de témoignages sont similaires. De nombreuses maisons ont été détruites par des missiles tirés par des hélicoptères ou par des chars, la plupart des hommes présents ont été arrêtés, détenus pendant 2 ou 3 jours dans des conditions dures et humiliantes, poignets liés avec une force telle que certains ont encore des cicatrices très visibles, yeux bandés, impossibilité d’aller aux toilettes. Après cela, ils ont été déposés à des kilomètres de Jenine, avec l’interdiction absolue d’y revenir, et ils ont rejoint ces villages sans avoir la moindre nouvelle de leurs familles.

Certains d’entre eux témoignent d’atrocités commises par l’armée. Un jeune d’une quinzaine d’année, à Rumanah, affirme avoir été témoin d’exécutions sommaires et avoir vu de nombreux cadavres dans les rues. A Taybeh, Kassim Salah, un homme de 38 ans, père de quatre enfants, affirme avoir été utilisé comme bouclier humain par les soldats pendant deux jours : il devait entrer le premier dans les maisons et les petites rues en "protection" des militaires israéliens. Pendant ces deux jours, il a été témoin de la mort de quatre jeunes qui avançaient avec des drapeaux blancs et qui ont été abattus par les soldats.

Ramallah

Vendredi, la délégation issue du "forum social mondial" se forme, l’essentiel des brésiliens, dont une délégation de l’assemblée nationale, étant arrivés. Milton Temer est le député fédéral qui représente le PT dans cette délégation. Nous nous lions avec une américaine et une britannique de "International Solidarity Movement" et avec une délégation belge, dont le président du groupe socialiste du sénat, et nous décidons d’aller à Ramallah pour visiter l’hôpital et tenter de rencontrer les militants qui sont dans le QG de Yasser Arafat.

Le passage à Ramallah est maintenant rodé, une voiture dépose les "visiteurs" sur une route après un check point, quelques centaines de mètres à pieds et des taxis sont là pour aller dans la ville. Arrivés à l’hôpital, nous visitons les blessés et discutons avec le personnel soignant qui nous montre la fosse commune qu’ils ont été obligés de creuser dans la cour. L’hôpital est à l’entrée de la ville et les chars ne sont pas là, quelques enfants jouent dans la rue et de rares adultes se risquent à jeter un œil à l’extérieur. Mais le couvre feu n’est pas levé, il l’a été la veille pour quelques heures, et toute sortie dans la rue est strictement interdite. Le groupe discute de l’idée d’une manifestation. Au nombre où nous sommes, moins d’une vingtaine, le terme de délégation serait probablement plus juste. Il y a trois équipes de TV qui sont prêtes à nous accompagner et Colin Powell vient juste d’atterrir en Israël : il nous semble possible de tenter le coup sans prendre trop de risques.

Nous nous équipons de drapeaux blancs, et nous partons. Marche lente, pour que nos intentions pacifiques soient évidentes, mais aussi parce que nous devons nous arrêter plusieurs fois, la première, une centaine de mètres après l’hôpital, pour y accompagner une dame âgée qui a trop peur pour s’y rendre toute seule.

Après quelques centaines de mètres, nous atteignons le centre. Là, il n’y a pas un chat dehors, au sens littéral du terme. La vision de ce centre ville totalement désert, mais dont nous savons que les habitants sont tous là, cachés derrières leurs rideaux de fer baissés, est ahurissante. Un canadien du mouvement "Alternatives" qui était là la veille, juste quand le couvre feu avait été levé et que les habitants avaient pu sortir pour quelques heures, nous disais que c’était comme un printemps au Québec : la neige dans un paysage désertique et mort et, en quelques jours, au moment de la fonte, une explosion de vie. Là, il faut se rappeler que les habitants sont terrés chez eux depuis plus de deux semaines !

Sur la place centrale, les chars sont là, avec quelques soldats qui nous tiennent en joue. Passage un peu angoissant. Puis reprise de la marche jusqu’au palais présidentiel, un peu plus d’un kilomètre plus loin, c’est déjà miraculeux d’avoir pu aller jusque-là. Mais le miracle a une fin, les soldats arrivent avec un char, nous parlementons pour obtenir une entrevue avec nos amis, sans succès. Un coup de fil à Théo, une amie d’amie qui vit là et qui tient une chronique heure après heure de la situation en Cisjordanie, chronique largement diffusée par courrier électronique. Nous rentrons à l’hôpital et nous entendons quelques coups de feu tirés dans un autre quartier et un tir d’obus de char. Nous saurons quelques heures plus tard qu’un jeune a été abattu ce matin-là.

Avec les pacifistes israéliens

Samedi, une large coalition de militants israéliens, arabes et juifs, avait décidé de manifester à l’entrée du camp de Jenine, par la grande route, et d’y accompagner des camions de nourriture, de vêtements et de couvertures. La manifestation est un succès important : 3000 personnes sont présentes, venant de différentes villes d’Israël. En tête de cortège, des jeunes arabes, très émus et désireux d’aller jusqu’au bout pour voir leurs familles et proches. Ensuite, un cortège mélangé, avec des pacifistes, différents groupes politiques de gauche, et beaucoup de jeunes. Un petit groupe de jeunes vient de se former, ils ont des tee-shirts avec une étoile jaune dans laquelle ont peu lire "palestiniens" et ils ont décidé, pour toucher l’opinion israélienne, de s’appeler "don’t touch my holocaust". Ce groupe nous explique qu’ils ont commencé à agir quand ils ont appris que des militants étrangers avaient, il y a une dizaine de jours, bravé le couvre feu et défilé à Ramallah, en se disant qu’ils ne pouvaient pas rester inactifs. Nous avons également pu tester l’impact de ces actions dans les territoires à Jérusalem Est, où dans la rue, plusieurs personnes rencontrées savaient que des manifestations avaient eu lieu à Ramallah.

L’armée tente de stopper la manifestation avec une jeep et quelques soldats. Devant le nombre et la détermination, ils laissent le passage. Un incident montre bien ce qu’est l’armée israélienne. La manifestation passe devant Salem, un grand camp militaire où de nombreux palestiniens ont été, et sont encore détenus, et une vingtaine de soldats sont déployés derrière les grillages. Les manifestants scandent, en hébreu, "l’occupation corrompt, les refuznick (les soldats qui refusent de servir dans les territoires) sont des héros". En entendant cela, un soldat, probablement un réserviste, vu son âge, saute en l’air se met à agiter les bras en signe de soutien total ; son officier arrive, lui passe un savon, et retourne à sa place. Le soldat continue, de façon moins ostensible. Quelques minutes plus tard, c’est un autre soldat qui pète les plombs et qui veut sortir pour injurier les manifestants, ou peut être pour se battre avec eux ; à nouveau l’officier intervient et ils se mettent à plusieurs pour le calmer et l’empêcher de sortir. Rien de plus.

Une armée aussi populaire et "démocratique" dans son fonctionnement est probablement d’une grande force pour défendre son pays en cas d’agression, mais on comprend mieux, en voyant cette scène, pourquoi des soldats ont pris pour cible des journalistes ou comment des atrocités ont pu être commises. Finalement la manifestation est arrêtée quelques kilomètres plus loin, au check point officiel avant Jenine. Un accord avec les organisateurs intervient, les militaires garantissant que les camions pourront passer si la manifestation se disperse. Nous saurons le lendemain que seuls 6 d’entre eux ont pu entrer, et qu’ils ont dû décharger les marchandises assez loin du camp, sans savoir si celles-ci arriveraient à leurs destinataires. Nous partons à une douzaine, avec les brésiliens, et nous rentrons à nouveaux dans les territoires occupés, à Taybeh, pour recueillir des interviews et témoignages.

Dimanche matin, rencontre avec des militants pacifistes à Tel Aviv. Il y a là l’équipe d’Indymedia Israël, très active, qui publie un magazine et qui diffuse, sur le web, des video et une radio, un militant syndical israélien proche du PC, et Mikado.

Ils ont tous décidé de se mobiliser en priorité contre l’occupation des villes palestiniennes, et nous discutons des moyens de se transmettre des informations et de travailler en commun.

A midi, conférence de presse à Jérusalem et, l’après midi même, retour vers Paris avec 7 militants des missions civiles qui viennent tout juste d’être expulsées d’Israël.

Christophe Aguiton, Paris le 16 avril 2002


Source/auteur : Christophe Aguiton
Mis en ligne le jeudi 18 avril 2002, par Pedro
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